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Un Banksy (encore) effacé par erreur à Calais !

Agathe Lautréamont 15 septembre 2017

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Décidément ! Certains diront que c’est la suite logique pour une œuvre de street-art que d’évoluer en fonction de son support, d’autres crieront à la protection du génie de l’artiste, coûte que coûte. En tout cas du côté de Calais, on a apparemment tranché. La réinterprétation de la célèbre toile de Théodore Géricault, Le radeau de la Méduse par l’artiste de rue engagé Banksy qui était apparue au plus fort de la crise des migrants en Europe a été en fin de semaine dernière purement et simplement effacée, comme le rapporte Nord Littoral…

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© Banksy

Vie et mort d’une œuvre de street-art ? Toujours est-il que la nouvelle a créé l’émotion du côté de Calais. On s’en souvient, alors que la crise migratoire connaissait un pic sans précédent, l’artiste engagé et masqué Banksy avait pris fait et cause pour les populations se massant dans la « jungle » de Calais aujourd’hui détruite dans l’espoir de traverser la Manche et commencer une nouvelle vie en Angleterre. En guise de signal d’alarme : une réinterprétation de la célèbre peinture de Géricault conservée au Louvre : Le radeau de la Méduse… à quelques différences près.

Les migrants ne font pas signe à un providentiel voilier, au loin, mais à un imposant cargo. Le pochoir noir avait été apposé sur un immeuble de Calais mais en ce mois de septembre, le propriétaire dudit lieu a décidé de passer un coup de propre sur sa propriété, effaçant au passage la création de Banksy !

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© Banksy

Depuis dans le nord de la France, le débat fait rage. Certains défendent l’idée qu’après tout, le propriétaire de l’immeuble peut faire ce que bon lui semble de son bien, ce qui implique recouvrir d’une couche de peinture blanche une œuvre d’un street-artist célèbre. D’autres au contraire crient déjà au scandale et auraient aimé voir préservé le pochoir de l’artiste au visage masqué. Mais en attendant, comme le relate le journal Nord Littoral, les ouvriers chargés du ravalement de la façade en prennent pour leur grade !

« Depuis qu’on est là, c’est un vrai calvaire », explique au quotidien le directeur de l’entreprise de rénovation.

« Des gens nous posent sans arrêt des questions, prennent des photos, nous disent que ce n’est pas normal, etc. Mais nous, on a un client et on fait notre travail. Et puis, ce monsieur, il est quand même libre de faire ce qu’il veut, non ? C’est son mur, après tout… »

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© Banksy

Quid du principal intéressé, à savoir le propriétaire de l’immeuble, Georges Lagouge ? Celui-ci a assuré à Nord Littoral qu’il était tout à fait disposé à ne pas recouvrir l’œuvre de Banksy, à condition que celle-ci soit un peu mieux mise en valeur ainsi que restaurée. Car selon lui, tout un chacun semble s’accorder sur le fait qu’il faut protéger l’œuvre, mais personne ne lèverait le petit doigt, concrètement, afin de s’en occuper.

L’œuvre avait été apposée par Banksy au mois de décembre 2015, un hommage aux migrants coincés dans la ville de Calais en attente d’un providentiel départ vers le Royaume-Uni. Au long de la crise migratoire, l’artiste de rue dont on ignore la véritable identité avait laissé derrière lui plusieurs réalisations cherchant à alerter les esprits sur cette crise humanitaire désastreuse. On retiendra celle représentant le fondateur de la marque Apple, Steve Job, mais qui elle aussi a été fortement dégradée avec le temps…

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