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En images : une fenêtre sur l’infini, avec Murray Fredericks

Laura Bourdon 8 août 2017

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Le photographe australien Murray Fredericks est connu pour ses photographies de paysage. Son lieu de prédilection ? Le lac Eyre, le plus grand lac salé d’Australie. Il y positionne un miroir qui, au reflet de la lumière, nous ouvre une fenêtre (somptueuse) sur l’infini.

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 Vanity © Murray Fredericks

Murray Fredericks découvre le lac Eyre en 2001, au beau milieu de la nuit. Il s’y attarde quelques instants et vit ce que l’on peut appeler une « révélation », un moment de communion avec la nature. Seul dans la nuit face à l’immensité, Fredericks eut la sensation de ne faire plus qu’un avec l’univers. C’est à partir de cette émotion que le photographe eut l’idée de la série qu’il intitule Vanity.

En 2003, l’artiste se rend plus d’une vingtaine de fois sur le lac Eyre, devenu le théâtre de sa nouvelle passion.  Muni de deux miroirs géants (1 200 x 1 800 m²) qu’il positionne dans l’eau peu profonde du lac, grand de 9 300 km² ; Fredericks utilise la technique de pose longue, pour créer des clichés épurés saisissant les variations de la lumière de l’aube au crépuscule.

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 Vanity © Murray Fredericks

« Dans ces images je reconnais ma quête de perfection. Peut-être suis-je motivé par mes propres angoisses ou vaines tentatives d’échapper à ma condition humaine. Seul, debout dans l’eau calme et encerclé par l’infini, un sentiment de libération fait écho à mesure que mon « moi » se fond dans la lumière et dans l’espace », confie l’artiste.

Ainsi Fredericks dit vouloir reconsidérer la place de l’homme dans l’univers, en attirant notre regard sur autre chose que sur nous-même. Le miroir, symbole par excellence de l’obsession de soi-même, d’une certaine vanité et de narcissisme, est complètement exempt de figure humaine dans ces clichés. Bien au contraire, celui-ci attire notre regard vers l’au-delà, l’infini, le grandiose ; ainsi toujours présent si l’on prend la peine de le contempler.

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 Vanity © Murray Fredericks

Fredericks nous invite à nous détourner de l’individualisme, qui selon ses propos, règne dans notre période dite Anthropocène, à l’heure où les activités humaines ont un impact considérable sur l’ensemble de l’écosystème terrestre. Par la voie de la photographie, Fredericks nous amène à reconsidérer ce qui nous entoure, le contempler, presque méditativement ; afin de nous engager pleinement et émotionnellement dans ce rapport à la lumière, à la couleur et à l’espace qu’il s’attache à magnifier, avec beaucoup de talent.

Tout comme une pensée ou une réalisation significative peut subvenir dans un esprit serein, comme ce fut le cas lors de la découverte par l’artiste du lac Eyre, ce dernier créé un parallèle en faisant surgir « de nulle part » un miroir, au beau milieu d’un paysage vide, comme pour mieux attirer notre attention sur la beauté de notre univers ; une ouverture sur un ailleurs, une fenêtre sur l’infini, loin de nos obsessions quotidiennes.

Murray Fredericks est représenté par la galerie Hamilton, à Londres.

3-Mirror-10-2017-©-Murray-Fredericks

 Vanity © Murray Fredericks

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