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À New York, le Jardin Botanique dévoile un fonds de 7.8 millions de plantes !

Agathe Lautréamont 11 avril 2017

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Saviez-vous que le Jardin Botanique de New York se trouve à la tête du deuxième plus riche herbier au monde ? Avec pas moins de 7.8 millions de spécimens collectés, ces archives sont aujourd’hui (partiellement) dévoilées au travers de l’exposition « What in the World is a Herbarium ? » qui est visible jusqu’au 29 octobre prochain. Cette exposition-événement, mais surtout cet incroyable fonds muséal, revêtent désormais un nouveau visage à une époque où de graves changements climatiques menacent la Terre et pourraient bouleverser la Nature telle que nous la connaissons.
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© Botanic Garden of New York – Hyperallergic

Un herbier qui fut créé en 1891 et qui est toujours enrichi de nos jours, voilà qui n’est pas commun. Et pourtant, c’est la réussite dont peut aujourd’hui se targuer le Jardin Botanique de New York. Cet ensemble de plantes, qui porte le nom de ses créateurs, William et Lynda Steere, comprend aujourd’hui pas moins de 7.8 millions de plantes et champignons de toutes sortes, toutes espèces, toutes époques, livrant une représentation exceptionnelle de la diversité biologique de notre petite planète bleue.

Et sur ces sept millions huit cent mille spécimens, trois millions ont été pour le moment digitalisés, la dernière plante en date à avoir été publiée en ligne étant un arum titan, cette gigantesque fleur connue pour dégager une odeur pestilentielle durant sa très courte floraison. Le Jardin Botanique de la Grosse Pomme fête sa collection depuis plusieurs semaines maintenant, via l’exposition «  What in the world is a Herbarium ? » (que l’on pourrait traduire par « Mais bon sang, c’est quoi un herbier ? »).

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© Botanic Garden of New York – Hyperallergic

Un fonds menacé ?

Un accrochage d’ampleur mais surtout d’importance, quand on sait que depuis 1997, pas moins de 100 collections botaniques ont cessé d’exister en Amérique du Nord, du fait de leur perception quelque peu démodée par le grand public ainsi qu’à cause des coupes budgétaires régulièrement organisées dans les fonds alloués au monde de la culture et de la science.

À tel point que certains observateurs s’inquiètent de la survie des herbiers de musées dédiés aux sciences et à l’histoire naturelle. Ces fonds sont pourtant exceptionnels pour la recherche et la connaissance de notre monde, un herbier étant ni plus ni moins une bibliothèque botanique. C’est d’ailleurs ce que tend à expliquer l’exposition du Jardin Botanique de New York, via la présentation d’une sélection de spécimens rares ou actuellement étudiés, tout en les replaçant dans leur contexte et en soulignant leurs particularités.

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© Botanic Garden of New York – Hyperallergic

Curare et roses

On y croise ainsi des fleurs de rosiers des marais, une liane d’Amazonie produisant le fameux poison appelé curare, ou encore de la salicaire commune, une fleur sauvage répandue en Europe mais considérée comme invasive sur le sol étasunien depuis 1830.

Aux côtés de ces spécimens de plantes séchées, des vidéos expliquent aux visiteurs comment le changement climatique impacte la distribution de certaines espèces comme le lichen sur le continent américain. Un tel herbier peut ainsi offrir de précieuses sources d’informations pour mieux comprendre ce qu’il adviendra de notre biodiversité en cas de désastre climatique.

On y apprend également que les techniques utilisées pour tenir un herbier n’ont pas changé depuis le XVIIIe siècle et les innovations du naturaliste suédois Carl Linnaeus, qui est considéré par beaucoup de chercheurs comme le père de la taxinomie. Mais c’est pourtant la première fois que le Jardin Botanique de New York met en avant sa bibliothèque botanique dans le cadre d’une exposition.

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© Botanic Garden of New York – Hyperallergic

Des feuilles vieilles de trois siècles

Chaque feuille appartenant au Jardin Botanique (certaines remontent aux années 1700) a été organisée de la même façon, la fleur pressée et séchée selon la même technique, les notes d’observations ajoutées au même endroit sur la page… Enfin, dans la mesure du possible, un sachet accompagne chaque plante, contenant les graines de cette dernière : un bien précieux pour que les scientifiques puissent réaliser des tests ADN.

La vaste entreprise de digitalisation de l’herbier de l’institution newyorkaise a également permis aux conservateurs de redécouvrir quelques plantes insoupçonnées. Ainsi, certaines espèces ont été récoltées par Charles Darwin lui-même lors de ses nombreux voyages naturalistes !

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© Botanic Garden of New York – Hyperallergic

Science VS Trump

Certaines des pages de l’herbier américain ressemblent à de véritables œuvres d’art, car au moment de sécher et collecter la plante, les scientifiques doivent la disposer sur la feuille de sorte à ce que cette organisation rappelle le déploiement naturel du spécimen dans la nature et dans la mesure du possible, l’aider à conserver ses couleurs originelles.

À l’heure actuelle, trois millions de feuilles de cet herbier monumental ont été digitalisées par l’institution et sont librement consultables en ligne par les internautes. L’idée de cette entreprise, étroitement liée à l’actuelle exposition ? Expliquer au public comme aux générations futures à quel point ce type de collection est précieux pour l’existence humaine, notre survie étant étroitement liée à l’existence des plantes.

Une vérité qu’il faut pourtant fermement revendiquer, à une époque où les États-Unis ont élu un président climato-sceptique. L’exposition et l’entreprise de numérisation prennent donc un aspect éminemment politique, en plus de nous alarmer quant à la survie de notre planète.

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