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Medusa : une histoire de bijoux au Musée d’Art Moderne de Paris

Agathe Lautréamont 19 mai 2017

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À compter du 19 mai prochain et jusqu’au 5 novembre 2017, le Musée d’Art Moderne de Paris occupe un terrain sur lequel on ne l’attendait pas véritablement, mais qui se révèle néanmoins une bonne surprise : celui du bijou. Celui-ci n’est en effet pas une œuvre d’art au sens où on l’entend traditionnellement et pourtant, il se rapproche de la sculpture et demeure une forme de création artistique. Ambigu, sujet de bien des mythes et autres clichés, le bijou se trouve donc exploré par le MaM, dans une exposition absolument foisonnante où se côtoient pas moins de quatre cent pièces, toutes plus surprenantes les unes que les autres.  

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Photographie © Agathe Lautréamont, 2017

Leonor Antunes, René Lalique, Louise Bourgeois, César, Man Ray… Tous ces grands noms de la création moderne et contemporaine partagent quelque chose de véritablement inattendu : toutes et tous se sont frottés à l’univers du bijou, que ce soit le temps d’une création unique, à l’occasion d’une commande spécifique ou pour en faire le métier d’une vie.

Ces parcours différents, ces sensibilités uniques, ces approches diverses, le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris a décidé de les rapprocher, de les confronter, de les lier le temps d’une exposition temporaire au titre étonnant : « Medusa, Bijoux et Tabou ».

À la lecture de ce titre, on songe bien sûr à la créature issue de la mythologie grecque Méduse, une des trois Gorgone dont le regard était capable de pétrifier quiconque le croisait. Or, rien de plus difficile de ne pas regarder ces yeux qui pourraient causer irrémédiablement notre perte. Fascination donc, mais également répulsion.

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Photographie © Agathe Lautréamont, 2017

L’art des contraires

Et c’est là tout l’enjeu de ce parcours temporaire d’une incroyable richesse (plus de quatre cent pièces ont été réunis pour mener à bien ce parcours) : ouvrir une nouvelle piste d’exploration au sujet de l’histoire du bijou. En faisant appel à des créateurs aussi diverses que de grandes maisons de joailleries (Boucheron, Cartier et Chanel sont bien sûr de la partie), des peintres et sculpteurs de notre époque (Tauba Auerbach, Claus Bury…) ou des créateurs de bijoux contemporain (Isabelle Busnel, Sari Räthel…), l’institution culturelle parisienne s’interroge : le bijou est-il censé s’accorder avec notre identité ?

Doit-il nécessairement être d’une très grande valeur pour mériter le qualificatif de « bijou » ?  Que dit-il de notre rapport au corps ? Peut-il jouer le rôle de clé de lecture pour tenter de comprendre une civilisation, une culture ? Ces interrogations passionnantes sont toutes décryptées dans un parcours qui se divise en quatre sections distinctes, toutes thématiques. Le visiteur y découvre en sus des parures, de grands tirages photographiques, des installations d’artistes contemporains et des huiles sur toile (mention spéciale au sublime Gustave Moreau qui figure en belle place dans la première section du parcours).

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Photographie © Agathe Lautréamont, 2017

Genre et joyaux

Les approches proposées par cette exposition sont donc très diversifiées : le visiteur est bien sûr invité à voyager à travers l’Histoire du bijou, mais découvre également tout un contexte social et culturel complexe. On comprend ainsi que, quand bien même la parure se trouve intrinsèquement liée à la femme, il n’en a pas toujours été ainsi.

La noblesse de l’Ancien Régime se couvrait de bijoux afin de marquer de façon ostentatoire sa classe sociale mais irrémédiablement, l’image du bijou se trouve inextricablement liée à celle de la féminité. Dès l’enfance, on perce les oreilles des petites filles, les cous s’entourent de colliers et les doigts sont ornés de bagues. Pourtant, si l’on remonte au tout récent XIXe siècle, l’aspect genré de la parure ne coulait pas autant de source…

Chez exponaute, nous avons tout particulièrement apprécié que le MaM aborde cette question du genre dans son parcours temporaire, les études de genre souffrant encore de nombre de clichés aujourd’hui. L’approche est pertinente, le discours impartial et l’éclairage, édifiant.

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Photographie © Agathe Lautréamont, 2017

Passionnant

Et des mises en lumière intéressantes comme celle ci-dessus, il y en a encore beaucoup d’autres dans l’exposition « Medusa : Bijoux et tabou ». Ainsi, le sujet quelque peu épineux de la valeur marchande ne pouvait pas ne pas être évoqué dans le cheminement muséal. Valeur pécuniaire, rareté des pierres précieuses, virtuosité de la technique d’exécution…

Affiche-t-on sur sa poitrine une broche pour la beauté de la pièce ou pour signifier alentour notre aisance financière ? Notre corps devient ainsi objet d’ornementation, une apparence que l’on modèle à l’envi, selon ce que l’on souhaite insinuer à autrui ou alors en fonction de l’image que nous avons de nous-même.

La nouvelle exposition temporaire du Musée d’Art Moderne de Paris est donc un pari plus que réussi ! Le discours s’avère riche, les pièces surprenantes et fascinantes, la scénographie inventive… Nous la recommandons chaudement.

 

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MEDUSA

19/05/2017 > 05/11/2017

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris (MAM)

PARIS

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