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Odiot, l’orfèvre de Napoléon Ier aux Arts Décoratifs

Agathe Lautréamont 17 mars 2017

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Après l’or, vient en toute logique l’argent. Depuis le 8 mars dernier, les Musée des Arts Décoratifs propose deux nouvelles expositions très intéressantes. Après un premier volet consacré à l’orfèvre Pierre Gouthière, attardons-nous désormais sur le second volet dédié à l’argent. L’institution de la rue de Rivoli nous propose de (re)découvrir le parcours de l’orfèvre Jean-Baptiste-Claude Odiot, créateur de génie qui parvint à hisser sa maison au sommet des orfèvreries françaises les plus fréquentées par les cours européennes du début du XIXe siècle. Pièces magnifiques, dessins finement travaillés… Explorons en image ce parcours réjouissant.

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Photographies © Agathe Lautréamont, 2017

C’est non sans une certaine fierté que le Musée des Arts Décoratifs de Paris affiche d’emblée dans l’exposition l’information suivante : le fonds de pièces réalisées par Jean-Baptiste-Claude Odiot en possession de l’institution est le plus important au monde, tant par sa qualité d’exécution que par la quantité des objets rassemblés.

Le musée a ainsi sorti de ses réserves trente-trois de ces petits trésors, assortis de presque deux cents dessins pour présenter le travail d’un artisan au talent surprenant mais qui demeure encore très mal connu du grand public. Et comme il est toujours très délicat d’accorder un grand parcours temporaire à une personnalité certes talentueuse, mais dont le nom ne parle malheureusement pas au plus grand nombre, le meilleur choix de parcours reste encore celui de la didactique.

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Photographies © Agathe Lautréamont, 2017

Finesse

Et c’est précisément le choix pour lequel a opté le Musée des Arts Décoratifs. Chaque pièce finement ouvragée par le maître Odiot se trouve dans une vitrine spacieuse, parfaitement éclairée, autour de laquelle on peut tourner durant de nombreuses minutes, de sorte à se délecter de ses moindres détails. Les cartels, très précis, nous renseignent sur les matières, les techniques et les sources d’inspiration de l’orfèvre.

Sous les lampes des Arts Décoratifs argent, or et bronze dorés brillent de mille éclats, et l’on se surprend à penser que la dénomination « objet d’art » n’a jamais été aussi méritée. Puis, tout autour de ces bijoux de précision et de finesse, des feuilles illustrent le travail de recherche activement mené en amont par l’artisan.

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Photographies © Agathe Lautréamont, 2017

Des clients prestigieux

Tous les dessins présentés sur les murs de l’exposition temporaire des Arts Décoratifs sont datés du premier quart du XIXe siècle, et ont été réalisés dans leur grande majorité au graphite ou à la plume, simplement rehaussés de lavis d’aquarelle, de gouache ou d’encre. Avec beaucoup de plaisir, on assiste alors à la gradation du projet. D’abord, Odiot conçoit une idée vague d’une pièce de décoration, les esquisses sont alors rapides, peu détaillées, mais offrent déjà une belle idée de ce à quoi ressemblera la décoration finale.

Ensuite, l’artisan exécute ce qu’on appelle le projet d’exécution, feuille qui lui servira de base de travail pour la conception de l’objet. Enfin, et ce sont là les plus belles réalisations, on trouve le dessin abouti qui est présenté au client. L’œuvre doit être fine, précise, fourmiller de détails et rendre avec le plus de précision possible ce à quoi ressemblera la pièce commandée une fois achevée. C’est ce dessin ultime qui scelle l’accord entre l’artisan et l’acheteur, aussi doit-il être parfait en tout point.

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Photographies © Agathe Lautréamont, 2017

Argenterie

Que trouve-t-on alors dans cette exposition ? Des coupes, des sucriers, des fontaines à thé, des soupières, des salières, des verrières, des seaux… En somme, tout ce qu’il faut pour garnir richement une table d’un membre de l’aristocratie, de la haute-bourgeoisie, voire de la famille impériale. Car Odiot resta longtemps dans les petits papiers de l’empereur Napoléon Ier, réalisant de nombreuses pièces pour orner les soupers de Bonaparte et de ses invités de marque.

Certaines feuilles représentent les futures réalisations en taille réelle, de sorte à ce que le client puisse au mieux se rendre compte de sa future acquisition. On admire la précision du trait d’Odiot et on reste pantois devant ce personnage aux talents multiples, doté d’une grande imagination et d’une délicatesse rare.

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Photographies © Agathe Lautréamont, 2017

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