Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 MIRÓ

03/10/2018 > 04/02/2019

Grand Palais

- PARIS

expo_cercle_3 ALPHONSE MUCHA

12/09/2018 > 27/01/2019

Musée du Luxembourg - PARIS
expo_cercle_4 TADAO ANDO, LE DÉFI

10/10/2018 > 31/12/2018

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_5 JOAN MIRÓ

03/10/2018 > 04/02/2019

Galeries nationales du Grand Palais - PARIS

LA NEWSLETTER

Berlin, Beyond the Wall : 229 mètres d’histoire

Laura Bourdon 17 août 2017

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Pendant trois mois, une exposition rappelant les persécutions vécues par les Allemands alors qu’était érigé le « mur de la honte », tel qu’est surnommé le mur de Berlin séparant la capitale en deux de 1961 à 1989, vient remuer les mémoires mais surtout alerter les consciences. Intitulée Beyond the Wall, l’exposition met en scène le travail de l’artiste germano-américain Stefan Rollof. 229 mètres de textes, de dessins et de captures d’écran vidéo, vingt-huit ans après la chute du mur.

berlin 2

Stefan Roloff, Berlin © Photo Antje Schroder

Dans la nuit du 12 au 13 août 1961 est construit le mur de Berlin, avec pour but de stopper la fuite des allemands de l’est vers l’ouest. Il aura fallu seulement quelques jours pour que la première victime soit abattue par les gardes, les VoPos (abréviation de VolksPolizei, la police nationale de l’Allemagne de l’est), ayant pour ordonnance des forces supérieures l’exécution des fugitifs. Fechter Peter, âgé de dix-huit ans, est le premier allemand à périr alors qu’il tentait de traverser la Spree à la nage. Le premier d’une longue série. Au fil des années, le dispositif se renforce de barbelés, de caméras et de béton. Vingt-deux ans de terreur. Jusqu’à ce que le mur ne tombe le 9 novembre 1989.

Des fragments du mur de Berlin sont depuis exposés un peu partout sur la planète tandis qu’à Berlin, demeure une parcelle baptisée  l’East Side Gallery : 1,3 kilomètre de long entièrement recouvert par 118 peintures de street-artist dont l’iconique Mortal Kiss de Dimitrji Vrubel, représentant Léonid Brejnev, dirigeant de l’URSS de 1964 à 1982, embrassant Erich Honecker, dirigeant de la RDA de 1976 à 1989.

595354547_780x439

Stefan Roloff, Beyond the Wall

En cet été 2017, soit cinquante-six ans après qu’ait été érigé celui qui fut surnommé le « mur de la honte », Klaus Lederer, sénateur allemand en charge de la culture, a souhaité remettre en lumière cette phase terrible de l’histoire avec l’intervention d’un artiste germano-américain pionnier de l’art numérique et de la photographie, Stefan Rollof.

Stefan Rollof est depuis 1982 connu internationalement, exposé à New-York, Tokyo, Paris, Amsterdam, Bilbao, Boston, Berlin… Surtout, Stefan Rollof est né à Berlin en 1953, et passa son adolescence du côté ouest de la « frontière », contrôlée par les américains. En 1984, il a capturé des vidéos de la vie quotidienne autour du mur ; un travail qu’il reprend en 2007 décidant de replonger dans ses archives documentaires. L’on y découvre les gardes arpenter le mur ; ainsi que des portraits vidéos réalisés auprès d’anciens citoyens et de prisonniers de la Stasi, le service politique et de renseignements de la République démocratique allemande.

berlin

Stefan Roloff, Berlin © Photo Antje Schroder

Parmi eux, les témoignages d’Ulrike Poppe, d’Alexander Arnold ou encore de Mario Rollig, rappellent les horreurs subies. « C’est important de parler du mur pour nous débarrasser de la peur de ce lieu et de ses tortionnaires », confie ce dernier. Des captures d’écran de ces témoignages accompagnés de dessins et de textes sont ainsi mis en scène sur 229 mètres le long d’une parcelle du mur, pendant trois mois.

Stefan Rollof confie l’importance d’une telle exposition en ces temps politiquement agités et incertains, alors que le Président des Etats-Unis Donald Trump évoque l’établissement d’un mur entre les Etats-Unis et le Mexique. « Pour moi, cette exposition n’est pas un projet historique même si elle montre des choses du passé. C’est un phénomène continu. Aussi longtemps qu’il y a eu des humains sur terre, des murs ont existé, et ils continueront malheureusement d’exister tant que des hommes fouleront leurs pieds sur cette planète », dit l’artiste.

Une exposition de mémoire, mais aussi et surtout d’alerte ; agrémentée d’événements complémentaires et notamment de l’intervention de quelques-uns des personnages représentés dans le travail de Stefan Rollof, qui viendront témoigner de leur expérience personnelle à l’occasion de tables ronde.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE