Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 PICASSO 1932

10/10/2017 > 11/02/2018

Musée Picasso

- PARIS

expo_cercle_2 GAUGUIN

11/10/2017 > 22/01/2018

Galeries nationales du Grand Palais - PARIS
expo_cercle_3 ANDRÉ DERAIN, 1904 - 1914

04/10/2017 > 29/01/2018

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_5 MONET COLLECTIONNEUR

14/09/2017 > 14/01/2018

Musée Marmottan Monet - PARIS

LA NEWSLETTER

S’exprimer comme les humains : nos voix et nos mots inspirent l’art numérique !

Anne Malary 20 septembre 2017

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

La parole et l’écriture sont des modes d’expression humains que l’art numérique adopte et décline aujourd’hui en opérant des variations sensibles. L’actualité de l’art nous en fournit deux exemples… à New York et Aix-en-Provence !

« Hidden Worlds of Noise and Voice » par Zachary Lieberman et Golan Levin  © 2017 Golan Levin and Collaborators

Des « hallucinations sensorielles »

À New York, Zachary Lieberman se définit comme un artiste, chercheur et hacker dédié à l’exploration de nouveaux modes d’expression et de jeu. Il a récemment créé une application qui permet de transcrire le son en images. Quand la réalité est ainsi augmentée, chaque bruit impulse un tracé blanc dans l’air… L’artiste digital joue surtout avec la technologie et le code pour créer des œuvres interactives qui brisent la frontière entre le visible et l’invisible. Son but : surprendre.

Afin d’augmenter la capacité du corps à communiquer, il a mis au point le EyeWriter project, un outil informatique permettant de dessiner avec les yeux. Ce projet a obtenu le prix du Design of the Year de la part du London Design Museum, il a été récompensé par le Future Everything Festival et lauréat du Golden Nica in Interactive Art à l’Ars Electronica Futurelab, en Autriche. Enfin, la création a été citée par le Time Magazine dans la liste des 50 meilleures inventions en 2010… voilà bien de quoi s’enorgueillir ! Mais Zachary Lieberman n’utilise pas le digital de manière très protocolaire.

« Où maintenant » par Cléa Cousi et Eric Herbin.  © France 3 / Culturebox

Il réalise des performances et des installations utilisant les voix et les gestes humains comme matières premières pour les amplifier. RE:MARK et Hidden Worlds of Noise and Voice, ses deux œuvres pionnières, ont été réalisées en collaboration avec Golan Levin dans le cadre d’une résidence d’artistes à l’Ars Electronica Futurelab. Elles ont pour origine une question : « Si l’on pouvait voir notre parole, à quoi cela pourrait-il ressembler? »

… À un discours en formes abstraites et colorées, surgies de la bouche du spectateur-créateur. Dans l’installation Hidden Worlds, les utilisateurs portent des lunettes leur permettant de visualiser les images superposées en 3D qui s’accordent au timbre et à l’intensité du ton. Les deux artistes ont ainsi réalisé la prouesse de faire onduler l’immatériel, d’augmenter et de moduler des étincelles !

Avec RE:MARK, ils ont choisi de disséquer le mot écrit et oral. Les sons prononcés dans des microphones sont analysés et classés selon un système de reconnaissance de phonèmes, dont la graphie est projetée sur un écran. Les participants visualisent ainsi leurs mots, ou bien des formes abstraites qui serpentent comme dans Hidden Worlds, quand les phonèmes ne sont pas identifiés par le système. Pour qualifier cette expérience, le duo parle d’ « hallucination consensuelle »…

« Une forme de vanité numérique »

De l’autre côté de l’Atlantique, en France, voici qu’une exposition présente des œuvres qui rendent fous les mots et fou de mots : Langage machines se tient du 15 septembre au 22 octobre à la Fondation Vasarely. Alors que nous abusons des moyens de communication numériques pour multiplier, démultiplier nos messages et nos mots, comment ceux-ci se poétisent-ils ? Les artistes exposés ont pour point commun de renverser et d’éprouver les outils et les usages. Les mots qui fusent par SMS, mails, smartphones, tablettes, ordinateurs… arrivent ainsi autrement jusqu’à nous, qui renouvelons notre regard, et notre ouïe aussi !

« Copies conformes » © Cécile Babiole / Copie écran France 3

Les outils les plus innovants sont ainsi détournés, comme l’imprimante 3D. Quand la machine parle, elle sculpte les mots, et Cécile Babiole a modelé leurs masse pour matérialiser leur usure. Des lignes reproduites à l’envi jusqu’à ce qu’elles ne veuillent plus rien dire, cela donne Copies non formes. L’artiste a imprimé un message, une punition : JE NE DOIS PAS COPIER. Elle l’a ensuite scanné pour imprimer de nouveau la forme ainsi obtenue. Les contours des majuscules fondent peu à peu, et les mots deviennent informes, « le tout donne une forme de vanité numérique ».

Quand les artistes contemporains rendent sensible l’expérience du langage, nous pouvons voir se prolonger nos échos !

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE