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Joaquin Ferrer à la Maison de l’Amérique Latine : abstraction, sourire aux lèvres

Jéremy Billault 31 mai 2017

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Cet été, jusqu’au 9 septembre prochain, la Maison de l’Amérique Latine nous présente l’oeuvre d’un artiste au style unique et à l’abstraction savoureuse : Joaquin Ferrer. Près de cinquante ans après sa première exposition parisienne, le peintre cubain est de retour à travers une rétrospective émouvante qui retrace toute une vie de pérégrinations et de tentatives esthétiques. Un immense coup de cœur de la rédaction, qui plus est en entrée libre !

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Joaquin Ferrer, Crépuscule, 2013

C’était il y a un peu moins de cinquante ans. Alors que Paris traverse une période particulièrement mouvementée, alors que la plage commence à se faire sentir sous les pavés, un jeune peintre cubain s’expose pour la première fois, en plein quartier latin.

En ce mois de mai 68, plusieurs regards pleins de finesse sont pourtant fascinés par ce jeune homme de La Havanne qui, déjà, avait impressionné l’immense Max Ernst avec quelques œuvres de jeunesse. Quarante-neuf ans plus tard, après une vie entière consacrée à la peinture, loin des mondanités, loin du milieu, Joaquin Ferrer est de retour à Paris, toujours aussi facétieux.

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Joaquin Ferrer, Le vide et la puissance, 1959

Nous devons ce grand retour (et pour certain cette belle découverte) à la Maison de l’Amérique Latine et plus particulièrement à Serge Fauchereau, commissaire passionnant et passionné qui, pour les besoins de la rétrospective, n’a pas hésité à piocher dans les cartons du peintre afin de dénicher des œuvres de jeunesse a priori anodines qui se révéleront ô combien significatives.

Le parcours chronologique imaginé par Serge Fauchereau nous présente avec délicatesse ce qu’est le style de Joaquin Ferrer : une abstraction douce, sensuelle, espiègle, qui n’hésite pas à jouer avec les codes de la perception, conduisant l’œil trompé dans les méandres de son esprits, géométrie réinventée. Paris oblige, les toiles de mai 68 ouvrent l’exposition, mais les recoins dont bénéficie le magnifique espace de la Maison de l’Amérique Latine permettent une exploration plus personnelle de la chronologie de l’artiste.

Des dessins modestes, des tentatives éphémères, des formats curieux : sont exposées toutes sortes d’œuvres auxquelles l’artiste lui-même ne prêtait plus attention et qui pourtant, dans la logique de la rétrospective, s’inscrivent dans un rapport direct à l’évolution de son art.

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Joaquin Ferrer, Fleur carnivore, 2016

Dans un petit couloir, les deux murs qui se font face arborent chacun des œuvres qu’un demi-siècle sépare. Il y a là les deux seuls portraits de l’exposition, des inspirations géométriques devenues abstraites qui, déjà, portent en elles cette abstraction gorgée de réel si chère à Joaquin Ferrer et d’autres merveilles tout à fait singulières.

Incrédule (dans le meilleur des cas), Ferrer fut le premier surpris. Surpris de voir à quel point tout est là, tout était déjà là, de voir comment le regard passionné de Serge Fauchereau (qui est allé jusque dans les cartons de l’artiste pour retrouver certaines œuvres finalement exposées) est parvenu à retransmettre ce qu’il y a de plus pur dans son art, ce qu’il y a d’intime, de personnel et d’original.

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Joaquin Ferrer, L’axe du temps, 1960

Quarante-neuf ans après sa première conquête de Paris, Joaquin Ferrer est donc revenu, histoire de marquer une seconde fois les esprits, de marquer de nouvelles générations d’amateurs d’art, d’activer de nouvelles sensibilités. Chaque moment de sa carrière picturale, chaque aspect de ses recherches esthétiques, explorent différemment les formes et les couleurs, parfois en jouant avec grâce, avec un sourire qu’on devine derrière la courbe qui taquine le papier géométrique, parfois à travers une mélancolie douce ou avec un trait contemporain derrière lequel on reconnaît immédiatement le jeune peintre de l’époque.

Évoluant, Ferrer n’a pas changé, son style s’affirme, sa technique nous touche différemment, l’ensemble de son oeuvre est un régal pour l’œil, comme pour l’esprit. Intense, subtile, drôle et positif, Joaquin Ferrer nous fait du bien, il nous plonge dans un univers de formes charmeuses et de couleurs douces, sans violence aucune, abstraction positive. Le peintre découvre le sourire au lèvre l’accrochage de son oeuvre de sa vie…. Sourire partagé.

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