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Le Palais de Compiègne se met à l’Heure Italienne

Agathe Lautréamont 28 mars 2017

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Dans un premier volet consacré à l’événement culturel des Heures Italiennes organisé dans la région des Hauts-de-France, nous vous avions parlé de la très belle exposition qui se tient jusqu’au 2 juillet prochain. Pour ce second volet, remontons si vous le voulez bien encore un peu plus vers le Nord, et faisons escale du côté du Palais de Compiègne, célèbre pour avoir été un des lieux de villégiature de Napoléon Ier. C’est en effet dans ce domaine historique que se tient un autre volet des Heures Italiennes, cette fois-ci consacré à la période du XVIIIe siècle. Visite…

VISUEL 6

Sebastiano Ricci, Hercule aux pieds d’Omphale, vers 1701 © Musée de Picardie, Amiens

Qui dit tout autre décor implique évidemment un tout autre univers, et c’est précisément ce qui nous attend dans les salles impériales du Palais de Compiègne. Pour ce volet des Heures Italiennes, le second que nous avons visité pour le moment, mais le quatrième et dernier dans la chronologie de la saison organisée par la région Hauts-De-France, les commissaires se sont attardés sur une période foisonnante de la pratique picturale dans la Péninsule : le XVIIIe siècle.

Autre temps, autres mœurs : là où en toute logique, les thématiques religieuses dominaient largement les compositions picturales présentées dans l’exposition temporaire présentée dans le Château de Chantilly, on assiste à Compiègne à une véritable profusion de thématiques, qui ont su peu à peu se détacher des normes artistiques et du carcan bien trop étriqué des sujets bibliques pour les artistes du XVIIIe siècle en quête de quelque chose de nouveau, d’ineffable mais terriblement stimulant, pour leur production de peintures.

En témoigne l’extraordinaire diversité des sujets qui sont représentés dans les quelque soixante-dix œuvres exposées à Compiègne. Élément réjouissant : on notera que parmi ces peintures, un grand nombre d’entre elles ont été restaurées pour l’occasion, un nouvel éclat pour une nouvelle exposition qui les met admirablement en avant.

VISUEL 3

Leonardo Coccorante, Naufrage dans la tempête, 1740-1750 © Musée de Soissons

Petite et grande histoire

Le cheminement du parcours a été divisé en cinq étapes distinctes, toutes concentrée dans les espaces d’exposition temporaire du Palais de Compiègne, là où la visite se poursuivait au sein même des collections permanentes dans le cas du Château de Chantilly. L’idée était de proposer un panorama complet aux visiteurs des diverses tendances dans l’art italien de ce temps. Ainsi, l’introduction de l’exposition place-t-elle la lumière sur le goût pour les décors rococo, destinés aux palais princiers. Quelques pas plus loin et l’on entre directement dans la peinture d’Histoire. Nous voici propulsés en 330 avant Jésus-Christ, à la rencontre du conquérant qu’on ne présente plus : Alexandre le Grand.

Les deux œuvres reprenant des étapes de la vie du conquérant se concentrent sur la période suivant directement la bataille d’Issos, avec la famille de Darius III venant demander grâce au chef de guerre, puis avec le fils de Philippe de Macédoine découvrant le cadavre du dirigeant Perse. Des œuvres de belle taille, qui trouvent pourtant comme successeurs des tableaux de bien plus petite facture, puisque nous sommes ensuite entraînés dans l’intimité des ateliers d’artistes; via esquisses et répétitions d’élèves…

VISUEL 5

Giovanni Pellegrini, Alexandre devant le corps de Darius, vers 1700 © Musée Saint Léger de Soissons

Caprice

Pour notre part, nous retiendrons principalement l’étape consacrée aux paysages. Ces vues éclatantes, empreintes d’une certaine mélancolie qui, pour les plus rêveurs, pourrait presque annoncer le Romantisme, rappellent parfois les compositions néerlandaises de l’Âge d’Or, puis parfois se tournent vers un univers qui invite à la plus profonde des rêveries et à l’humilité face aux forces de la nature. Car les cieux sont rarement cléments sur les compositions d’un Leonardo Coccorante, qui laisse aller ses passions tourmentées directement sur la toile, en figurant des tempêtes furieuses ou des orages sur le point d’éclater.

Puis vient le goût des « Caprices », ces représentations fantaisistes où se mêlent paysages idylliques au beau milieu desquels se dressent, ruines glorieuses d’un temps d’un temps éclatant mais révolu, des vestiges de grands monuments. Là, le silence domine, la nature elle-même paraît retenir son souffle. Tout semble se mouvoir avec la lenteur du lierre grimpant, sinueusement, le long d’une colonne ionique fissurée de toutes parts. Un appel à la mélancolie, s’il en est, où l’homme médite profondément sur l’impermanence des Empires, la relativité de ce qu’on appelle, avec force vanité, la grandeur. Comment demeurer indifférent face à ces vestiges construits dans le sang et la sueur, au nom d’un roi, d’un dieu, d’un idéal, mais qui se retrouvent sous le pinceau languissant des peintres italiens réduits à l’état de poussière sur laquelle croissent lichen, fougères et mousses ? VISUEL 4 (1)

Francesco Guardi, Vue de l’entrée d’un chenal © Musée de Picardie, Amiens

Un autre parcours donc, mais également une autre réussite pour cette belle programmation des Heures Italiennes ! Nous ne pouvons que vous conseiller chaudement de visiter ce superbe accrochage, tout en profitant de votre visite pour jeter un oeil au reste du Palais de Compiègne, qui saura combler tous les amoureux d’histoire et de patrimoine !

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