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Les métamorphoses d’Olga au musée Picasso

Laura Bourdon 11 juillet 2017

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Le musée Picasso accueille jusqu’au 3 septembre une exposition inédite, dédiée à celle qui fut l’épouse et la muse de Pablo : la jeune et belle Olga Khokhlova, danseuse des Ballets russes, qui deviendra madame Picasso en 1918, un an après leur rencontre. En 350 œuvres (objets intimes, photographies inédites, écrits d’archives), « Olga Picasso » retrace de manière chronologique la passion tourmentée vouée par le maître espagnol à la figure d’Olga, et met en lumière les répercussions de sa vie conjugale sur sa peinture.

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Pablo Picasso, Olga Khokhlova à la mantille, Barcelone, été-automne 1917 © Succession Picasso, 2017 © Photo : Equipo Gasull

Passionnante. L’exposition « Olga Picasso » actuellement proposée par le musée Picasso parisien lève le voile sur un destin mystérieux, celui de la muse du peintre espagnol, souvent considérée comme en proie d’une insondable mélancolie, représentée le visage triste et le regard absent. Suite à la découverte d’un fonds d’archives exceptionnel et de lettres entretenues entre Olga et sa famille, restée en Russie aux suites de la Révolution et des nombreuses années de guerre civile qui s’ensuivent, l’exposition rassemble des documents jusqu’alors jamais montrés, permettant de plonger dans le quotidien des amants, d’en suivre les pérégrinations mais surtout, de comprendre l’impact (fulgurant) qu’a pu avoir la figure d’Olga sur l’art de Pablo Picasso. Par ailleurs, 2017 célèbre le centenaire de la rencontre des deux époux.

Les ballets russes

L’histoire débute en 1917. Pablo Picasso est à Rome sur invitation de Serge Diaghilev, en vue de la préparation des décors et costumes du prochain spectacle des Ballets Russes : le ballet Parade. Olga Khokhlova, jeune ballerine tout-juste promue danseuse étoile, fascine le peintre. Un an et demi plus tard, le couple se marie à Paris, entourés de leurs amis Jean Cocteau, Guillaume Apollinaire et de Max Jacob.

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Pablo Picasso, Mère et enfant au bord de la mer, Printemps 1921 © Succession Picasso, 2017 © Art Institute of Chicago, Dist. RMN-Grand Palais / image The Art Institute of Chicago

Tout au long des années 1910 et 1920, Olga est la figure féminine la plus représentée dans l’œuvre de Picasso. Le peintre est subjugué par la jeune slave aux manières exquises, en esquisse les traits de manière canonique et ingresque ; la peignant belle et impassible, à la manière d’une sainte, dans des portraits d’une pureté traditionnelle de facture classique.

Olga est perçue comme étrangement silencieuse, assise ou lisant, très certainement peinée par la situation de sa famille qui subit les horreurs de la guerre en Russie ; une Russie natale où la jeune femme ne remettra jamais les pieds. Les récentes trouvailles d’échanges de lettres avec sa mère témoignent d’une indicible douleur, la jeune femme masquant son train de vie mondain et aisé dans le Paris euphorique des années 1920.

Naissance de Paul

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Pablo Picasso, Paul sur l’âne, Paris, 15 avril 1923 © FABA © Photo : Eric Baudouin

En 1921 naît le premier fils de Pablo Picasso, dénommé Paul et surnommé par tous leurs amis Paulo. Si le travail du peintre est par nature prolifique, le début des années 1920 ne dérogera pas à cette règle, la naissance de leur premier enfant inspirant chez l’artiste la profusion de scènes de maternité et de portraits de l’enfant habités d’une grande douceur. Pour son fils, Pablo Picasso peint des voitures et découpe des animaux, le représente sur son cheval de bois et revêtu de costumes de Pierrot ou d’Arlequin. La mère et l’enfant deviennent aussi des sujets privilégiés de l’artiste, les corps croissent à vue d’œil, Picasso peuple ses toiles de personnages hiératiques évoquant d’antiques figures égyptiennes, à l’instar de Mère et enfant au bord de la mer (1921) où l’on découvre Olga  habillée d’une tunique d’inspiration grecque sur un décor méditerranéen.

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Pablo Picasso, Cirque forain, Décembre 1922 © Succession Picasso, 2017 © RMN-Grand Palais (Musée national Picasso-Paris) / Thierry Le Mage

Cette période voit aussi le retour dans la peinture de Picasso des thèmes du cirque et des saltimbanques, qu’il avait déjà traité quelques années plus tôt pendant sa période rose, et probablement ravivés par l’arrivée de Paul. Picasso s’intéresse surtout à la vie « d’à côté » de la scène, celle, marginale, de l’errance et des femmes se coiffant et allaitant. Picasso transpose sa vie privée dans le registre du théâtre, profondément inspiré par les personnages de la Commedia dell’arte et du monde du cirque.

Néanmoins la représentation de ce bonheur tranquille fait bientôt place à une toute autre réalité, liée à l’apparition de Marie-Thérèse dans la vie de Pablo Picasso. Le peintre entame avec la jeune femme une relation clandestine qui durera pendant de longues années, l’installant pendant ses vacances à proche distance du couple légitime. La figure d’Olga, extrêmement reconnaissable au début de leur relation, devient de moins en moins identifiable à mesure que les tensions s’accroissent dans le couple. De plus en plus distendues, les relations entre les deux époux ne font qu’empirer à partir du milieu des années 1920, tandis que les traits d’Olga se ternissent, jusqu’à n’être plus qu’un fantôme gris.

 

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OLGA PICASSO

21/03/2017 > 03/09/2017

Musée Picasso

PARIS

Née en 1891 à Nijyn, une ville ukrainienne de ce qui est alors l’Empire russe, Olga Khokhlova est fille de colonel. Elle entre dans la p...

Exposition terminée
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