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Visite en images du nouveau Musée Camille Claudel

Agathe Lautréamont 24 mars 2017

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Enfin ! Le voici qui ouvre ses portes à partir du 26 mars prochain, dans la ville de Nogent-sur-Seine, où la talentueuse sculptrice Camille Claudel passa d’heureuses années dans son enfance. Enfin, une institution culturelle se consacre au parcours et à l’œuvre de Camille Claudel. Enfin, cette artiste talentueuse trouve dans ce nouvel espace un écrin où ses œuvres seront célébrées comme il se doit. Dans un parcours riche de 250 pièces, dont quarante-trois de Claudel, on découvre le cheminement d’une artiste hors-norme, ses passions, ses hésitations, ses élans. Visite en image d’un nouveau lieu culturel à découvrir sans tarder !

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Photographies © Agathe Lautréamont, 2017

Entre 1876 et 1879, une petite fille d’une dizaine d’années échappait souvent à la vigilance de ses parents, Louis Prosper Claudel et Louise-Athanaïse Cerveaux. Furtive, vigilante, l’enfant aux cheveux ébouriffés se glissait dans les rues silencieuses de Nogent-sur-Seine, un sac vide lancé sur les épaules : direction le massif forestier tout près de la maison familiale, surplombant la commune de l’est de la France. Là, dans le secret des frondaisons, elle glanait une terre riche, grasse, épaisse, qu’elle tassait tant bien que mal de ses petits bras d’enfant dans son gros sac de toile avant de retourner se glisser dans l’appentis du jardin de ses parents. Patiemment, une flamme au fond des prunelles, elle commençait à modeler des figures en glaise.

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Photographies © Agathe Lautréamont, 2017

Certain du talent inné de son aînée, Louis Prosper Claudel obtint que toute la petite famille déménage à Paris, pour que l’enfant étudie la sculpture. La suite, on la connaît bien mieux : Camille Claudel était destinée à entrer dans l’atelier d’Auguste Rodin, de se former auprès de son maître qui allait devenir son amant, de révéler tout l’éclat de sa maestria, puis de retomber dans l’oubli jusqu’à une tardive redécouverte. Elle eut le triple malheur d’être femme, d’avoir évolué dans l’ombre de Rodin puis d’être abandonnée par son frère cadet, devenu célèbre écrivain, dans un asile où elle devait finir ses jours.

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Photographies © Agathe Lautréamont, 2017

Mais laissons ce triste souvenir au passé. Ce qui nous intéresse ici n’est nullement le destin tragique de Camille Claudel, tant de fois scandé pour illustrer le terrible sort réservé aux femmes artistes jusqu’à très tard dans l’Histoire française. Non, ce n’est pas l’obscurité des cellules d’aliénés de Ville-Évrard qui règne dans le nouveau musée de Nogent-sur-Seine, mais bien la lumière. La lumière, seul mot d’ordre pour l’architecte des lieux, Adelfo Scaranello, soucieux de faire le meilleur usage de cet outil indispensable à tout sculpteur, prodigué par le généreux soleil. Les murs, parfaitement blancs, réverbèrent ces éclats délicieux, la transparence des vastes vitrines offre un regard plein sur les sculptures présentées dans le parcours. Une réussite en ce sens.

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Photographies © Agathe Lautréamont, 2017

Cependant, le visiteur ne doit pas s’attendre à plonger dès le début de la visite dans le monde artistique de Camille Claudel. Pour cela,  il faut patienter jusqu’au premier étage. Le cheminement culturel débute en effet par les influences de l’artiste phare qui donne son nom au musée. Marius-Joseph Ramus, Alfred Boucher, Paul Dubois… Autant de noms (masculins), qui démontrent la filiation nogentaise mais aussi un véritable âge d’or pour la sculpture en France. De superbes plâtres baignent dans la clarté des vastes espaces du musée, des vitrines didactiques expliquent (accompagnées de courts films très précis) les techniques de sculptures, de moulage, de fonte… Autant de mystères pour le grand public qui sont dévoilés ici avec beaucoup de pédagogie, ce qui est très plaisant.

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Photographies © Agathe Lautréamont, 2017

Puis, enfin, la salle portant le numéro onze, celle qui expose les tant attendues œuvres de Claudel. Alors seulement le talent éclate, puissant, évident, poignant. Chaque vitrine est un ravissement pour les yeux, tandis que des ponts sont bien évidemment jetés entre les travaux de la sculptrice et son maître, Auguste Rodin. On voit comme la jeune femme apprend vite, s’inspire du géant, reprend certaines de ses thématiques pour les sublimer de ses passions violentes, de son ambition sans borne, mais aussi de son indépendance farouche. Les corps semblent s’envoler, se tendre, s’unir dans une chair vibrante alors que nous sommes pourtant face à du bronze ou du plâtre.

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Photographies © Agathe Lautréamont, 2017

Les amants de la sculpture Sakountala s’abandonnent à une étreinte romantique, l’innocence du regard levé vers le ciel de La Petite Châtelaine nous bouleverse, tandis que l’on se surprend à vouloir passer une main dans ses cheveux d’enfant tout emmêlés. Arrive le tourbillon entêtant de La Valse, la tension dramatique de L’âge mûr, le secret des Causeuses… Et on en ressort d’autant plus certain : Camille Claudel était une grande artiste, en plus d’une belle et farouche âme.

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Photographies © Agathe Lautréamont, 2017

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