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Dossier: Jamaica Jamaica, l’histoire d’un peuple émancipé par la musique

Jéremy Billault 30 mai 2017

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Cet été, la Philharmonie consacre une vaste exposition à un pays dont l’Histoire est intimement liée à la culture : la Jamaïque. Des chants de la rébellion au temps de l’esclavage au reggae de Bob Marley en passant par le mento et le ska, immersion dans une Histoire fascinante, toute en musique. Un dossier en deux parties à lire avec les yeux et à entendre avec les oreilles ! 

Quel bonheur, quel plaisir, quelle joie que de partager ici avec vous un tel moment. Alors qu’à chaque nouvelle exposition, la Philharmonie de Paris rivalise d’ingéniosité pour proposer une expérience complète, historique, esthétique, scientifique et musicale, nous sommes absolument ravis qu’elle ait décidé de s’attaquer à un sujet jusqu’alors jamais présenté au sein d’une grande exposition en Europe : la culture jamaïcaine.

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Le chanteur Nitty Gritty dans la cour de King Jammy, en 1985

Intimement liée à son passé difficile marqué par l’esclavage, source d’inspiration et d’émancipation, la musique englobe depuis plus d’un siècle toute l’Histoire de la Jamaïque : elle découle de ses nouveaux besoins, de ses nouvelles considérations au point d’être le cœur d’une véritable renaissance culturelle et sociale. C’est ce que parvient à nous transmettre ce bijou d’exposition, plongé à grands coups de riddims éminemment poétiques au cœur du berceau de tout un pan de notre culture contemporaine.

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Une fresque de Danny Coxson à Kingston

Grâce à un dispositif extrêmement travaillé, avant, pendant et autour de l’exposition, la Philharmonie nous immerge pleinement au cœur de cette Histoire passionnante : une radio, 24/7 (que vous entendez en ce moment-même), une atmosphère musicale rythmée à contre-temps au sein de l’espace d’exposition et, la grande idée, des casques prêtés aux visiteurs que l’on plug un peu partout, histoire de saisir totalement la petite histoire dont nous parle telle ou telle section, donc la grande Histoire.

Ce dispositif extrêmement didactique permet au visiteur de découvrir ou redécouvrir cette histoire-là : en regardant les photos d’époque on écoute un morceau qui leur correspondent tout en visionnant et en lisant les nombreux témoignages de ceux qui ont fait et font encore l’énergie de la Jamaïque, énergie unique au monde dans son rapport à la culture. Beaucoup d’images, de sons, de personnages phares et de moments clés que la Philharmonie présente de manière efficace, pour convaincre les novices et prêcher les convertis !

400 years

Occupée par l’Espagne après l’arrivée de Christophe Colomb, conquise par les anglais en 1655, la Jamaïque est pendant plusieurs siècles l’un des points centraux de la traite négrière. Mais cette longévité ne doit rien à la résignation : depuis son arrivée, l’Angleterre doit faire face à un vent de révolte permanent qui, peu à peu, ancrera la résistance au plus profond de cette nouvelle société des opprimés qui se rassembleront autour de cultes religieux et de pratiques mystiques, inspirées par le christianisme et par un grand nombre d’influences africaines. Nous sommes là aux origines de la culture jamaïcaine : des chants, des danses, des rythmes, un esprit assoiffé d’émancipation et de fierté, une joie empreinte de mélancolie, une légèreté qui porte en elle le poids de la brutalité d’un passé d’esclavagisme qui laissera dans les consciences une marque indélébile.

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Pochette d’album © DR

Au XIXème siècle, alors que l’esclavage est aboli en 1838, la première identité musicale jamaïcaine fleurit : cousin plutôt proche du calypso voisin de Trinidad et Tobago, le mento jamaïcain est l’un des plus anciens témoins de la diversité des inspirations qui feront le sel de la culture locale. Parfois religieux, parfois très osé, issu des chants et danses populaires locales ou des pratiques occidentales, le mento est l’idée brute de ce qui se développera plus tard.

Sister Ignatius

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Panneau de bois de la salle de musique de lʼAlpha Boys School, 1962

Mais c’est à l’indépendance de la Jamaïque, en 1962, que son digne héritier donnera naissance à la culture qui nous intéresse aujourd’hui. Cet héritier, c’est le ska, celui qui, techniquement, esthétiquement, rythmiquement influencera la société jamaïcaine dans tous les domaines, du quotidien le plus prosaïque aux aspirations les plus mystiques en passant par les intrigues politiques.

L’exposition a choisi de présenter The Skatalites, l’un des représentant les plus emblématiques de ce mouvement musical qui trouvera des échos aux quatre coins du monde (notamment en Angleterre), à travers photos et instruments originaux, mais aussi à travers leur histoire si particulière (histoire qu’ils partageront avec un nombre impressionnant de grands noms du ska et du reggae). Cette histoire, c’est celle de l’Alpha Boys School (Kingston) et plus particulièrement celle de Sister Ignatius.

Nonne mélomane au cœur d’un établissement religieux à l’éducation stricte créé par l’ordre catholique des Sœurs de la Miséricorde, Sister Ignatius est un personnage majeur dans l’histoire de la culture jamaïcaine. Dans les années 50, cette religieuse avait pour habitude de réunir les enfants de l’établissement autour de ces morceaux favoris :  deejay avant l’heure, elle transmettait ses coups de cœurs à ses ouailles (et à nous aussi par la reconstitution d’une sorte de juke-box). Cette sœur-là fera naître quelques vocations parmi lesquelles, en seulement quelques années : les trois membres du trio légendaire Israel Vibration, le saxophoniste Cedric Brooks, le percussionniste hyperactif Leroy « Horsemouth » Wallace, l’attachant Leroy Smart et, on y vient, les quatre membres des Skatalites.

Studios

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Lee « Scratch » Perry dans son studio

Porteurs d’un message positif, d’une vivacité unique née du métissage d’influences toujours aussi variées, les quatre jeunes de l’Alpha Boys School seront les premiers hérauts de la culture jamaïcaine dans le monde entier. Ainsi le genre se développe dans les années 60, période à laquelle se répandent les premiers studios d’enregistrement jamaïcains, studio qui deviendront temples de la création, qui deviendront légendes.

La Philharmonie nous offre l’occasion en or de nous replonger dans plusieurs d’entre eux parmi lesquels un studio d’autant plus légendaire qu’il a disparu dans des circonstances encore floues : le studio Black Ark de Lee « Scratch Perry ». Producteur illuminé, bricoleur de génie, Lee Perry s’occupera, entre autres, des voix mystiques des Congos ou encore du groupe The Wailers dans lequel figure un certain… Bob Marley. Religion, succès, politique et évolutions, Bob Marley sera le point de départ du second volet de notre petit dossier autour de cette exposition fascinante dont on évoquera également plus en détail les merveilles de scénographies. Stay tuned !

 

JAMAICA JAMAICA !

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Philharmonie - Cité de la Musique / Musée de la musique

PARIS

Trop souvent réduite à la légende Bob Marley, la musique jamaïcaine et ses audacieuses inventions bricolées dans les ghettos de Kingsto...

Exposition terminée
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