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Le pouvoir est un grand théâtre !

Anne Malary 9 octobre 2017

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Dans la Petite Galerie du Louvre se niche un théâtral imagier. Les princes et les rois, les empereurs et les présidents, se mettent en scène avec faste ou simplicité. Vous avez dit prestige, autorité, légitimité ou accessibilité ? Regardez, le roi joue !

Olivier Roller, Les Figures du pouvoir (extrait) – quadriptyque. 2009-2016. © Olivier Roller, Paris

À l’infini l’éclat…

À l’entrée de l’exposition « Théâtre du pouvoir » dans la Petite Galerie du Louvre, on frôle un minuscule objet bleu et doré. Ce pendentif en lapis-lazuli porte une inscription en hiéroglyphes gravés, qui identifie  : « Le roi de Haute et Basse Égypte, maître des Deux-Terres Ouser-maât-rê l’élu d’Amon, le fil de Rê Osorkon aimé d’Amon » Une précieuse triade que l’on peut manipuler sous tous les côtés grâce une numérisation 3D. Zoomer, toucher, observer les détails les plus infimes, s’ébahir du précieux ouvrage, lire l’infiniment petit ! Sonne une note d’or et de pédagogie. Elle sera tenue en accord utile et somptueux…

Il suffit de tourner la tête. Dans la même salle irradie et attire la peinture du Greco… Son portrait de saint Louis roi de France avec un page décline subtilement les attributs de royauté – sceptre, main de justice, couronne, armure – le long d’une draperie orangée, suivant les rayures d’une chemise dorée, et teinte une harmonie épaisse blanc-vert-doré.

Pendentif au nom du roi Osorkon II : la famille du dieu Osiris, 874-850 av. J.C, 22e dynastie. Paris, musée du Louvre © musée du Louvre, dist. RMN-GP /Christian Décamps

…du prince héroïque

L’étoffe majestueuse sert aussi Henri IV, roi de France depuis 1589. On le voit sur les peintures à suivre, jouant spontanément avec ses enfants dans une pièce aux murs de velours cramoisi qui tapissent avec autant d’épaisseur les habits de la famille et de l’invité, ambassadeur d’Espagne. Comme avant, le spectateur d’aujourd’hui sourit devant ce roi en bon père de famille, qui roulerait presque dans la chaleur d’un intérieur où éclatent les rires et s’agitent les petits.

Depuis l’apparition du pouvoir central au 4eme millénaire avant J.-C. en Mésopotamie et en Egypte, on l’a vu jouer d’autres rôles, porter l’habit d’autres figures. Bâtisseur ou saint, guerrier pieux ou sanctifié, il est toujours incarné par son image iconique, héros glacial ou magnanime.

Ingres, Henri IV recevant l’ambassadeur d’Espagne, 1817. Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris © RMN-Grand Palais, Agence Bulloz

Héroïque aussi la fougue équine figée dans l’ivoire. L’empereur byzantin Justinien est ainsi finement ciselé comme un modèle antique, un imperator victorieux sur son cheval cabré, dans le fameux Ivoire Barberini des collections du Louvre. Depuis le 6eme siècle, on s’en approche comme d’un joyau pour sa finesse et ses arabesques, qui mettent les symboles en mouvement. La femme ailée allégorie de la Victoire, la couronne de lauriers, les tributs des vaincus…composent une scène de triomphe où la miniature, encore, est d’une monumentalité glorieuse.

… aux mille artifices

Glorieux, l’adjectif habille aussi très bien les regalia, insignes de la monarchie qui codifient les portraits officiels. Comme cette couronne dite « de Charlemagne » : or et ivoire, camées, velours et vermeil en dôme pour orner toute tête royale. Il y a aussi une épée, un sceptre, une main de justice en vitrine.

En face, un feuilletoir numérique permet de documenter et comprendre ces objets exposés. Un dialogue qui éclaire aussi les portraits peints en pied où l’on voit ces insignes portées, de Louis XIV – ou éliminées – à Emmanuel Macron. 1701-2017.

Biennais, Couronne dite de « Charlemagne », 1804, Paris, musée du Louvre © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) Jean-Gilles Berizzi

et figures tragiques !

La figuration des puissants par les artistes a donné aux rois des accents tragiques, et l’étoffe de héros romantiques. C’est ce style aussi, qui anime les figures de la liberté à partir de la Révolution française de 1789.

Ainsi, François Rude sculpte un génie de la patrie vindicatif pour narrer l’élan de la nation et l’égalité du peuple sur l’Arc de Triomphe. C’est la face d’une Victoire ailée élevant son glaive pour signaler la voie aux guerriers à sa suite enrôlés, volontaires de tous âges et toutes conditions. C’est un grand souffle épique et tragique.

Autres figures, antiques et contemporaines, politiques et théâtrales : celles que rassemble Olivier Roller en un quadriptyque troublant, injonctif… glaçant ? Les jeux de regards en haut, en bas, face-à-face ou vers l’horizon, entre Louis, roi, Bernard-Henri, penseur, Jules, empereur, Jacques, conseiller. Regard contemporain sur les faces et les masques, ou comment quitter la scène du Louvre en songeant à nos jours.

Rude, Le Génie de la Patrie, 1833- 1836. Paris, musée du Louvre © RMN-GP musée du Louvre / Franck Raux

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