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Vermeer au Louvre : le jour, la nuit, le mystère

Agathe Lautréamont 7 avril 2017

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Jusqu’au 22 mai prochain, le Musée du Louvre crée l’événement avec l’exposition « Vermeer et les maîtres de la peinture de genre ». Dans ce parcours exceptionnel, les chefs-d’œuvre de Johannes Vermeer établissent un dialogue rare mais surtout essentiel pour comprendre la peinture du Siècle d’Or néerlandais. Ainsi, le maître de Delft cohabite-t-il avec ses contemporains : Gerard Dou, Jan Steen ou encore Pieter de Hooch. Aujourd’hui, arrêtons-nous le temps de quelques paragraphes sur la manière dont Vermeer et les peintres de ce temps traitaient de la dichotomie entre jour et nuit dans leurs œuvres picturales…

Astronomer by Candlelight

Gerard Dou, L’astronome, vers 1650 © Paul J. Getty Museum

Bien sûr, elle est là, aimantant tous les regards, si rare sur le sol français qu’elle attire à elle les foules : la diaphane et éthérée Laitière, peinte par Johannes Vermeer aux alentours de 1668. Les curieux se pressent à son entour, cherchent à en percer la dichotomie du jour et de la nuit. Comment leurs personnages sont-ils traités selon que la fenêtre de leur intérieur laisse filtrer la blanche clarté du soleil ou la mystérieuse luminescence de la lune ?

Pour comprendre cela, il convient de se saisir de deux exemples éloquents : ceux de l’Astronome à la chandelle de Gerard Dou et de l’Astronome de Johannes Vermeer. Deux hommes, deux sciences identiques, deux intérieurs et pourtant deux discours sensiblement différents ; un constat qui ne lasse pas de surprendre, quand l’on sait que les deux œuvres furent exécutées à vingt années d’écart, à peine.

Que cherchent-ils ? L’un probablement, à élucider un mystère qui a pris forme dans son imaginaire, l’autre, certainement, à mieux saisir la géographie de notre belle planète bleue. L’un fouille, entreprend, cherche, sous l’obscurité écrasante des murs de pierre de son laboratoire. L’autre, à l’aide de la rassurante lumière du petit jour perçant à travers les carreaux de sa fenêtre, s’émerveille face aux continents tracés sur le bois finement travaillé de son globe terrestre.

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Johannes Vermeer, L’astronome, vers 1668 © Musée du Louvre

Deux hommes, deux voies

Les deux hommes étudient donc sensiblement la même science, s’intéressent aux mêmes questionnements qui, au beau milieu du XVIe siècle, passaient encore pour des mystères insolvables. Comment alors, expliquer notre différence flagrante de ressenti, vis-à-vis de ces deux toiles exécutée par deux maîtres néerlandais, à environ vingt ans d’intervalle (l’Histoire de l’art hésite encore quant à la date précise de réalisation des deux tableaux) ? La réponse se trouve probablement dans le choix de l’atmosphère fait par les deux peintres Dou et Vermeer.

Gerard Dou a choisi de plonger son Astronome dans l’obscurité. Le chercheur tient fermement d’une main son lourd globe terrestre ouvragé d’une main tandis que de l’autre, il s’éclaire à l’aide d’une chandelle. Tout dans cette œuvre conservée au Getty Museum tend à nous envelopper dans une aura de mystère, de suspicion, de doute. L’astronome ne considère pas son globe, il se penche, à la mauvaise lumière d’une bougie, un épais manuscrit recouvert de signes étranges, tentant de percer via le savoir des Anciens les secrets de notre géographie.

Autour de lui, la voûte de pierre sous laquelle il se cache pour travailler semble prête à l’écraser, le dissimule au regard du monde extérieur ; l’épais drapé suspendu au plafond renforçant ce sentiment d’occulte comme d’écrasement. On ne sait pas véritablement ce sur quoi œuvre l’astronome. D’ailleurs, l’est-il seulement ? Avec ses fioles contenant des liquides troubles, son sablier aux tons terreux, est-il vraiment un scientifique ou un alchimiste, voué à la quête du « Grand Œuvre » ?

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Johannes Vermeer, Le Géographe, vers 1669 © Städelsches Kunstinstitut

L’ombre et la flamme

A contrario, une forme de confiance émane de l’huile sur toile de la main de Johannes Vermeer. Celui-ci, vêtu d’un ample manteau qui nous renvoie à la toge portée par les sages de l’Antiquité, étudie avec précision mais aussi avec une gestuelle qui traduit l’émerveillement et le profond respect (sa main tendue effleure à peine le globe terrestre qu’il ne quitte pas des yeux).

SI l’on prend le temps de parcourir des yeux son intérieur, on observe vite que ses instruments scientifiques reposent tous sur une même table, elle-même disposée juste en-dessous d’une grande fenêtre : la lumière du jour, qui chasse l’obscurité du doute, aide à l’instruction et éclaire la voie des hommes en chemin vers la découverte et la compréhension. Une peinture orne même un des murs de la chambre du scientifique.

Cette atmosphère lumineuse, où l’espace domine, où la vérité et la liberté règnent, nous amènent à considérer le chercheur spontanément avec bienveillance : intérieurement, nous lui souhaitons de trouver les réponses à ses questions, nous admirons comme lui les beautés de notre planète, avec le même émerveillement. Le jour symbolise le savoir, l’exemplarité tandis que la nuit, elle, est propitiatoire aux forces occultes et aux sombres desseins, comme l’illustrent ces deux toiles de Gerard Dou et Johannes Vermeer.

 

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