Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 PICASSO 1932

10/10/2017 > 11/02/2018

Musée Picasso

- PARIS

expo_cercle_3 ANDRÉ DERAIN, 1904 - 1914

04/10/2017 > 29/01/2018

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_4 CHRISTIAN DIOR

05/07/2017 > 07/01/2018

Les Arts Décoratifs - PARIS
expo_cercle_5 DADA AFRICA

18/10/2017 > 19/02/2018

Musée de l’Orangerie - PARIS

LA NEWSLETTER

« Piece by piece », le Centre culturel canadien raccommode et pigmente nos liens

Anne Malary 27 septembre 2017

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Le bruissement des peuples fait palpiter un kaléidoscope de couleurs. Voilà comment nous accueille l’actuelle exposition du Centre culturel canadien. Dans « piece », entendez « peace ».

Toronto / Cairo, 2011, série Conference of the Birds © Sanaz Mazinani / Courtesy of Stephen Bulger Gallery

Toronto / Cairo, 2011, série Conference of the Birds © Sanaz Mazinani / Courtesy of Stephen Bulger Gallery

Des mosaïques illusionnistes

Les premiers morceaux sont assemblés par Sanaz Mazinani. De loin, nous croyons avancer vers une mosaïque ou un tapis persan. Puis nous pensons à des paysages vus du ciel et cousus entre eux. Finalement nous découvrons, minuscules, des figures réunies en une ode infinie :

À des millions de mains qui se croisent

À des millions de lèvres qui se retrouvent

Après un long et douloureux divorce

À la joie suivant jour après jour

La poésie idéale qui rassemble les hommes s’immisce en nous, les vers de René Depestre trouvent alors des visages, des couleurs, d’éclatants miroirs. De l’infiniment grand à l’infiniment petit, le vœu de paix prend un sens évident. Dans sa série Conference of the birds, l’artiste a en effet joint les images du mouvement militant « Occupy » à celles du Printemps arabe au Moyen-Orient. Ce que l’on voit, ce sont des tirages pigmentaires liant les métropoles d’Orient et d’Occident.

Toronto / Cairo, 2011, série Conference of the Birds © Sanaz Mazinani / Courtesy of Stephen Bulger Gallery

Toronto / Cairo, 2011, série Conference of the Birds © Sanaz Mazinani / Courtesy of Stephen Bulger Gallery

Sanaz Mazinani est d’origine iranienne. Elle émigre au Canada alors qu’elle est encore adolescente, à la fin des années 1980. Quand son pays d’origine bride l’accès aux informations qui le concernent, elle commence une monumentale collecte, amassant plus de 60 000 documents relatifs à l’actualité de l’Iran. Elle puise ensuite dans ce fonds pour dupliquer, démultiplier et associer les images. Contre la cécité des médias, elle déploie des motifs entrelacés, des facettes infinies, des kaléidoscopes qui fourmillent…

Des portraits sans visages

À l’étage du Centre culturel, Sara Angelucci expose des photographies de mains qui froissent, lissent et assemblent des étoffes, ainsi que des images de patrons de couture. Son œuvre, Piece Work (Travail à la pièce), s’accompagne aussi d’une installation – Le Chœur des couturières – qui fait s’entrecroiser des voix émises au sein d’une même salle, et d’une vidéo – l’Ascenseur à costumes qui relie les étages d’une usine.

Piece Work, Pick stitching, 2017 © Sara Angelucci / Courtesy of Stephen Bulger Gallery

Piece Work, Pick stitching, 2017 © Sara Angelucci / Courtesy of Stephen Bulger Gallery

Elle fait ainsi le choix de fragmenter les éléments. Mains, voix, patrons, costumes, sont les détails qui ensemble font battre le cœur d’une entreprise au sein de laquelle plus de 35 langues différentes sont parlées…

Car les couturières – et deux couturiers ! – sont celles de l’usine Coppley Apparel, à Hamilton. Elles sont payées au nombre de pièces cousues. Pour un costume pour homme, il faut 100 pièces ! Autant être rapide, précise, performante, avoir des mains d’or… Et Sara Angelucci prouve qu’elle peut faire de ces dernières autant de portraits. Les gestes, le vernis écaillé, et sur la peau les rides, les taches, les pigments nous parlent de ces femmes.

Ce projet fait écho à l’histoire de la mère de l’artiste, Nina, elle-même couturière au sein de l’usine. Sara Angelucci s’est empreinte de l’atmosphère solidaire de son lieu de travail. Ces femmes sont en effet unies par leur labeur et leur histoire, car leurs parcours ressemblent à ceux des parents et grands-parents de l’artiste, qui font partie des générations d’immigrants européens venus s’installer au Canada dans les années 1950.

Piece Work, Sewing on patch pocket, 2017 © Sara Angelucci / Courtesy of Stephen Bulger Gallery

Piece Work, Sewing on patch pocket, 2017 © Sara Angelucci / Courtesy of Stephen Bulger Gallery

Une manufacture symbolique

Comme nous captons ces œuvres, nous écoutons le monde. Les actions militantes et les actes ouvriers qui assemblent les individus et les pièces de tissu ont l’étoffe du symbole. Car l’exposition narre les enjeux socio-politiques qui façonnent notre planète et nous ouvre des yeux « merveilleux » sur un grand cri de paix.

Le point de départ de l’exposition était l’identité du Canada telle que la définissent les diversités issues de l’immigration. Il nous semble qu’elle parvient à dépasser cette échelle : jusqu’au 12 novembre, nous pouvons regarder des femmes et des hommes parler de ce qu’est notre monde globalisé.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE