Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

Visa pour l’Image : que voir dans cette 29e édition ?

Agathe Lautréamont 5 septembre 2017

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Depuis le week-end dernier, le Festival International de Photojournalisme « Visa pour l’image » bat son plein à Perpignan. Cette 29e édition, qui durera jusqu’au 17 septembre prochain, propose un programme abondant, comprenant des débats, des tables rondes, des rencontres, vingt-cinq expositions mais aussi la remise du prix photographique Visa d’or. Les rendez-vous foisonnent pour les passionnés de photojournalisme mais aussi plus largement, d’actualité internationale et de liberté d’expression. Quoi voir alors, que visiter, à quelle réunion participer, si vous êtes de passage dans le sud de la France pendant le festival ? Sélection…

pakpak

 Peshawar, Pakistan, 16 décembre 2014 © Zohra Bensemra / Reuters

Dans son éditorial pour ouvrir le Festival Visa pour l’Image, le fondateur de l’événement Jean-François Leroy met les pieds dans le plat et ose poser la question : « Peut-on trop couvrir un conflit ? » Évidemment, on pense immédiatement à une seule et même guerre : celle qui ravage la Syrie depuis maintenant 2011. On estime que depuis le début de la guerre civile, pas moins de cinq millions de syriens ont décidé de fuir le pays, ce qui représente le quart de la population totale.

Pas une journée ne se passe depuis, sans que l’actualité n’évoque Bachar Al-Assad, les forces de l’organisation terroriste État Islamique, les réfugiés fuyant les conflits, l’indécision de la communauté internationale face à ce désastre qui dure depuis maintenant six ans. Trop de conflit au Moyen-Orient, pas assez de regards portés vers les autres événements qui secouent le globe ?

Visa pour l’Image apporte une autre réponse : si le festival consacre trois de ses vingt-cinq expositions sur la lutte pour la prise de Mossoul, autre basion des fous d’Allah mais cette fois situé dans l’Irak voisin de la Syrie (les deux pays partagent 605 kilomètres de frontière commune), c’est parce que les consciences ne sont pas alarmées. Alors on répète, inlassablement.

ber

Tinfgam, dans le Haut Atlas, 2016 © Ferhat Bouda / Agence VU’

Mais le Moyen-Orient n’est évidemment pas la seule région du globe à avoir été parcourue par les photojournalistes au long de l’année écoulée. De 10h à 20h, dans toute la ville de Perpignan, il est possible de visiter pas moins de vingt-cinq expositions différentes, rapportant des images prises aux quatre coins du globe et traitant de sujets aussi variés que les prisons pour mineurs aux États-Unis d’Amérique, l’esclavagisme sexuel au Népal, l’épidémie de CKDu à travers le monde (une insuffisance rénale chronique dont les causes n’ont pas encore été clairement établies) ou encore la crise politique au Venezuela.

Les photographes qui ont pris ces images peuvent appartenir à une importante revue française (Le Figaro Magazine…) ou internationale (National Geographic) une célèbre agence de presse (Vu’, l’AFP…) ou être des indépendants qui ensuite proposent leurs reportages à diverses publications. Un point commun, néanmoins, à toutes ces expositions : traiter des malheurs du monde.

Les événements qui ont secoué la planète au cours des derniers mois n’ont –ils à nous offrir que du sang, de la sueur et des larmes ? On notera par exemple que la question du règne animal n’a été abordée que par une seule de ces expositions. L’humain phagocyte le reste.

vene

Venezuela, 25 août 2016 © Meridith Kohut pour/for The New York Times

Si l’espoir n’a apparemment que peu de place dans le Festival, demeure l’objectif principal du photojournalisme qui est d’avant tout et surtout alerter les opinions. On ne le dit jamais assez mais toujours au péril de leur propre vie, les reporters se rendent dans des régions souvent isolées, frappées par la guerre, des catastrophes naturelles (mais provoquées de plus en plus par notre intervention non-naturelle sur les éléments) ou des épidémies.

Ils se mettent eux-mêmes en danger afin de capter des images qui ensuite, ils l’espèrent, parviendront à faire prendre conscience au reste du monde d’événements se déroulant parfois à plusieurs milliers de kilomètres, parfois dans le quartier voisin au nôtre.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE