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A.R. Penck, peintre de l’Homme et de l’intemporel, est mort

Jéremy Billault 5 mai 2017

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Le 2 mai dernier, à Zürich, A.R Penck s’est éteint à l’âge de 77 ans. Figure majeure de la peinture allemande de la fin du XXème siècle, la Fondation Maeght lui consacre actuellement une rétrospective. Hommage.

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                                                                                    A. R. Penck © Galerie Michael Werner 

Sa présence se fait encore ressentir, ici peut-être même plus que jamais. Pourtant, depuis le 2 mai dernier, c’est son absence qui résonne. Magicien de l’universel, peintre de l’intime, de l’instant et de l’éternel, A.R Penck n’est plus. Né Ralf Winkler à Dresde en 1939, privé de père par la guerre, Penck s’est éteint mardi dernier à Zürich à l’âge de 77 ans.

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A.R.Penck, Bestimmung ‐ Abstrakt, 2011

La vie de Ralf Winkler fut avant tout marquée par l’exil, le déplacement : immigré partout, satisfait nulle part, il suivra le chemin que l’Histoire lui proposera de prendre,un destin mouvementé qu’il ne quittera pas.  Trop moderne pour la RDA, artiste quasi-clandestin bientôt déchu de sa nationalité est-allemande, Penck traverse le rideau de fer sans trop s’émouvoir de ce qu’il trouvera à l’ouest. Voilà Penck. Toujours en mouvement, en action, entre deux feux, entre deux eaux. Voilà peut-être pourquoi Winkler collectionna les pseudonymes : homme touché au quotidien par les bouleversements de la grande Histoire, il sera artiste du lien, de l’action et de l’universel. Ainsi signe-t-il ses tableaux d’une croix (qui permettra aux autorités de reconnaître et de saisir certains de ses tableaux avant sa traversée), le carrefour de quatre pôles (l’origine (Ur), la fin, le ça et le moi) au cœur duquel l’oeuvre intervient, point de départ d’un alphabet complexe de symboles et d’une esthétique qu’il développera tout au long de sa vie : le « Standart ».

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A.R. Penck, Another R.C., 1983

Mais l’apparente complexité de Penck, et c’est là son génie, ne prive en rien celui qui le regarde : il agite la pensée en saisissant le regard, touche à l’universel par l’ambiguïté de ses symboles. Concrètement, ce sont parfois des lettres énigmatiques, des silhouettes brutes, des gestes, des traces de couleurs impulsives :un ensemble aux allures pariétales, au-delà du brut, primitif spirituel et contemporain. L’ingéniosité du signe chez A.R Penck s’impose à nous comme la figuration brutale des dessins des premiers hommes, chaque signe, chaque symbole étant parfois précisément référencé sans que la majorité ne le remarque.

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A.R.Penck Ohne Titel (Gruppe), 1961

Certains de ses mystères resteront désormais orphelins de solution concrète. Peu importe. Tant mieux. Il y a encore quelques semaines, nous nous réjouissions d’avoir pu assister à l’exposition majeure que lui consacre, encore aujourd’hui et jusqu’au 18 juin prochain, la Fondation Maeght de Saint-Paul de Vence. Dans  le temple de l’art moderne, là où tant ont vécu, la présence d’A.R. Penck nous a semblé légitime, poétique et harmonieuse. S’il avait suivi de près l’organisation de cette rétrospective majeure (dont il a également pensé le sublime catalogue) l’artiste n’avait pu faire le déplacement. Pourtant il était là, lui, Penck, malgré l’absence de Winkler, à travers la lueur intime qui fait briller en lui l’Humanité. Dernière exposition de son vivant, première exposition posthume, l’exposition de la Fondation Maeght est devenue, plus qu’elle ne l’était déjà, un moment historique.

02.A.R.Penck Ohne Titel (Systembild), 1966

A.R.Penck, Ohne-Titel-Systembild, 1966

Dès demain, 6 mai, nous irons voir du côté de la galerie Suzanne Tarasiève qui, elle aussi, aborde celui qui depuis quelques jours n’est plus contemporain mais sera à jamais le peintre de l’éternité. Que Ralf Winkler repose en paix. Mais longue vie à A.R. Penck.

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