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Anne et Patrick Poirier, promenades photographiques à la MEP

Agathe Lautréamont 8 septembre 2017

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Collectionneurs et photographes, artistes jusqu’au bout des ongles, Anne et Patrick Poirier se sont intéressés, dès leur plus jeune âge, à la pratique photographique. À une époque où le numérique est devenu un outil de prédilection pour de nombreux créateurs, le couple refuse de céder au chant des sirènes de la modernité pour continuer d’exploiter les indénombrables possibles des bonnes vieilles pellicules. Le résultat est à découvrir dans une rétrospective d’une grande richesse proposée par la Maison Européenne de la Photographie, jusqu’au 29 octobre prochain.

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Anne et Patrick Poirier, Ruins, 1996 © Galerie Mitterrand

Que les Cassandre qui ont prophétisé la fin de l’argentique à l’aube des années 2000 aillent se rhabiller ! De plus en plus parmi la jeune génération d’artistes, on observe un regain d’intérêt pour la pellicule, le grain argentique, le « claquement » si caractéristique des vieux boîtiers si lourds en main mais si précis une fois placés devant notre œil.

Et ce n’est pas le couple d’artistes Anne et Patrick Poirier qui viendront vous dire le contraire ! Ils se sont rencontrés en 1967, à l’occasion d’une résidence à la Villa Médicis. Le coup de foudre est également artistique : ils décidèrent de travailler ensemble. Abandonnant leurs ego respectifs, ils réunirent leurs idées, leurs sensibilités. Et leurs travaux, signés en commun, deviennent les fruits de ce partage.

Ce ne sont plus des artistes solitaires travaillant dans leur atelier en quête d’un langage personnel, mais des voyageurs, arpenteurs de sites, découvreurs de civilisations, de religions et de cultures.

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Anne et Patrick Poirier, Archives, 2003 © Galerie Mitterrand

Alors comme en quête de nouvelles découvertes, ils quêtent aussi de nouvelles expériences artistiques. Collectionneurs d’anciens clichés, ils réalisent également leurs propres images, qu’ils retravaillent toujours méthodiquement une fois enfermés dans le secret de leur chambre noire. La MEP a le mérite de mettre en lumière une part importante de la création artistique du duo, qui est plutôt célèbre pour ses installations et ses sculptures impressionnantes.

Comme n’importe quel médium créatif, la photographie permet toutes les folies, tous les imaginaires, pourvu que l’on sache casser les codes de la pure technicité. La photographie est pour le couple un moyen unique d’explorer ce qu’il y a alentour, que l’on redécouvre selon un angle bien précis, souvent peu commun, jamais dépourvu de surprises. En errant dans les brocantes et les vide-greniers, ils achètent pour quelques deniers de très vieux appareils photographiques, parfois abîmés, et les exploitent tels quels.

Les défauts visuels résultant de chocs ou d’optiques de faible qualité feront par la suite le « sel » de leur travail. Reflets parasites, couleurs délavées et autres aberrations chromatiques deviennent pour les deux créateurs des médiums qu’ils peuvent utiliser pour doter leurs images d’une dimension neuve et pour le moins originale.

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Anne et Patrick Poirier, Ostia Antica, 1970 © Anne et Patrick Poirier

Comme le démontre parfaitement l’accrochage temporaire de la Maison Européenne de la Photographie, le couple travaille beaucoup par séries, une forme de recherche artistique qui permet de livrer plusieurs propositions sur un seul et unique sujet. Il en résulte, pour le visiteur de l’accrochage, une exploration approfondie d’une idée qui peut paraître anodine.

Mais en multipliant les prises de vue et donc les regards, on  peut décortiquer à notre tour ce même thème pour lui découvrir une profondeur insoupçonnée. Au fil des ans, leurs préoccupations artistiques ont bien évidemment évolué. Nous passons selon les époques à des photographies rapprochées d’objets du quotidien, usés ou fanés, abîmés ou rouillés, autant de memento mori très poétiques sur des tirages aux couleurs parfois saturées, parfois constellés de taches de teintes éparses.

Il devient parfois difficile de définir ce qui faisait partie de la composition et ce qui a ensuite été ajouté au moment du développement de la photographie. Une exposition indéniablement très intéressante, à découvrir jusqu’à la fin du mois d’octobre !

ANNE ET PATRICK POIRIER

06/09/2017 > 29/10/2017

Maison Européenne de la Photographie (MEP)

PARIS

Anne et Patrick Poirier développent une œuvre polymorphe dans laquelle la photographie occupe, dès leurs débuts en 1967, une place aussi...

Exposition terminée
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