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Une histoire naturelle et artistique, au Centre Culturel Suisse

Agathe Lautréamont 13 septembre 2017

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Naturalis Historia. Les amoureux de biologie penseront aux muséums d’histoire naturelle qui émaillent notre territoire. Pour les latinistes, c’est évidemment l’œuvre monumentale de l’écrivain du Ier siècle Pline l’Ancien. Et au Centre Culturel Suisse, c’est le titre de la nouvelle exposition de la toute jeune artiste genevoise Pauline Julier. Son médium ? L’image, la vidéo, la diapositive. Son propos ? La nature. Certains lèveront un sourcil en pensant : « Vaste programme ». Et ce septembre, le Centre Culturel Suisse présente une exposition intelligente, percutante et qui nous amène à réfléchir.

Naturalis Historia © Pauline Julier

Naturalis Historia, 2017 © Pauline Julier

Tout a commencé par une image, croisée par hasard en feuilletant une revue scientifique. Cette image,  c’est une représentation scientifique de ce à quoi devait ressembler la plus ancienne forêt du monde, qui s’épanouissait il y a 300 millions d’années à la frontière de ce qui est aujourd’hui… le désert de Gobi, au sud de la Chine ! Cette représentation a été rendue possible par les recherches d’une équipe de scientifiques sino-américaine, qui effectuait des fouilles entre 2010 et 2015 sur le site d’une mine de charbon.

Là, dans un passé antédiluvien, une puissante éruption volcanique a recouvert de lave et de cendres la forêt des premiers temps. Il ne nous en reste aujourd’hui que des feuilles et des ramifications fossilisées. Fascinée par les rapports entretenus par l’Homme avec son environnement, la nature, l’artiste suisse Pauline Julier a choisi de prendre cette fameuse image comme point de départ pour sa nouvelle installation d’art contemporain. L’exposition du Centre Culturel Suisse, Naturalis Historia, a été découpée en cinq chapitres distincts, cinq étapes, cinq études des rapports entre les populations humaines et la nature environnante.

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Naturalis Historia, 2017 © Pauline Julier

Catastrophes climatiques, disparition d’espaces naturels, impact de l’humain sur son environnement… L’Humanité modifie, malmène, classe et réfléchit la Nature, comme s’il était possible de la mettre dans une boîte bien précise, étiquetée puis rangée. Une recherche de facilité rassurante, peut-être ?

Pourtant, s’il est bien une chose qui ne peut pas être figée, c’est bien la nature. Au travers de ses installations, Pauline Julier se charge de nous le rappeler, en évoquant la catastrophe de Pompéi en 79 après Jésus-Christ, ou l’engloutissement des îles Tuvalu.

Le déchaînement des éléments, comme les éruptions volcaniques ou la montée des eaux effaçant à tout jamais des traces, ou au contraire n’en laissant que des empreintes difficiles à découvrir. On pense bien sûr aux silhouettes de pierre des victimes du Vésuve mais aussi aux fossiles que l’on retrouve en explorant les indénombrables strates de notre sol.

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Naturalis Historia, 2017 © Pauline Julier

Diapositives, photographies, textes défilant et films tournés en 16mm sont exploités par l’artiste genevoise pour décrypter notre impact sur le monde alentour. Il nous est possible de nous assoir simplement devant des films jaunis par le temps, ou alors nous pouvons opter pour pénétrer à l’intérieur d’un rocher pour regarder une interview du scientifique chinois à l’origine de la découverte de la plus ancienne forêt du monde. Pour les plus téméraires, il y a la possibilité de grimper à l’échelle de bois donnant sur un belvédère, au sein duquel d’autres diapositives sont projetées.

Pauline Julier a cherché à créer une installation plurielle, découpée en étapes distinctes, pour renvoyer et peut-être aussi critiquer cette quête de l’Homme de contrôler la nature, la brimer. Le tout se dévoile dans une atmosphère sonore bourdonnante, enveloppante, tandis qu’une semi-obscurité nous pousse à nous focaliser sur les différents films joués dans la salle supérieure du Centre Culturel Suisse.

Bien sûr, à une époque où le changement climatique est encore remis en question par des hommes politiques tandis qu’un ouragan d’une violence inouïe a dévasté l’arc antillais, cette exposition ne peut que nous interpeler sur la fragilité de la nature. Cette dernière peut se montrer dévastatrice lorsqu’elle est perturbée. À bon entendeur.

PAULINE JULIER

09/09/2017 > 17/12/2017

Centre culturel suisse

PARIS

Naturalis Historia est une installation qui met en scène, à travers un ensemble de dispositifs visuels et sonores, plusieurs histoires nat...

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