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Au Grand Palais, éternel Auguste Rodin

Agathe Lautréamont 17 mars 2017

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Le 17 novembre 1917, Auguste Rodin mourait dans sa propriété de Meudon, à l’âge de soixante-dix-sept ans. Cette année 2017 marque donc le centenaire de la disparition du grand sculpteur, une année-anniversaire qui a déjà commencé sur les chapeaux de roue avec l’exposition du Musée Rodin : Kiefer-Rodin. En cette fin de mois de mars, le Grand Palais prend le relais et ouvre l’exposition du centenaire, visible du 22 mars au 31 juillet prochain. Mais pour le musée parisien, le défi est de taille : comment proposer une exposition d’ampleur sur le génial artiste, tout en offrant un regard innovant et un discours neuf ? Visitons ensemble ce nouveau parcours, afin de tenter de répondre à cette question…

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Auguste Rodin, Cathédrale, 1908 © Musée Rodin

C’est un personnage que les amateurs de Rodin connaissent bien, qui nous accueille avec grâce dans le nouveau parcours temporaire du Grand Palais. Les traits apaisés, comme tournés vers le ciel afin que son visage soit réchauffé par le soleil, un adolescent dans la force de l’âge paraît s’étirer, le bras relevé, tandis que son autre poing tient un bâton effacé par Rodin, qui lui servait d’appui pendant les longues séances de pose.

L’œuvre est si saisissante de réalisme, de chair vive, de sang battant dans les veines, qu’on accusa le sculpteur encore inconnu à cette époque d’avoir moulé directement sur le corps du jeune homme qui sert de modèle pour L’âge d’Airain. L’attaque blessa profondément l’artiste, mais la légende venait de naître. C’est donc dans la légende que nous pénétrons avec cette exposition du centenaire, un parcours riche en œuvres, puisque pas moins de deux cents créations signées par Auguste Rodin ont été réunies pour une durée de quatre mois.

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Auguste Rodin, Les Bourgeois de Calais, épreuve moderne, 1889-2005 © Musée Rodin

La terre, le corps

Partout, des corps. Entiers, amputés, en bustes. Çà un torse puissant, courbé d’un côté pour mieux faire saillir les pectoraux admirablement dessinés. Là, deux mains qui dansent, s’effleurent, se touchent et n’osent s’enlacer dans un ultime sursaut de pudeur. Un peu plus loin, un groupe de six personnages vêtus de haillons, lourde corde de chanvre au cou, les traits ravagés par la faim imposée par un long siège.

Les Bourgeois de Calais tournent éternellement en rond, la tête baissée de résignation ou le visage fermé par la crainte ; ils s’apprêtent à se livrer aux envahisseurs anglais. Leurs mains et leurs pieds, nus, sont démesurés ; comme toujours chez Rodin. Les traits des vieillards sont saillants, sillonnés de rides, les lèvres s’avancent, proéminentes, au-devant de bouches que l’on devine édentées.

Un peu plus loin, comme en écho au travail de Rodin, on admire dans une vitrine la fameuse fileuse sculptée par Camille Claudel, la terrible Clotho, dont la charge, effroyable, était de tisser le fil de la vie des mortels ; fil qu’elle allait voir irrémédiablement déroulé puis tranché par ses sœurs Lachésis et Atropos.

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Auguste Rodin, Le Baiser, 1881-1882 © Musée Rodin

Maître et élèves

Car en effet, le visiteur ne jouit pas seulement d’un face à face avec l’unique Rodin, il rencontre non seulement ses contemporains et élèves (Claudel donc, mais aussi Antoine Bourdelle, Ossip Zadkine et Constantin Brancusi) ainsi que certains suiveurs, qui se sentirent à un moment donné de leur carrière, innervés par l’influence de Rodin.

Car au-delà de la personnalité d’Auguste Rodin et de son talent, que l’on connaît déjà tous et qu’il n’est pas nécessaire de détailler à nouveau, c’est surtout son ombre qui est explorée par le Grand Palais. De son vivant, le maître fut célébré comme celui qui était parvenu à redonner vie à la sculpture, tant ses mains étaient fascinées par le rendu vivace, prégnant, des chairs et des cœurs palpitants.

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Auguste Rodin, Torse d’Adèle, 1882 © Musée Rodin

Pousser à l’ombre d’un grand arbre

Comment alors pour la génération suivante, prendre le relais d’un tel géant ? Certains choisirent simplement de s’inspirer du sillage laissé par Rodin, tout en exagérant encore l’expressionnisme, les visages ravagés, les gestes démesurés, à la façon d’un Antoine Bourdelle. D’autres au contraire, reprirent à leur compte certaines grandes idées directrices en guise d’hommage tout en ouvrant la voie vers des expérimentations nouvelles. Et pour mieux saisir cette influence, le Grand Palais a choisi de présenter au public de nombreuses œuvres préparatoires de Rodin.

On trouve ainsi un nombre infini de plâtres et terres cuites, souvent de petite taille, mais qui témoignent de l’abondant travail toujours réalisé en amont d’une sculpture finale. Des mains ouvertes, des torses étendus dans une extase, des visages déformés par les larmes, des poitrines rondes et pleines de jeunes filles à la peau délicieusement lisse, des poings serrés dramatiquement et convulsivement ; de colère ou de douleur, nul ne le sait.

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Auguste Rodin, Ombres d’homme et d’enfant, vers 1880 © Musée Rodin

Mais le parcours est riche, très riche, si riche que nous ne pouvons passer ici en revue toutes les étapes de l’exposition, qui explore la carrière, l’influence et l’héritage du grand artiste français. Entre les moulages, les œuvres finales, les agrandissements, les cabinets d’arts graphiques, les photographies… Le mieux est encore que vous poussiez la porte du Grand Palais.

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Exposition terminée
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