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Paysages : l’estampe japonaise en grâce au musée Guimet

Agathe Lautréamont 20 juin 2017

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Attention, grand et gros coup de cœur de la rédaction ! Du 21 juin au 2 octobre 2017, le musée Guimet programme dans sa salle de la rotonde une merveilleuse exposition temporaire, consacrée au thème du paysage dans l’estampe japonaise, du XVIIIe siècle finissant au XXe siècle. Via une superbe sélection d’une centaine d’œuvres, estampes et photographies, l’institution parisienne consacrée aux arts asiatiques nous propose un poème d’exposition, où l’on baigne dans le monde flottant, où l’on admire la brume entourant le Mont Fuji et dont on se surprend à ne plus vouloir sortir… Découverte.

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Katsushika Hokusai, Sous la grande vague au large de la côte de Kanagawa, 1831-1832 © RMN – Guimet

Bien évidemment, elle est là. Au moment où nous avons pu visiter l’exposition du musée Guimet, elle était encore masquée, comme timide, sous un fin drap foncé qu’il convient de soulever délicatement pour la révéler à nos yeux avides de ses détails infinis.

La grande vague au large de la côte de Kanagawa, issue de la légendaire série dite des « Trente-six vues du Mont Fuji » par le maître de l’estampe japonaise Katsushika Hokusai, éclatante dans ses pigments de bleu de Berlin, fière par ce mouvement spectaculaire figé pour l’éternité. Elle nous emporte dans ce rugissement que l’on croit entendre, nous partons à la dérive comme les frêles pêcheurs pris au piège sous le mur d’eau en forme de griffes effrayantes…

Mais bien sûr, cette œuvre mythique ne doit pas éclipser l’ensemble du brillant parcours offert par l’institution parisienne jusqu’au début du mois d’octobre prochain. Nous y avons passé un long, très long moment, à admirer le lyrisme émouvant de chaque œuvre, de la simple représentation d’un vol lointain d’oies sauvages en passant par une pluie diluvienne s’abattant sur de frêles silhouettes tentant vainement de s’abriter des colères du ciel.

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Kawase Hasui, Neige sur le temple Zōjō-ji, 1953 © RMN – Guimet

Ode à la nature

Cette centaine d’œuvres, estampes de grands maîtres (Hokusai, Hiroshige, Hasui…) et photographies d’époque, illustrent la richesse du paysage japonais mais aussi sa conception bien particulière par les artistes qui le choisirent comme sujet principal de leur œuvre. Certains artistes en limitent sa représentation à quelques détails saisis du bout du pinceau : un oiseau chantant perché sur une tige de bambou, par exemple.

D’autres au contraire, depuis le sommet d’une colline, embrassent de leur admiration un vaste panorama enneigé, où dominent fleuve, butte et montagne, tandis que les frêles habitations humaines disent la fragilité de l’existence et l’impermanence des réalisations de l’homme face à la puissance de la Nature; elle-même déjà peuplée par d’indénombrables kami, ces divinités japonaises qui habitent absolument tout.

Ainsi, Utagawa Hiroshige a-t-il happé notre regard avec sa subtile Vue d’Otsu, issue de la série « Cinquante-trois relais du Tokaido ». Deux arbres graciles, grelotant sans leur feuillage tombé depuis maintenant plusieurs mois, encadrent un paysage figé par le froid et le givre.

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Utagawa Hiroshige, Cerisiers en fleur à Yoshino, 1859-1860 © RMN – Guimet

En suspension

Au centre de cette composition harmonieusement équilibrée, où domine le blanc pur, deux formes humaines se perdent dans le blanc manteau de la neige, elles-mêmes recouvertes de vêtements de cette même couleur. Ils semblent avancer péniblement dans la poudreuse, et nous nous attendons presque à les voir disparaître une fois la petite colline redescendue et nous leur souhaitons une bonne fin de voyage jusqu’à ce village que l’on devine en arrière-plan.

C’est probablement là toute la magie des maîtres de l’estampe japonaise, jusqu’à la première moitié du XXe siècle : nous emporter dans un monde non pas figé, mais flottant (signification du terme japonais ukiyo-e), où l’impermanence paraît n’être qu’illusion, où un pétale de fleur de cerisier nous inspire pour la composition de longs vers, où un soleil rouge et radieux se lève sans nous éblouir, mais nous réchauffe le cœur.

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Katsushika Hokusai, Kajikazawa dans la province de Kai, 1831-1832 © RMN – Guimet

Il ressort de ces vues une harmonie pérenne entre les beautés de la nature et l’Humain qui, pourtant, a su s’éclipser d’une grande part de ces superbes estampes issues du riche fonds du musée Guimet. Et si sa forme presque imperceptible se retrouve enfin au bord d’une rivière ou assis aux abords d’un petit temple de montagne, une question demeure : est-ce bien là un paysage qui se trouve effectivement quelque part au Japon, où une simple vision idéalisée sortie de l’imaginaire de l’artiste ? Parfois, il faut savoir laisser les questions en suspens…

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Exposition terminée
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