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Le 22 août 1908 naissait Henri Cartier-Bresson

Agathe Lautréamont 22 août 2017

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Né un 22 août 1908 et mort le 3 août 2004, il est juste de dire qu’Henri Cartier-Bresson a littéralement traversé son siècle, de part en part. Déjà de son vivant, il est parvenu à entrer dans la légende de la photographie, faisant partie des plus Grands (et ici, on n’hésite pas à l’écrire avec un G majuscule !). Quant à ses photographies en noir et blanc, devenues absolument iconiques, elles représentent toujours un puits insondable d’inspiration pour la jeune génération de photographe de rue ou photoreporter. Petit article en forme d’hommage à ce grand, très grand Monsieur de l’image.

FRANCE. Paris. Place de l'Europe. Gare Saint Lazare. 1932.

© Fondation Henri Cartier-Bresson

Derrière la gare Saint-Lazare, un homme portant chapeau à bords mous, silhouette noire sur flaque d’eau blanche, s’élance dans un petit saut, mais n’est pas encore retombé ; aucun rond ne vient strier la surface. Sur le pont des Arts, Jean-Paul Sartre mâchonne le bout de sa pipe, l’œil apparemment soucieux ; derrière lui, en ligne de mire comme un symbole, l’Académie Française.

Depuis le sommet d’un escalier en colimaçon, nombre d’or harmonieux, nous voyons passer la silhouette furtive d’un cycliste, qui heureux hasard, suit parfaitement la courbe des marches qui nous emmènent en bas de la rue parisienne.

« L’instant décisif ». Qui n’a jamais croisé au détour d’une lecture sur l’histoire de la photographie, ce concept dont on accorde la paternité à Henri Cartier-Bresson ? Comment peut-on définir cette idée qui fut la clé de voûte de tout le travail de l’artiste disparu en 2004 ?

escalier

© Fondation Henri Cartier-Bresson

Attendre et surprendre

Cartier-Bresson, infatigable citadin, n’aimait rien de plus que se livrer au hasard des rencontres et frôler la poétique des étonnements que peut nous livrer le quotidien des villes. Curieux de tout, l’homme erre dans une ville connue, joue aux touristes égarés dans son décor habituel, écoute le bruissement d’un marché, suit un groupe d’écolier, s’approche des gares parisiennes. Chaque lieu, aussi anodin soit-il, peut faire l’objet d’une image marquante et il le sait.

Étant donné que la photographie, à l’instar de la peinture, fige un moment donné, interrompt le temps pour l’éternité, Henri Cartier-Bresson chercha toute sa vie à redonner du mouvement à cette contrainte esthétique. Au lieu de photographier un fait, un événement, une réaction, un plan fixe, l’artiste au contraire choisit de saisir un cliché de ce qui se déroule juste avant.

C’est cela, l’instant décisif : le photographe nous fait retenir notre souffle, puisqu’il crée une attente ; même si nous ne saurons jamais ce qui est advenu juste après le déclenchement. En tant que spectateur, nous nous amusons à imaginer ce qui va arriver juste après : la chose sera-t-elle heureuse, malheureuse, drôle, émouvante ? Et en tant qu’artiste, Cartier-Bresson a eu une intuition qu’il allait effectivement se passer quelque chose, démontrant sa maestria, son flaire diront certains.

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© Fondation Henri Cartier-Bresson

Quête

La voilà, la quête constante du travail d’Henri Cartier-Bresson : chercher l’instant décisif, celui qui donnera à une image toute sa portée. Un événement sur le point de se produire, une surprise prête à se révéler, une expression durant une fraction de seconde sur le visage d’un individu surpris par quelque chose… quoi ? Mystère.

Mais parfois, la profondeur va bien au-delà de la simple attente donnée au spectateur, à celui qui admire la photographie. Laissons parler le photographe lui-même : ce serait la « reconnaissance simultanée, dans une fraction de seconde, d’une part de la signification d’un fait, et de l’autre d’une organisation rigoureuse des formes perçues visuellement qui expriment ce fait ». Il y a donc tous les ingrédients pour transformer le cliché en œuvre d’art : attente, composition, poésie regard précis, humour, tendresse, tension… Il est probablement là, le génie du photoreporter français.

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