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Collection Horvitz : un goût exquis pour le dessin du XVIIIe

Laura Bourdon 6 juin 2017

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De l’époque de la Régence à la Révolution, la collection constituée par l’américain J. Horvitz lève le voile sur un pan entier de la mémoire du dessin français, au XVIIIe siècle. De Watteau à Boucher, de Fragonard à David, près de 200 feuilles en parfait état de conservation ont été rassemblées, un choix rigoureux parmi la collection de 1 800 œuvres de J. Horvitz. Jusqu’au 9 juillet prochain, l’exposition accueillie par le Petit Palais nous offre à voir de somptueuses feuilles signant leur retour, pour quelques mois, au sein de la ville où elles ont été créées.

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François Boucher, Le Repos des fermiers, vers 1732 – 1733

La collection constituée par l’américain J. Horvitz est absolument fascinante. Nourrie depuis trois décennies, c’est en réponse à sa quête passionnée pour le dessin que J. Horvitz a rassemblé dans une collection aujourd’hui inégalée outre-Atlantique, près de 1 800 œuvres (incluant une infime partie de sculptures et de peintures). Tous les grands maîtres du siècle des Lumières y sont rassemblés, mais l’exposition est aussi l’opportunité de souligner le travail d’autres artistes, moins connus, dont la finesse et la précision du trait sont tout aussi éblouissants.

Dans le cadre de la saison culturelle dédiée au XVIIIe siècle, organisée par le Petit Palais, l’exposition des chefs-d’œuvre de la collection Horvitz est un véritable événement, permettant au public parisien de (re)découvrir de somptueuses feuilles au sein de la ville où elles ont été créées. L’occasion de nous centrer aujourd’hui sur le travail de François Boucher (1703-1770), et sur son œuvre Femme nue allongée, réalisée vers 1745.

Maître particulièrement prolifique, François Boucher a abordé tous les genres : peinture religieuse, sujets mythologiques, érotiques et allégories décoratives, entre autres pour le théâtre et l’Opéra. Il s’engage très tôt dans la voie artistique, nourri par le peintre François Lemoyne auprès de qui il étudie à l’âge de dix-sept ans, avant de s’établir à Rome quelques années durant. A son retour à Paris, François Boucher débute une carrière fulgurante. Agréé à l’Académie royale de peinture au début des années 1730, il devint rapidement le peintre mondain, portraitiste des femmes à la mode, si bien que la marquise de Pompadour fera de lui son favori.

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François Boucher, Femme nue allongée, vers 1740 © The Horvitz Collection – Photo : M. Gould

Il puise son inspiration dans l’univers poétique de la mythologie d’Ovide et des scènes pastorales, et les scènes rustiques constituent une part importante de la production du jeune Boucher. Il trouve son propre style à partir des années 1936, devenant rapidement en peinture le maître incontesté du style rocaille, par ses représentations idylliques et voluptueuses de thèmes classiques. Peintre précieux et sensuel, sa prédilection pour les nus féminins lui valut de son vivant le surnom de « peintre des Grâces ».

Boucher est en effet célèbre pour ses nus féminins allongés de manière suggestive, à l’instar de Femme nue allongée que l’artiste réalise vers 1745, au moyen d’une combinaison habile de trois crayons. A cette époque, Boucher reprenait et transformait ses études de nus à la sanguine d’après modèle vivant, et produisait des tableaux tel que le célèbre Odalisque brune, aujourd’hui conservée au musée du Louvre. Cependant, Femme nue allongée est à considérer de manière indépendante d’Odalisque brune, dans la mesure où la peinture dévoile une femme drapée, contrairement au dessin où la femme est intégralement nue.

Chef-d’œuvre de raffinement, Femme nue allongée est l’un des premiers exemples de « dessins finis » réalisés par Boucher, que l’artiste exposera au Salon. Pratiquement dix ans plus tard, le directeur des Bâtiments du roi et frère de madame de Pompadour lui commanda un nu féminin, destiné à la décoration d’un cabinet orné uniquement de nudités. François Boucher laissa derrière lui une œuvre conséquente, constituée de près de 10 000 dessins.

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DE WATTEAU À DAVID, LA COLLECTION HORVITZ

21/03/2017 > 09/07/2017

Petit Palais

PARIS

Cette saison, le Petit Palais consacre deux expositions à l'art du XVIIIe siècle : Le baroque des Lumières, chefs-d’œuvre des églises...

Exposition terminée
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