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Comment restaurer une carte du Siècle d’Or Hollandais retrouvée… dans une cheminée ?

Agathe Lautréamont 23 mars 2017

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Il y a quelques années, des travaux de rénovation étaient entrepris dans une très vieille et riche propriété située dans le Aberdeenshire, une région située au nord-est de l’Écosse et donnant sur la Mer du Nord. Au cours de ces travaux, quelle ne fut pas la surprise des ouvriers de tomber sur une grosse boule chiffonnée, fourrée dans le conduit de cheminée de la maison. Une fois défroissé, ce mystérieux objet s’avéra une carte du monde connu datant du XVIIe siècle et exécutée dans les anciennes Provinces-Unies, nos Pays-Bas actuels. Aujourd’hui, les restaurateurs font face au défi de rendre à l’objet tout son éclat…

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En pleine restauration… © National Library of Scotland

Quelques années en arrière, des ouvriers travaillant à rénover une vieille maison du nord de l’Écosse tombaient, bien cachée dans le conduit d’une cheminée, une impressionnante boule de tissu en fort mauvais état. Un rapide coup d’œil à l’étrange objet révéla en fait une carte du monde hollandaise datant du XVIIe siècle.

Un véritable trésor donc, mais qui avait été laissée là pendant des années par son ancien propriétaire, manifestement peu soucieux de la valeur historique de sa possession. Suite à cette étonnante découverte, la carte fut envoyée en restauration. Elle est désormais visible à la National Library of Scotland et ce, jusqu’au 17 avril prochain.

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Les ornementations de la carte © National Library of Scotland

Interrogée par le magazine culturel en ligne The Art Newspaper, la conservatrice de l’institution écossaise, Claire Thompson, n’a nullement souhaité minimiser le défi représenté par un tel travail de fourmi. « Ce fut le projet le plus difficile que j’ai jamais eu à entreprendre » a-t-elle expliqué au site internet. Une déclaration que l’on croit volontiers sur parole, après avoir jeté un simple coup d’œil à l’état dans lequel se trouvait la pièce au moment de sa découverte…

Nova Totius Terrarum Orbis Tabula (le petit nom de la carte, ce qui nous donne en français « Nouvelle carte de la totalité du monde ») fut réalisée par le cartographe hollandais Gerald Valck, dont l’atelier était situé en plein cœur d’Amsterdam. L’œuvre passa ensuite entre les mains de l’éditeur londonien George Wildey, qui se chargera de sa diffusion à partir de 1690. Richement ouvragée, figurant deux sphères, représentant diverses allégories, la carte est d’une richesse époustouflante et vient surtout grossir les rangs des rares cartes signée Valck dans les collections des musées à travers le monde.

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L’état initial de l’oeuvre © National Library of Scotland

Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elles se comptent sur les doigts d’une seule main, puisque seulement deux autres cartes de ce type sont connues à l’heure actuelle : la première se trouve dans les fonds de la British Library, tandis que la seconde est exposée au sein du Musée Maritime de Rotterdam. Large de deux mètres, la carte fut imprimée à partir d’une technique de plaques de cuivre divisées en huit sections distinctes, le tout sur un support en lin.

Claire Thompson a apporté des précisions au sujet de l’état de la carte juste après sa découverte : le lin était chiffonné, des traces d’humidité avaient terni les ornementations, des insectes morts furent retrouvés à l’intérieur de la boule de tissu, ainsi que des déjections de petits rongeurs et des restes de graines partiellement grignotées. Tout laisse donc à penser que la carte fut abandonnée et négligée pendant de longues années avant d’être fortuitement redécouverte.

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Recoller les morceaux… © National Library of Scotland

 Malheureusement, malgré tous les efforts des équipes de restaurateurs de la National Library of Scotland, un peu moins de la moitié de la carte est définitivement perdue. Le reste, déchiré, Sali et fragilisé a fait l’objet d’un millier de soins apportés par les restaurateurs, soucieux de préserver ce qui pouvait encore l’être.

Pour pouvoir la déplier, les restaurateurs durent placer la boule de tissu dans une chambre humide, de sorte à ce que l’eau détende la matière roulée en boule probablement depuis des décennies. La carte fut ensuite séchée très lentement, avant application de papier Japon sur les parties les plus fragilisées. Heureusement, les encres et les pigments qui furent utilisés à l’époque par Gerald Vack n’étaient pas solubles dans l’eau, ce qui a permis aux restaurateurs de laver la surface de la carte.

Enfin, l’œuvre fut minutieusement détachée de son support originel en lin, avant d’être placée sur un nouveau support, tout neuf. Et depuis six semaines, la carte restaurée est visible au sein de la National Library, à Edinburgh. Les curieux peuvent admirer cette pièce rare jusqu’au 17 avril prochain, avant de retourner à l’abri des regards, dans les réserves de l’institution…

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