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Sebastião Salgado et les origines du monde, au Fotomuseum de Rotterdam

Agathe Lautréamont 6 juillet 2017

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Genèse (nom féminin) : Production, développement, croissance, début. Tous ces noms communs peuvent, à merveille, résumer le fruit de huit ans de travail réalisé par le photographe et militant écologiste brésilien Sebastião Salgado. Huit longues années à parcourir les régions sauvages et préservées du globe et, à l’aide de son inséparable matériel photo, en rapporter des images d’une beauté puissante, poignante, admirable. Le Nederlands Fotomuseum de Rotterdam propose, depuis le 15 juin dernier, un accrochage d’une grande richesse sur le travail qui a rendu célèbre l’artiste : le projet Genesis.

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Des baobabs dans la baie de Moramba, Magadascar, 2010 © Sebastião Salgado

Le travail photographique de Sebastião Salgado va de pair avec les superlatifs, sans exagération aucune. Mais son magnum opus peut également être celui des oxymores. Ce qui, on va le voir, n’est pas nécessairement antithétique. Le génial brésilien né en 1944 a rapporté de ses aventures des glaciers découpés par la serpe des titans, mais qui fondent irrémédiablement sous le couvercle de chaleur du réchauffement climatique.

Il a saisi au vol des centaines de grands albatros au plumage immaculé, oiseau des extrêmes : il peut se targuer d’avoir la plus grande envergure du règne animal, pouvant aller jusqu’à trois mètres cinquante ! Pourtant, ce fier volatile aux ailes de géant chanté par Baudelaire se raréfie. En pêchant, il s’empêtre dans les filets des chalutiers.

Le photographe a également immortalisé de fiers baobabs poussant sur des îlots reculés à quelques encablures de Madagascar. Ces mêmes petites îles dont les rives sont graduellement mangées par la dramatique montée du niveau des océans, condamnées à être englouties si nous n’agissons pas rapidement.

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Eléphant mâle, Tchad, 2005 © Sebastião Salgado

Contrastes

Trois exemples, trois illustrations éloquentes du fruit d’un travail de huit années mené par un Sebastião Salgado imperturbable, passionné, qui puise sa force de parcourir les régions les plus inaccessibles du globe dans son horreur croissante au sujet de l’état de notre Planète Bleue. Baptisé sobrement Genesis, le regroupement de ces centaines de photos propose un état de notre monde : grâce à des clichés en noir et blanc, aux puissants contrastes, souvent réalisés au grand-angle, l’artiste raconte la beauté de notre Terre.

Les rochers brûlés par le soleil impitoyable de Monument Valley, les icebergs en dentelles de glace au large de la pointe sud du Chili, la faune insaisissable des forêts tropicales… Qu’il choisisse de travailler avec un Pentax de moyen format ou un robuste 5D mark III de chez Canon, Salgado nous offre toujours un spectacle entre ombre et lumière, qui a parfois été comparé aux peintures de Rembrandt van Rijn dans le traitement des contrastes et de la luminosité.

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Patte d’iguane marin, Galapagos, 2004 © Sebastião Salgado

Technique

Si l’artiste brésilien a longtemps travaillé avec un boîtier argentique de chez Leica (notamment du temps où il faisait partie de l’agence Magnum), il est passé au numérique pour les besoins d’une partie des photographies de Genesis… sans pour autant abandonner ce fameux « bruit » qu’il aime tant sur ses clichés ! Pas de grain argentique dans le numérique ? Pas de problème !

Il suffit de le rajouter en post-production à l’aide d’un logiciel (DxO Filmpack, pour ne pas le nommer). Et lorsque, de temps à autres, il réalise quelques incursions en argentique pour Genesis, il passe alors par le stand development (un procédé où le film est laissé longtemps dans le bain de développement, donnant ainsi ces forts contrastes et ces blancs lumineux qui font la « patte » de Salgado).

Mais laissons donc de côté le jargon technique, car là n’est pas l’important. D’ailleurs, Sebastião Salgado ne s’étend que peu souvent sur les moyens, préférant épiloguer sur la fin : donner à voir au grand public des espaces rarement explorés, où hommes et nature parviennent encore à coexister en parfaite harmonie.

Sea Lions at Puerto Egas in James Bay, The Galapagos from Genesis, 2004

Lions de mer à James Bay, Galapagos, 2004 © Sebastião Salgado

Dangers

Mais ces havres de paix se réduisent comme peau de chagrin, la mondialisation et le développement économique grignote inlassablement ces derniers espaces préservés, où évoluent des peuples qui ne demandent rien d’autre qu’on les laisse vivre selon leurs traditions ancestrales et leurs valeurs qui devraient nous inspirer davantage.

Ethnologue, Sebastião Salgado ? Géographe, peut-être ? Ni l’un, ni l’autre. Si on lui posait la question, probablement se définirait-il comme un fervent défenseur de notre merveilleuse planète, que l’on malmène pourtant savamment, aveuglément. Mais plutôt que de montrer la laideur des affronts humains faits à Mère Nature (ce qui le rapprocherait d’un travail photo-journalistique), l’artiste brésilien a opté pour la beauté, pure, inexplorée, inviolée, sensible.

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Iceberg dans la mer de Weddell, Antarctique, 2005 © Sebastião Salgado

Agir

Celle de la patte d’un iguane des Galapagos recouverte d’une armure d’indénombrables et minuscules écailles. Celle du regard brillant d’un enfant évoluant parmi les frondaisons impénétrables de l’Amazonie. Celle encore, de la nageoire caudale d’une grande baleine bleue évoluant, aussi placide que puissante, au large du Pérou. Et nous autres, petits humains face à l’immensité de la Nature, nous sortons songeurs de cette exposition riche de plus de deux cents images : que pouvons-nous faire, que devons-nous faire, afin de préserver notre monde en danger critique ? Agir, enfin.

 

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