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La fresque monumentale de l’entrée du Berghain est à vendre

Jéremy Billault 20 mars 2017

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Décrochée dans le cadre d’une rénovation de l’établissement, la fresque monumentale de l’entrée du Berghain est vendue, pièce par pièce jusqu’au 17 avril prochain. L’oeuvre est un puzzle composé de 171 fragments qui seront vendus individuellement à différents acheteurs afin que son leur Histoire et l’Histoire du lieu continue d’être partagées. Histoire.

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Piotr Nathan, Rituale des Verschwindens, 2004 ©Piotr Nathan, Christine Frenzl

On apprécie la mise en abîme, la disparition des disparitions, le voyage du voyage et l’appropriation concrète de tout un symbole. Pour cause de travaux de rénovations imminents, le Berghain, club berlinois de légende, temple de la techno depuis son ouverture il y a plus d’une dizaine d’années, a décidé de décrocher définitivement Les rituels de disparitions (Rituale des Verschwindens) la fresque monumentale qui habillait son entrée. Après douze ans de bons et loyaux services, l’artiste (Piotr Nathan) et le club berlinois relâchent en quelque sorte la fresque gigantesque dans la nature, la laissant aux mains de ceux à qui elle appartient vraiment : le public. Le public en question a d’ailleurs répondu présent : en trois jours, tout a été vendu.

vendu

Capture d’écran du site

Pendant un mois, du 17 mars au 17 avril, l’oeuvre sera vendue sur un site internet : pour éviter qu’un individu ne finisse par la posséder à lui tout seul, les 171 panneaux qui composent la fresque murale seront vendus séparément (500 € chacun) . L’objectif est clair : il faut rendre au clubber ce qui appartient au clubber, vendre ces parcelles d’Histoire à ceux qui y ont participé, ceux dont la sueur les a peu à peu érodés, ceux pour qui et par qui ils ont vécu tout ce temps. Dans un communiqué, l’artiste considère que «  cette fresque ne peut être comprise que dans le contexte de la musique du club, des gens qui y font la fête, de cet aura absolument unique« . Il faut croire que la ville de Berlin aime que son histoire atterrisse par fragments (de mur ou de fresque murale) chez ceux qu’elle concerne.

La fresque est un dessin en noir et blanc de 5 mètres de haut pour 25 mètres de long dont les fragments ont toujours été légèrement séparés (que les puristes se rassurent, aucune fresque n’a été charcutée pour les besoins de l’opération) et dont le sujet est au moins aussi grandiloquent que ses dimensions. Ce sujet, c’est la disparition, les disparitions, sous ses formes les plus apocalyptiques :  une tempête de sable, une éruption volcanique, un tourbillon marin et, dans un autre genre, une aurore boréale sur un village paisible. A ce puzzle intitulé Les rituels de disparitionson n’aurait pu imaginer meilleure fin : l’esprit se répand un peu partout, au quatre coins du monde, chez ceux qui partagent ce vent de liberté et d’insouciance, ce que certains pensent philosophie ou acte politique, social, culturel, artistique, ce quelque chose d’insaisissable qu’on trouve là-bas et qui, soudainement, concrètement prendre la forme d’un morceau d’une fresque gigantesque, fragment symbolique d’une aura infinie. Joli rituel, jolie disparition, on apprécie la mise en abîme.

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