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Photographie : l’espoir renaît toujours, au Centre Culturel Canadien

Agathe Lautréamont 19 juin 2017

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Jusqu’au 8 septembre prochain, le Centre Culturel Canadien propose un bouleversant parcours de photographie contemporaine. L’artiste Dianne Bos a décidé de travailler pendant de longs mois sur les champs de bataille de la Première Guerre Mondiale, dans l’est de la France ainsi qu’en Belgique. Le résultat de cette exploration est l’exposition en cours, « The Sleeping Green ». Aujourd’hui, attardons-nous sur un élément qui revient fréquemment dans les clichés de la photographe : le coquelicot.

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Pleogsteert, Belgique, 2014 © Dianne Bos – Centre Culturel Canadien

L’exposition en cours au Centre Culturel Canadien, « Dianne Bos : The Sleeping Green » est une véritable évocation enchantée d’un passé pourtant rougi du sang de millions d’hommes, de femmes et d’animaux tombés au champ d’honneur. À l’aide de photographies réalisées via des boîtiers généralement très anciens (dont une chambre noire), Dianne Bos exploite toute la force esthétique du format carré pour parler, poétiquement, de cette guerre qui fit débuter le XXe siècle sous l’égide de l’horreur.

Aberration chromatique, flou de bougé, flare et autres décolorations partielles ne doivent pas ici être considérées comme des erreurs techniques de la part d’un photographe débutant maîtrisant encore mal son appareil photo. Dianne Bos a volontairement choisi de mettre en scène les failles de ses anciens boîtiers de sorte à en faire surgir un lyrisme étonnant : utiliser des faiblesses pour mieux parler du chagrin, de l’horreur de la guerre, de la perte, mais aussi et surtout de l’espoir qui pourtant, renaît toujours.

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Pleogsteert, Belgique, 2014 © Dianne Bos – Centre Culturel Canadien

Et cet espoir justement, il est présent absolument partout dans l’exposition « The Sleeping Green », sous-titré par le Centre Culturel Canadien « Un no man’s land cent ans après ». Encore faut-il avoir en tête un code culturel typique des pays du Commonwealth pour pouvoir le déceler et comprendre le message. Ouvrez l’œil dans l’exposition temporaire, vous verrez alors d’indénombrables taches écarlates, brillantes ou sourdes, fanées ou éclatantes. Ce sont des coquelicots, qui constellent de pourpre les photographies de Dianne Bos.

Le coquelicot rouge, au Canada comme au Royaume-Uni, est devenu un symbole parfaitement éloquent de la question du souvenir. Ce symbole familier de nombreux pays anglophones (où il est appelé « poppy ») puise ses racines dans les écrits du poète et soldat canadien John McCrae. Son poème le plus connu, « Au champ d’honneur », lui fut inspiré par les indénombrables coquelicots qui croissaient, insensibles au chaos ambiant, le long du front occidental du Premier Conflit Mondial.

La première strophe débute en effet par ces vers : « Au champ d’honneur les coquelicots/ Sont parsemés de lot en lot/près des croix.. » En toute logique, cette fleur sauvage est devenue un emblème idéal pour ceux tombés au cours de « La der des der ». Cette plante avait une capacité effarante à envahir les fosses laissées par les batailles, les puits creusés par les obus, ou simplement les tranchées. De la beauté jaillissait de la boue imbibée de sang et de larmes.

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Pleogsteert, Belgique, 2014 © Dianne Bos – Centre Culturel Canadien

Cette herbacée annuelle abonde dans les terrains fraîchement remués à partir du printemps. Or, suite aux incessants tirs d’obus dans l’est de la France et dans les Flandres, le sol labouré par l’horreur offrait un terrain de prolifération idéal pour le coquelicot, formant des tapis colorés visibles de très loin. Le coquelicot, par ses caractéristiques, paraît une incarnation de la guerre.

Il symbolise l’espoir qui peut renaître, pousser, grandir, malgré les pires horreurs. Sa teinte écarlate renvoie bien sûr au sang versé par toutes et tous au long de ces quatre longues années de conflit. Enfin, une fois cueillie, la fleur ne met que quelques secondes à perdre ses pétales, comme si elle ne supportait pas d’être arrachée une seconde de plus à sa terre nourricière. Cette chute de la beauté incarne l’impermanence de la vie, la fragilité des destins.

 

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DIANNE BOS "THE SLEEPING GREEN."

03/04/2017 > 08/09/2017

Centre culturel canadien

PARIS

Dianne Bos a emprunté le titre de cette exposition au célèbre poème Break of Day in the Trenches d’Isaac Rosenberg, poète et soldat d...

Exposition terminée
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