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Pierre Paul Rubens et le Jugement de Pâris

Agathe Lautréamont 30 mai 2017

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Le 30 mai 1640, disparaissait l’artiste baroque Pierre Paul Rubens, au sommet de sa gloire. Né en 1577 à Siegen, en Westphalie, Rubens fut placé en apprentissage dès l’âge de quatorze ans dans plusieurs ateliers de peintres flamands avant de devenir maître indépendant en 1598. Après une période de formation de deux ans en Italie, il revint à Anvers où il ne tarda pas à connaître gloire, célébrité… et carnet de commandes rempli ! À l’occasion de l’anniversaire de la mort de ce grand peintre flamand, décryptons une œuvre célèbre du maître : Le Jugement de Pâris

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Pierre Paul Rubens, Le Jugement de Pâris, 1636

Palette chaude et chamarrée, couleurs éclatantes, corps féminins aux rondeurs voluptueuses et avenantes, sujets mythologiques indéboulonnables… Pas de doute ! Nous sommes bel et bien dans le mouvement pictural si reconnaissable du Baroque, ce vecteur artistique de la Contre-Réforme né en Italie à la toute fin du XVIe siècle. Le registre ne tarda cependant pas à s’étendre au reste de l’Europe, jusqu’aux alentours de 1760.

Le Jugement de Pâris se révèle un exemple flamboyant de ce registre Baroque, avec son sens de la théâtralité, ses mises en scène où fêtes et joies dominent les compositions, mais également avec sa célébration de la sensualité. Courbes, visages, mouvements amples… Rubens insuffle une vie étonnante dans ses huiles sur toile.

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Pierre Paul Rubens, Autoportrait, vers 1623

Alors notre regard balaie la composition du peintre du XVIIe siècle et un ordre bien précis se met d’emblée en place. Deux espaces distincts de dessinent, celui consacré aux femmes, sur la gauche, tandis que la gent masculine est reléguée à la droite de la composition. Le gynécée fait face, dans toute la splendeur de sa nudité, au monde puissant et défensif des hommes.

Pâris, que l’on reconnaît à son bâton de pâtre et sa pomme d’or (donnée par Éris, déesse de la Discorde) tend pourtant à se diriger vers les délicates dames qui lui font face. Qui sont-elles, ces déesses qui présentent la perfection de leur nudité à cet innocent berger ? Nous sommes là face à Athéna, déesse stratège et guerrière, Héra, épouse de Zeus et protectrice des épousées et enfin, la plus belle mais aussi la plus dangereuse, Aphrodite.

Cette dernière, lors du Jugement de Pâris, se révèlera la plus intelligente afin de recevoir ce précieux cadeau qu’est cette pomme d’or sur laquelle il est inscrit « À la plus belle ». Elle ne promet ni gloire, ni puissance, ni richesse à ce jeune homme d’une beauté troublante. Non, Aphrodite s’engage à offrir à Pâris l’épouse de Ménélas, Hélène, plus belle femme du monde, quitte à ce que cette union déclenche le conflit que l’on connaît : la Guerre de Troie.

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Pierre Paul Rubens, L’Enlèvement des filles de Leucippe, vers 1617

Pourtant, rien dans cette toile de Pierre Paul Rubens n’annonce le drame du conflit de dix années qui suivra la fuite d’Hélène et Pâris en direction des murs réputés imprenables de Troie. Sur cette huile sur toile, éclate la joie et la chaleur : brun, beige, doré, orange, pourpre… La lumière nimbe les teints clairs des belles déesses tandis que Pâris et Hermès laissent entrevoir leur puissante musculation.

Les courbes des corps des femmes nouent un lien de sensualité, d’attirance et de fascination vers les deux hommes, dieu et mortel, mais tous deux ne pouvant résister au charme de ces créatures descendues de l’Olympe. Pourtant, le drame arrive, irrémédiablement. Il faut connaître bien sûr le mythe pour percevoir cette menace en train de sourdre ce qui dote une dimension bien plus dramatique à la scène, pourtant légère, qui se déroule sous nos yeux.

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