Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 DEGAS

28/11/2017 > 25/02/2018

Musée d'Orsay

- PARIS

expo_cercle_3 PHOTOGRAPHISME

08/11/2017 > 29/01/2018

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_4 ANDRÉ DERAIN, 1904 - 1914

04/10/2017 > 29/01/2018

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_5 CÉSAR

13/12/2017 > 26/03/2018

Centre Pompidou - PARIS

LA NEWSLETTER

Des tablettes manuscrites de légionnaires retrouvées près du Mur d’Hadrien

Agathe Lautréamont 10 août 2017

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Décidément, l’archéologie ne cessera jamais de nous surprendre. En ce mois d’août 2017, une équipe de chercheurs travaillant sur le site de fouilles de Vindolanda, au nord de l’Angleterre, a annoncé avoir exhumé pas moins de vingt-cinq tablettes couvertes d’inscriptions d’anciens légionnaires romains ; en garnison le long du fameux Mur d’Hadrien. Ces textes précieux livrent des informations clés sur le quotidien des soldats de l’empire.

vindo 1

Quelques tablettes retrouvées sur le site de fouille © The Vindolanda Trust, 2017

En 120 après Jésus-Christ, l’empereur romain Hadrien ordonne la construction d’un mur de 117 kilomètres de long afin de protéger l’empire romain contre les attaques des puissantes tribus du nord de l’Angleterre. Tout du long de cette impressionnante construction, des forts sont bâtis afin de surveiller la frontière et prévenir les attaques.

Or l’une de ces forteresses, dite de Vindolanda (Ier au Ve siècle après J-C), ne cesse de faire le bonheur des archéologues. Les vestiges de cette structure défensive (occupée de 83 à 410 de notre ère)  sont en effet fouillés depuis maintenant un quart de siècle et les travaux sont dirigés par l’archéologue Andrew Birley, à la tête du Vindolanda Trust et qui gère les chantiers de fouille.

Et en ce milieu d’année 2017, ce ne sont pas moins de vingt-cinq fragments d’anciennes tablettes de bois (le plus souvent de bouleau, d’aulne et de chêne) qui ont été retrouvés dans une fosse. Ces pièces de bois sont toutes couvertes d’écritures à l’encre (un mélange à base de carbone et de gomme arabique) et ont été datées entre 105 et 120 après Jésus-Christ. Ces plaquettes viennent donc rejoindre les quatorze autres déjà exhumées un peu partout sur le champ de fouille.

vindo 2

Une missive nettoyée par un archéologue © The Vindolanda Trust, 2017

Une conservation idéale

« Certaines plaquettes ont si bien subsisté qu’elles peuvent presque être lues directement », a expliqué à la revue Science et Avenir l’archéologue Andrew Birley. Pour la majorité des tablettes, il s’agit de correspondances de soldats, ainsi que quelques documents administratifs en lien avec la gestion de cette importante garnison romaine située aux confins de l’Angleterre, à la frontière sud de l’Écosse et située dans l’actuelle région du Northumberland.

Les tablettes de bois citent parfois des noms qui avaient déjà été identifiés par les archéologues sur les fragments retrouvés par le passé. Que demandent les soldats, dans leurs missives de bois ? Des nouvelles de leurs proches, des réclamations de congés, l’attente de nouveaux sous-vêtements ou encore… plus de bière pour les troupes en station aux avant-postes du Mur d’Hadrien !

vindo 4

Des tablettes de Vindolanda conservées au British Museum © The Vindolanda Trust, 2017

Le quotidien d’un soldat

Ces missives âgées de près de deux mille ans ont été extraites de la boue et doivent maintenant passer toute une série de tests, avant de subir des traitements qui devraient leur permettre de survivre au passage du temps et ne pas se dégrader. Ces étapes passées, les scientifiques les examineront à l’aide de lumière infrarouge de sorte à en préciser le contenu ; une opération qui risque de demander plusieurs mois de travail.

À noter que les planches de bois sont d’ores et déjà considérées comme des trésors nationaux par le Royaume-Uni, aussi rejoindront-elles au plus tôt les fonds du British Museum, où elles seront conservées auprès des quelque 2000 autres fragments du musée londonien, découverts sur le même site dès les premières campagnes de fouilles menées à partir de 1973.

Toutes ces pièces représentent des témoignages très précieux sur le quotidien d’une garnison romaine et elles constituent les archives de textes romains les plus conséquentes du nord-ouest de l’Europe. Ces missives ont été rédigées au fil des années par des soldats issus de toutes les régions du vaste Empire romain, venant de toutes les classes sociales, des officiers les plus hauts-gradés aux simples esclaves.

vindo 3

Quelques tablettes retrouvées sur le site de fouille © The Vindolanda Trust, 2017

De nouvelles découvertes ?

Il y a donc à parier que les fouilles qui se poursuivent à l’heure actuelle dans les vestiges du fort de Vindolanda n’ont pas fini de livrer leurs surprises. Car en plus de cette correspondance exceptionnelle, les archéologues exhument depuis plusieurs décennies nombres d’objets hétéroclites, allant des armements à de la vaisselle en passant par… des milliers de chaussures de soldats !

Celles-ci ont été retrouvées rangées sur des linéaires d’étagères et représentent la plus riche collection jamais exhumée. Certaines sont dans un état de conservation si bon qu’elles pourraient presque être portées…

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE