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Manguin, couleurs sensuelles au Musée des Impressionnismes de Giverny

Agathe Lautréamont 18 juillet 2017

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Le poète Guillaume Apollinaire parlait de l’artiste Henri Manguin en ces termes gourmands, élogieux : « Le peintre voluptueux ». Des termes épicuriens pour un peintre qui, assurément, croqua des paysages et des nus comme il croquait la vie à pleines dents. Jusqu’au 5 novembre prochain, le Musée des Impressionnismes de Giverny expose la joie de vivre, l’amour des couleurs franches comme un fruit mûr, le corps féminin caressé par une lumière chaude d’un été qui ne semble jamais vouloir tirer sa révérence. Bienvenue dans l’univers délicieux de Manguin.

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Henri Manguin, Autoportrait, 1905 © Adagp, 2017

Avec beaucoup plaisir, nous sommes accueillis au sein de l’exposition par celui qui a été déclaré maître des lieux pour quelques mois : Henri Manguin lui-même. L’autoportrait que découvrent les visiteurs annonce la couleur, au sens propre comme au figuré : nous voici face à un visage éclairé par un regard franc, menton et joues mangés par une épaisse barbe tandis que les sourcils sont quelque peu ombragés par un chapeau beige mou.

Mais tout autour de ces rares touches de peinture obscure, c’est un feu d’artifice de couleurs. L’huile sur toile s’entend comme une composition exécutée par de rapides traits de couleurs pures, le fond de la composition abstrait se trouvant animé par des rais d’orange, des taches de bleu, des flèches de vert, des brumes d’ocre et des traits de jaune.

Quant à Henri Manguin lui-même, il semble faire corps avec cette touche presque abstraite, les ombres de son visage marquées par des touches de vert émeraude, de rouge brique et quelques rares, subtiles, apparitions de blanc. C’est avec beaucoup de bonheur que nous savourons cette mise en bouche artistique, prélude à une suite des réjouissances tout aussi délicieuse.

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Henri Manguin, Jeanne sur le balcon de la Villa Demière, 1905 © Adagp, 2017

Élan

La jeunesse et le début de carrière d’Henri Manguin furent marqués par des rencontres picturales d’une influence considérable sur la poursuite de son univers créatif. Sur les bancs de l’école, le peintre rencontra Albert Marquet, Georges Rouault et un peu plus tard, un autre Henri : Matisse le fauve. Des influences innervées de modernité qui se trouvèrent contrebalancées mais également enrichies par une entrée au sein de l’atelier du grand symboliste Gustave Moreau, à l’univers suintant la myrrhe et rutilant des ors de temps immémoriaux puisés dans la mythologie ou les textes sacrés.

Nul rigorisme de la part d’un Moreau vieillissant (il mourut en 1898, quatre ans après l’entrée de Manguin dans son atelier), qui enjoignait au contraire ses élèves à bâtir des univers affranchis de codes, émancipés d’écoles et autonomes pour mieux surprendre l’œil et l’esprit. Manguin, bien sûr, allait se souvenir de ces précieux conseils prodigués par un maître à la peinture si éloignée de ce qu’allait devenir la sienne, et pourtant à l’enseignement fondamental. Au temps venu de l’indépendance artistique, entre 1898 et 1904, l’influence de Vincent van Gogh et Paul Cézanne fut aussi prégnante, capitale.

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Henri Manguin, Les aloès en fleurs à Cassis, 1913 © Adagp, 2017

Volupté

Coups de brosse spontanés, couleurs ouvertes, lignes ondulantes… Manguin a participé à l’éclosion du fauvisme au sein du paysage artistique français, travaillant avec fureur et fougue avec des acolytes artistes comme Maurice de Vlaminck ou André Derain. Qu’il manie l’huile ou dans une moindre mesure le pastel ou l’aquarelle, qu’il magnifie son épouse Jeanne ou qu’il rende hommage aux paysages brûlés de soleil de la Provence, Manguin peint avec une joie constante, une gaieté qui fait danser son pinceau et rayonner les couleurs.

En observant avec attention ses natures mortes, il est aisé de réaliser que chaque fruit, chaque agrume, chaque détail d’une nappe aux motifs floraux a été scrupuleusement positionné sur la composition, donnant à l’ensemble une harmonie chromatique qui égaie le regard et suscite une admiration pleine pour le sens de l’équilibre, comme inné, du peintre. D’aucuns parleraient d’audace artistique en détaillant les nombreux nus exécutés par l’artiste entre 1904 et 1915.

Une seule modèle, éternelle, la muse d’une vie : Jeanne Manguin, qui se plaît en toute circonstance à jouer les modèles pour son artiste de mari ; dans l’intimité de leur intérieur parisien ou à l’ombre des pinèdes odorantes du sud de la France. La peau laiteuse de la belle dame se pare d’ombres suaves, mauves, vertes et turquoise, comme si la lumière elle-même se décomposait en variétés chromatiques en hommage à la beauté féminine.

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Henri Manguin, Les gravures, 1905 © Adagp, 2017

À la rédaction, nous ne pouvons donc que vous conseiller vivement de découvrir ce très bel accrochage au sein du Musée des Impressionnismes de Giverny. Un parcours égayant et rafraîchissant dans le cadre bucolique du fameux village immortalisé par Claude Monet

 

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MANGUIN, LA VOLUPTÉ DE LA COULEUR

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