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Un portrait attribué à Velázquez vendu 8 millions d’euros

Agathe Lautréamont 27 avril 2017

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Le portrait est plongé dans l’ombre, tandis que des touches de lumière viennent souligner le visage encore poupin du petit modèle qui a été figé, juvénile, pour l’éternité par le pinceau de l’artiste. Quel âge avait-elle, cette ravissante petite fille, lorsque le peintre espagnol Diego Velázquez (à qui le portrait est attribué) la portraitura avec autant d’attention et de finesse ? Nul ne le sait. Mais il faut croire que la délicatesse qui émane de ce tableau a suffi à faire tourner de nombreuses têtes. L’œuvre a été effectivement vendue pour la coquette somme de huit millions d’euros en début de semaine…

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L’oeuvre attribuée à Velázquez  © Gérard Julien – AFP

Le mardi 25 avril dernier, les amoureux d’Histoire de l’art s’étaient donné rendez-vous en plein cœur de la bouillonnante capitale espagnole, Madrid, pour un événement artistique sans précédent. La célèbre société de vente ibérique Abalarte organisait en effet en ce début de semaine la vente aux enchères d’une œuvre rare, plongée dans un étrange clair-obscur, dont la signature n’est pas absolument certaine…  Mais les historiens de l’art tendent cependant à attribuer ce portrait émouvant au plus flamboyant des représentants du Siècle d’Or Espagnol : le peintre de cour et protégé de la famille royale Diego Velázquez.

Le portrait, intitulé sobrement Retrato de niña (Portrait d’une petite fille) représente une toute petite fillette, les yeux légèrement baissés en direction du sol, la main droite levée contre sa poitrine dans un geste d’apaisement ou de prière. Elle est vêtue d’un riche gilet de satin rouge, dont les reflets blancs sont magnifiés par la touche sensible et précise de l’artiste. Le tableau en lui-même est de taille modeste, il ne mesure en effet que 57.4 centimètres sur 44. Et pourtant, malgré ses dimensions réduites, l’œuvre a fait tourner les têtes !

Ou plutôt, une seule tête. En effet, l’huile sur toile attribuée au grand maître de l’art espagnol est partie dès son introduction, sans la moindre enchère ! Avec la somme de huit millions d’euros, les autres potentiels intéressés ont reçu une véritable douche froide, tandis que le nouveau propriétaire, un particulier, a tenu à rester anonyme. Quant à l’État espagnol, il n’a pas souhaité exercer son droit de préemption.

Le Prado doute

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Diego Velázquez, Autoportrait © Musée des Beaux-Arts de Valence

Les estimations laissent à penser que le tableau aurait été peint aux alentours de 1616, ce qui en ferait une œuvre datant du début de la carrière de Diego Velázquez. Le peintre magistral à qui l’on doit Les Ménines, La forge de Vulcain ou encore le Portrait du Pape Innocent X se cache-t-il donc derrière cette toile ? La peau lisse et un peu vaporeuse de l’enfant aux joues roses, la pose gracieuse de sa main juvénile, la brillante broche piquée dans le corsage… Le doute est encore là, mais cela n’a manifestement pas refroidi les ardeurs de l’acquéreur. À l’origine, le tableau appartenait à une même famille depuis plusieurs générations, mais celui-ci n’était absolument pas connu des experts jusqu’à tout récemment, lorsque ses propriétaires ont émis des velléités de vente.

Pour la maison de vente Abalarte en tout cas, le doute n’est pas permis : l’œuvre est bel et bien authentique, puisqu’elle a été examinée par un spécialiste de l’art espagnol du XVIIe siècle : Richard de Willermin. Du côté du Musée du Prado de Madrid cependant (institution qui possède le plus grand nombre d’œuvres de Velázquez au monde), on demeure un peu plus réservé, et le musée a caché son mutisme derrière une vieille tradition qui veut que le fameux centre culturel ne donne un avis que sur les tableaux de sa propre collection.

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