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Hip hop au plus haut des tours !

Anne Malary 10 octobre 2017

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En haut des tours Société Générale de la Défense, il y a une collection d’art que l’on ne soupçonne pas lorsque l’on aperçoit de loin ces silhouettes de verre qui touchent le ciel. Parfois, des artistes contemporains gravissent les étages de ces sphères… comme Fahamu Pecou. « Miroirs de l’homme : une rétrospective » se visite jusqu’au 25 novembre.

Fahamu Pecou, Caged Bird 3, 2015 © Fahamu Pecou, Courtesy BACKSLASH, Paris

« It’s all about expression »

Fahamu Pecou ne se définit ni comme un peintre, ni comme un poète, et ne se dit pas non plus musicien. Il est tout cela pourtant, et aussi graphiste, performeur, réalisateur de clips… Les tours Société Générale abritent en ce moment son show en solo. Pour elles comme pour lui, c’est une première.

Originaire de Brooklyn, l’artiste démultiplie les faces de son image pour mettre en scène l’identité afro-américaine.

Culture hip-hop, arts plastiques, culture pop, passent entre les toiles qui détonent. Fahamu Pecou est tantôt prince des couvertures de magazines, tantôt star des clips américains. Papier glacé et écran pixélisé deviennent acrylique, pastel gras, fonds très intenses et même monnaie sur toile !

Fahamu Pecou, Life Ain’t No Crystal Stare, 2007 © Collection privée

Masques et strass

Life Ain’t Been No Crystal Stare semble l’application plastique de méthodes de marketing, le calque d’un clip du rappeur 50 Cent, le lancement d’une campagne promotionnelle. Baggy coulant, chaînes pesantes, cigares proéminents sur grand écran. Mais plus loin sont insérées des statuettes Yoruba.

Si ces figures exacerbées et ostentatoires, ces associations de masques et d’icônes paraissent à première vue des clichés aux tons acides trop grossiers, trop usés, c’est qu’il y a anguille sous roche. D’ailleurs, on remarque bientôt que le lissé est aussi inachevé, que l’acrylique tache le crayon sur le papier.

Quelque chose qui cloche ? Premier indice : le corpus de Pecou est celui d’un chercheur, qui a effectué son doctorat à Atlanta. Il regarde les clips comme il se souvient de Martin Luther King aux États Unis, et de Maya Angelou en Afrique du Sud.

Fahamu Pecou, NEGUS is as Negus Does, 2012 © Société générale

Coder, décoder

La série Negus in Paris appelle les mots d’Aimé Césaire, de Franz Fanon et de Léopold Sédar Senghor, mêlés ensuite à ceux de Jay-Z et de Kanye West. Leur Niggas in Paris devient Negus, un mot amharique propre au vocabulaire de la royauté éthiopienne. Ce sont ces références, ces clameurs et ces slogans qui composent l’imagerie de ses unes de magazines.

La série I Know why the caged bird blings porte un titre hommage à l’autobiographie de Maya Angelou, I Know why the caged  bird sings. Elle décline la figure de l’homme littéralement enfermé dans une cage métaphorique : le système de valeurs de la société contemporaine. Il tâte tous les côtés, cherche les issues pour s’extirper d’un code de représentation asphyxiant. Cela prend la forme d’une série dynamique où le cadre est l’espace réel et la matière frôle la dimension réelle.

Finalement, Pecou construit des passerelles. Il marche d’un carré de toile à l’autre, un pied dans un espace, l’autre déjà devant. Comme un artiste qui pousse des parois.

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