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Penone à Piano : « conversazione » en Provence

Anne Malary 18 septembre 2017

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Depuis le 10 septembre, l’art de Giuseppe Penone a pris racine sur le domaine du château La Coste, en et hors les murs conçus par l’architecte Renzo Piano en mai dernier. Des corps de pierre au milieu des vignes vertes, dialogue binaire à l’italienne.  

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Le pavillon conçu par Renzo Piano sur le domaine viticole © Stephane Aboudaram

Un décor d’art pour mon domaine !

Le château La Coste est situé au cœur d’un vignoble de 200 hectares. Il est la propriété de l’homme d’affaires irlandais Paddy McKillen, qui a modelé de ses vœux le paysage de son domaine en sollicitant artistes et architectes venus des continents les plus éloignés. Tadao Ando a ainsi conçu le Centre d’Art, traçant sur les terres de Provence des lignes japonaises. Une étendue d’eau reflète toute lumière, et les ailes qui s’étendent en forme de V sont composées de béton et de grandes baies vitrées. Une colonnade s’étire jusqu’aux vignes, la perspective prend des airs angulaires et infinis. Le lieu est aussi investi par des œuvres de Louise Bourgeois, Richard Serra, Ai Weiwei

Parmi les architectes qui ont dessiné le paysage, Renzo Piano. Il y a conçu lui aussi un espace-galerie. L’auteur du Centre Pompidou a imaginé un pavillon creusé dans la terre. Un chêne signale l’entrée du lieu, un long chemin en béton qui invite à s’enfoncer sous les rangées des vignes que la structure de l’architecture prolonge. Le sculpteur italien a étudié le dessin du paysage autant que le design de ce bâtiment pour investir le domaine du château La Coste. C’est devant la galerie de Piano que se dressent les premières œuvres de Penone.

Écorces en bronze, nervures de pierre, sable de l’eau et de l’air

L’artiste joue son jeu de la nature et de la matière, et comme toujours quand il s’agit pour lui de fertiliser la terre, il produit des merveilles artificielles. Il s’agit d’un arbre en bronze qui enserre dans ses branches une grande pierre, une autre étant posée au sol, devant son tronc. Ou encore d’un bloc de marbre enraciné dans le sol, nervures gonflées et à nu.

Une dizaine d’œuvres de Penone habitent ainsi le paysage et l’espace de la galerie. Elles dialoguent avec la nature et l’architecture, autant qu’elles se font écho entre elles. Ainsi à l’intérieur du pavillon, deux pierres identiques font pendant à celles du dehors. Elles composent l’œuvre Essere fiume, « être fleuve », qui fait ruisseler l’eau souterraine par évocation. Il s’agit en effet de pierres extraites d’un torrent de montagne, l’une a sa forme originelle et son double est sculpté. Elles appellent l’élément du fleuve et rappellent la fluidité des choses qui s’altèrent inexorablement. Car la pierre s’effritera, et sable, elle coulera comme l’eau.

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Les œuvres de Giuseppe Penone devant l’entrée du pavillon conçu par Renzo Piano © Château La Coste, ADAGP Paris 2017

Justement c’est son sable, que Giuseppe Penone expose aussi pour la première fois : Essere vento. Cette œuvre a été exécutée en collaboration avec l’Université Grenoble Alpes, le CNRS et Grenoble INP, car sa réalisation a nécessité un haut niveau de technicité. L’artiste a fait le vœu de sculpter un grain de sable à l’identique d’un autre grain de sable.

Le projet d’un idéal microscopique, qui devait s’accomplir en laboratoire, atelier éphémère de l’artiste. « Être vent », ce sont donc deux grains de quelques millimètres, l’un est la source façonnée par les airs dans le temps, l’autre est son dérivé sculpté par les technologies contemporaines de l’homme. Dialogue des forces élémentaires qui créent des formes au fil des siècles, et de l’intelligence humaine à l’action immédiate.

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Giuseppe Penone © Château La Coste, ADAGP Paris 2017

« Tout geste qui transforme physiquement un contexte peut être considéré comme une sculpture. Un souffle peut être considéré sculpture car il modifie l’air qui l’entoure. » Giuseppe Penone expose une œuvre enracinée et une matière nomade. Il confond le geste de l’homme et celui de la nature pour signifier la métamorphose de l’état physique. Son art épouse naturellement celui de Piano, fondu dans le décor arboré. Alors, la visite se fait comme un cheminement naturel…

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