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En forêt de Cogitore : au BAL, passer l’automne

Anne Malary 19 septembre 2017

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Du 15 septembre au 23 décembre, le BAL est habité par une installation de Clément Cogitore : Braguino ou la communauté impossible, une forêt de Sibérie et deux familles. Passer les saisons sans heurts là où l’homme est plus dangereux que l’incroyable nature, c’était le rêve des Braguine. Mais ils avaient des voisins, les Kiline.

© Clément Cogitore / ADAGP, Paris 2017

© Clément Cogitore / ADAGP, Paris 2017

« Je cherchais un endroit calme, en dehors de la civilisation. J’ai pris un grand bateau et je suis venu ici. J’ai commencé à construire. » (Sacha Braguine)

En 2015, Clément Cogitore a été le premier lauréat du prix LE BAL de la jeune création avec l’ADAGP, accélérateur des projets d’artistes. Le réalisateur du long-métrage Ni le ciel ni la terre a ainsi bénéficié d’un soutien financier pour concrétiser, deux ans durant, un projet de création interrogeant l’expérience humaine et déclinant l’image-document, statique et mouvante. Nous pouvons depuis le 15 septembre visiter l’œuvre qui en résulte, marcher parmi les écrans comme entre les pins. Occuper toute la superficie du BAL, telle était la contrainte pour l’artiste, qui en a fait une forêt.

En 2016, Clément Cogitore s’est en effet rendu à Braguino, un lieu qui porte le nom de la famille qui l’a construit. Ce sont donc quelques cabanes de bois nichées dans la Taïga sibérienne, là où aucun humain ne vient. Il y a rencontré Sacha Braguine. Issu d’une communauté d’orthodoxes vieux-croyants, cet homme a construit sa propre autarcie. Il s’est installé dans une nature déserte avec sa famille pour vivre dans la paix en autosuffisance. Puis il a fallu cohabiter avec un autre « clan », les Kiline. Mais quand les chiens et les loups de la forêt se parlent d’un bout à l’autre des grands espaces, l’Eden prend des allures d’enfer : vivre en harmonie ensemble est impossible.

Clément Cogitore est resté huit jours lors d’un premier séjour, puis dix jours durant le second. Il a vécu parmi eux, avec les adultes, autour de l’île où il a aussi regardé jouer et s’ennuyer les enfants. Dans la nature pour ces âmes esseulées tout est plus intense, comme l’apprentissage du feu pour faire rôtir un canard – « Je t’aime mon canard ».

« Le conte raconte comment les êtres humains s’accommodent des monstres et du danger… » (Clément Cogitore)

Clément Cogitore crée des situations. Son installation est comme un conte : le visiteur est immergé dans l’obscurité du BAL, où l’espace est jalonné d’écrans qui divisent l’histoire par épisodes. L’artiste transfigure ainsi un espace qu’il organise en récit, de l’arrivée à Braguino en hélicoptère jusqu’à la menace de conflit armé. Pour la première fois, il lie la vidéo à la photographie.

L’artiste illustre et découpe les étapes « d’un instant de bascule de notre civilisation. » L’utopie, la construction, et finalement le cauchemar. Cela ressemble au versant d’un autre film, La Plage de Danny Boyle, au sable blanc et à l’eau apparemment trop bleue pour être vraie. Comme le romancier Alex Garland – auteur du roman adapté à l’écran par Boyle – effritait la nature d’une société, Clément Cogitore la regarde s’épier et nous montre les étapes de la chute. C’est toujours un si fragile équilibre à protéger à tout prix, surtout celui des sacrifices à partir d’un point de non-retour, quand la beauté de la nature ne peut plus détourner l’attention de la nature nuisible de la cohabitation.

© Clément Cogitore / ADAGP, Paris 2017

© Clément Cogitore / ADAGP, Paris 2017

Nous vivons ce cycle de manière immersive car les scènes du film sont le lieu à traverser pour retracer le parcours et composer une lecture dramaturgique. Nous sommes devant les flammes qui rougeoient et les joues rosies par le froid, images à l’échelle 1 formant des tableaux vivants, et nous pouvons presque entrer dedans. Les photographies au dos des écrans sont des visions plus sourdes, des fragments qui multiplient les temporalités. Les moments s’annoncent par symboles et le spectateur lui-même peut connecter les ellipses et les idées. Ce sont aussi des souvenirs, les archives documentaires du temps du rêve.

C’est l’histoire d’une humanité qui bâtit une tour puis la regarde s’effondrer impuissante, ou ferme les yeux comme les enfants. Le film Braguino ou la communauté impossible, coproduit par Seppia et Arte, sortira dans les salles de cinéma le 1er novembre.

BRAGUINO OU LA COMMUNAUTÉ IMPOSSIBLE

15/09/2017 > 23/12/2017

Le BAL

PARIS

Clément Cogitore s’est rendu en 2016 à Braguino, du nom de la famille vivant dans quelques cabanes de bois perdues au fond de la Taïga ...

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