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Photographie : Dianne Bos, parler de la guerre, cent ans après…

Agathe Lautréamont 17 juillet 2017

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C’était il y a cent ans, déjà. La guerre de 1914-1918 déchirait le monde, suite à une infernale machinerie d’alliances, de pactes et d’intérêts géopolitiques. En France, des régions portent encore les stigmates des déchaînements de violence, à l’instar du Grand Est. La photographe canadienne Dianne Bos, dont le pays a également payé un lourd tribut à cet absurde conflit, s’est rendue dans ces régions toujours meurtrie, en compagnie de ses appareils photos argentiques. Peut-on exorciser les démons du passé à partir de l’image ? Éléments de réponse…

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Dianne Bos, Caterpillar Crater, Belgique, 2014 © Dianne Bos

Jusqu’au 8 septembre prochain, le Centre Culturel Canadien propose un parcours poétique et poignant, instructif et émouvant, imagé et inattendu. Cette exposition dont nous vous avons déjà parlé au cours des mois précédents s’intitule « The Sleeping Green ». Derrière ce titre aux accents lyriques entourés d’une brume de mystère, se dissimule un projet photographique pourtant d’ampleur, mené par l’artiste canadienne Dianne Bos au long d’aventures qui se déroulèrent sur plusieurs années.

Trois, pour être tout à fait précis, au cours desquelles elle parcourut avec patience et un sens aigu de l’observation l’est de la France et la frontière belge. À la façon d’un pèlerinage consacré à la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés sur ordre de quelques dirigeants belliqueux, Dianne Bos a marché sur des langues de terre, parmi des champs de blé, parcouru des vallons qui, il y a maintenant un siècle, n’étaient désignés que sous un seul et même nom par les soldats de la « Der des Der » : le no man’s land.

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Dianne Bos, Mémorial Canadien de Vimy, France, 2014 © Dianne Bos

Qu’entend-on, par cette formule en langue anglaise ? Tout simplement la zone située après les barbelés, entre deux tranchées opposées, ennemies. Là où la terre se crevait des cratères des obus, là où des soldats tombèrent pour demeurer sans sépulture, là où les coquelicots poussaient, fiers en entêtés, malgré la pluie mortifère de l’artillerie.

Cent ans plus tard, entre 2014 et 2016, Dianne Bos a posé le pied là où il ne fallait pas évoluer, habitée du souhait de ressentir, peut-être, les vibrations du souvenir funeste du Premier Conflit mondial. Puis, elle saisissait ses anciens appareils photo ou installait ses imposantes chambres noires ; figeant au format carré des éclats de paysage chargés d’une histoire dramatique. Dans les Flandres, à la frontière française, le sol s’avère jonché de cratères laissés par l’explosion des obus.

Les creux sont si profonds que le temps n’est pas parvenu à naturellement les combler. Et au long de ses déplacements, Dianne Bos eut l’occasion de rencontrer nombre d’habitants de la région : il n’est pas rare, pour les agriculteurs, de retrouver encore enfouis dans le sol des casques, armes et autres éléments d’uniformes ; endormis dans le vert et le brun.

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Dianne Bos, Galaxie des champs des Flandres, Belgique, 2014 © Dianne Bos

Le résultat de ce voyage photographique est exposé au sein du Centre Culturel Canadien jusqu’au 8 septembre prochain. Images éthérées, imprécises, volontairement imparfaite pour en faire surgir toute la subtilité, ces images réalisées avec le cœur traduisent autant la sensibilité artistique de Dianne Bos que son désir profond de parler d’une Histoire qui inexorablement, s’éloigne et donc disparaît des mémoires, mais dont il est pourtant crucial de se souvenir à jamais. L’art peut-il parler des blessures de notre histoire commune et de la folie des hommes ? Il peut en tout cas chercher à panser les plaies, évoquer avec douceur ce qui hante et offrir des cheminements de réflexion nouveaux et salvateurs.

 

partenaire-créa-adrien

DIANNE BOS "THE SLEEPING GREEN."

03/04/2017 > 08/09/2017

Centre culturel canadien

PARIS

Dianne Bos a emprunté le titre de cette exposition au célèbre poème Break of Day in the Trenches d’Isaac Rosenberg, poète et soldat d...

Exposition terminée
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