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Antoine Raspal, pour l’amour des belles provençales

Agathe Lautréamont 8 juin 2017

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Évoquer le seul nom de la ville de Grasse, dans le sud de la France, suffit à éveiller en nous des sensations délicieuses : les odeurs de rose, les champs de camélia et bien sûr, le célèbre peintre rococo Jean-Honoré Fragonard. Mais pas seulement ! Car jusqu’au 17 septembre prochain, la ville du parfum dédie un parcours plein de surprises à un artiste qui gagne à sortir de l’ombre : Antoine Raspal (1738-1811). Artiste fasciné par l’élégance des femmes de sa région natale, il consacra une grande partie de son œuvre à honorer le costume arlésien. Découverte.

Portrait d'une Arlésienne aux oeillets

Antoine Raspal, Portrait d’une arlésienne aux oeillets © Musée Grobet Labadié

En poussant les portes du Musée Jean-Honoré Fragonard, une belle surprise nous attend. Nous sommes en effet conviés à faire la connaissance d’un peintre du sud de la France, actif au long de la seconde moitié du XVIIIe siècle : Antoine Raspal. Né en 1738 à Arles et mort dans la même ville en 1811, l’artiste réaliste est encore entouré de quelques mystères, même si le travail exceptionnel du commissaire d’exposition et historien de l’art Clément Trouche nous lève un coin de ce voile nimbant encore la carrière de l’artiste arlésien mis en avant pendant toute la période estivale en plein cœur de la cité du parfum, Grasse.

Si le nom de Raspal n’est pas très connu du grand public, les amoureux de textile et de costume traditionnel, eux, sont familiers de ce personnage de l’Histoire de l’art français. Car pour peu que l’on se prend de passion pour l’évolution du costume provençal au fil des siècles, il convient alors de se tourner vers les toiles de cet artiste du sud de la France pour en apprendre beaucoup, voire bien plus que l’on oserait l’imaginer. Nous sommes donc là face à un véritable événement muséal : la dernière rétrospective d’envergure consacrée à Raspal remonte à 1977. Autant dire que nous attendions avec impatience de découvrir ce parcours.

La famille du Peintre

Antoine Raspal, Le peintre et sa famille © Musée Réattu, Arles

La première salle nous introduit au peintre, en tant que personne, mais aussi à sa famille. Face à nous trône l’émouvant portrait familial. Antoine Raspal s’y représente, accompagné de ses deux sœurs et de sa mère. D’emblée on décèle son amour du costume, des femmes, de l’élégance, de la féminité. Corps souples en délicat tissu rose et turquoise, châles en mousseline brodée noués par d’élégantes fleurs juste en-dessous de la poitrine, coiffe d’une légèreté exquise, imprimés floraux qui célèbrent la nature mais aussi l’impermanence de la beauté…

Lorsqu’il lui incombe de représenter des tenues traditionnelles arlésiennes, Antoine Raspal touche au génie. Il réalisé ainsi au cours de sa carrière plusieurs portraits de femmes en format ovale, où les demoiselles peuvent être admirées jusqu’à la ceinture. Avec un soin incroyable et une minutie presque microscopique, Raspal représente absolument tous les détails des robes de ces dames : variétés de fleurs, volutes de broderies, points de dentelle, reflets de la soie, lignes du tissage, lourds plis de tabliers, jupes bouffantes et fluides à la fois…

Il ne serait pas exagéré de parler de précision d’orfèvre, tandis que l’on se rend compte que, devant tous ces portraits où les femmes prennent la pose dans une même attitude, sous une même lumière, nous nous trouvons probablement là devant les prémices de ce qu’allaient devenir nos catalogues de mode.

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Antoine Raspal, L’atelier de couture, vers 1780 © Musée Réattu, Arles

Mais la pièce maîtresse du parcours, à n’en point douter, demeure l’œuvre intitulée L’atelier de couture, probablement exécutée aux alentours de 1780. Ne nous laissons pas abuser par ses dimensions somme toute modestes, il nous faudrait de longues heures pour en décrypter en effet toutes les subtilités. Sur ce tableau où règne une grande intimité, on découvre les deux sœurs d’Antoine Raspal, couturières de leur état et gérantes de leur propre atelier, privilège rare pour la fin du XVIIIe siècle.

L’une, assise près de la fenêtre, donne des directives à ses quatre employées (appelées « cousettes » dans le jargon du métier) tandis que l’autre sœur Raspal tient dans ses mains une sublime jupe écarlate rehaussée de motifs orangés. La jeune femme s’apprête probablement à apporter cette pièce de vêtement à une (très) riche cliente, invisible derrière le paravent qui occuper la partie droite du fond de la composition.

Nous comprenons donc parfaitement ce face à quoi nous nous trouvons : un atelier de couture prospère, plein d’étoffes coûteuses, baigné d’une lumière chaude qui n’aurait rien à envier aux compositions de Johannes Vermeer. L’œuvre est une brillante illustration de maîtrise technique, ainsi qu’une déclaration d’amour à ce gynécée secret, où l’on croit entendre les murmures des femmes affairées à leur travail de précision et de sensibilité.

 

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