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Pompéi aura-t-elle enfin droit à une restauration digne de ce nom ?

Agathe Lautréamont 19 avril 2017

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Si le site de Pompéi est célèbre dans le monde depuis sa redécouverte au cours du XVIIe siècle, cela ne signifie pas pour autant que le site historique soit géré comme il le mériterait. Au cours des décennies, plusieurs scandales ont ainsi ébranlé la gestion italienne de ce patrimoine exceptionnel : manque criant d’entretien, ingérence de la mafia dans les affaires du site, détournement de fonds normalement alloués à des restaurations… Depuis que Massimo Osanna a été nommé à la tête de la préservation de Pompéi, les choses ont-elles changé ? Décryptage…
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Les ruines de Pompéi © Pikakoko – Flickr

Voilà depuis l’année 2014 maintenant que l’édile Massimo Osanna a été nommé à la direction de la préservation du site antique de Pompéi. Prendre les rênes des restes de la ville romaine piégée dans les cendres du Vésuve n’était cependant pas une mince affaire, bien que ce poste à haute-responsabilités ait pu attirer bien des convoitises.

Car il suffit de regarder vers le passé, plus précisément dix ans en arrière, pour se rendre compte que la tâche n’était pas gagnée d’avance, loin de là. Si aujourd’hui la gestion de Pompéi est considérée comme un modèle pour le reste de l’Europe, il y a encore un peu moins d’une décennie, la ville souffrait d’effondrements, d’abandon et surtout de la Camorra, la mafia napolitaine qui avait fait main-basse sur une partie des fonds qui devaient initialement aider à l’entretien du site.

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Les ruines de Pompéi © Michele Stallo

Le commissaire Européen aux affaires régionales, Corina Cretu, a cependant récemment loué les progrès réalisés dans le cadre du Projet Grande Pompéi. Comprenez par-là : une campagne de restauration avec une levée de fonds de 105 millions d’euros, lancée depuis 2012 par l’Union Européenne, en étroite collaboration avec le gouvernement italien.

Cependant, la date limite pour la fin des travaux de Pompéi avait été initialement fixée à 2015 mais a été finalement été étendue jusqu’à la fin de l’année 2018, ce qui jette tout de même une ombre au tableau. La création par le Ministère de la Culture italien une structure de gestion spéciale assurant la légalité de chaque procédure de restauration sur le site de Pompéi fonctionne-t-il donc véritablement ? Ces retards ne peuvent-ils être imputés à une nouvelle infiltration de la mafia dans les affaires de la cité antique ? Difficile à dire.

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Les ruines de Pompéi © Pikakoko – Flickr

Selon Massimo Osanna, qui a été récemment interviewé par le magazine italien Il Giornale dell’Arte, assure que pour lui, les problèmes majeurs de corruption ont pu être résolus. Désormais libérés de la menace de la mafia, la gestion peut désormais se concentrer sur les travaux futurs à réaliser. Une maintenance régulière et parfaitement suivie des vestiges devrait être ainsi instaurée sous peu.

Malheureusement, une fois que les fonds alloués par l’Union Européenne auront été totalement épuisés, la gestion de Pompéi se trouvera face à un autre défi : engager plus de main d’œuvre pour entretenir les ruines. Des architectes et des archéologues doivent travailler à l’année sur le suivi de Pompéi et si le site veut maintenir un bon rythme de travail et de rénovation, les vingt-sept employés (ouvriers et restaurateurs) actuels ne suffisent clairement pas. Or, si d’autres mains ne sont pas embauchées sous peu, un autre plan d’urgence européen risque de s’imposer à nouveau dans les décennies à suivre, ce qu’il convient d’éviter absolument.

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Les ruines de Pompéi © Pikakoko – Flickr

Pourtant, les atouts ne manquent pas : lors de la prise de poste de Massimo Osanna, l’objectif en matière de nombre de visiteurs à atteindre était de 3 millions. Objectif atteint, puisque 3.3 millions de curieux ont foulé le site de Pompéi l’année suivante. Reste maintenant la piste d’instaurer un nouveau système de tarification pour les billets d’entrée (le tarif passerait ainsi de 11 euros à 13 euros), ainsi que d’ouvrir de nouveaux quartiers de la ville aux visiteurs, y compris les visiteurs en situation de handicap moteur.

En ce qui concerne le Project Grande Pompéi, 2018 est hélas encore loin. Mais les fonds alloués auront permis, entre autres, de retrouver de nouvelles ruines, ce qui laisse présager de futures découvertes dans les mois ou les années à venir. Ainsi, un quartier entier est en cours de déblaiement et devrait être bientôt rendu accessible aux visiteurs. Enfin, des terres sont achetées autour du site de Pompéi afin de sécuriser l’endroit et offrir de nouvelles commodités aux curieux d’Histoire venus des quatre coins du monde pour admirer les vestiges de la ville détruite par la colère du Vésuve.

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