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Dans sa nouvelle exposition, le Grand Palais cultive ses jardins

Agathe Lautréamont 14 mars 2017

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Découvrir une exposition temporaire où se côtoient Albrecht Dürer, Ellsworth Kelly, Gustave Caillebotte et Jean-Jacques Rousseau, vous n’y croyez pas ? Et pourtant, le Grand Palais l’a fait. Avec son nouveau parcours sobrement intitulé « Jardins », l’institution parisienne propose au grand public un cheminement long, à travers les âges et les styles, avec en guise de fil d’Ariane ce thème original. Entre manuscrit, huiles sur toiles, photographies et râteaux, visite d’un parcours… prolixe.

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Claude Monet, Le Déjeuner, vers 1873 © Musée d’Orsay

En introduction à cette exposition, la reproduction d’une fresque peinte retrouvée sur le mur de la maison dite « du bracelet d’or », à Pompéi. Puis, quelques pas plus loin, nous découvrons un petit manuscrit au cuir usé et qui, on le devine à son aspect, a été longuement utilisé. Ce livre relié se révèle en réalité un herbier, ayant appartenu à une figure imposante de la littérature française : Jean-Jacques Rousseau.

Encore quelques pas et c’est face à une large vitrine que nous nous trouvons. Derrière l’épaisse vitre, scintillent de tous leurs feux des parures, colliers et broches signées de la grande maison de haute-joaillerie Cartier, représentant des plumes, des fleurs, des palmiers… Le décor est donc planté d’emblée, tandis que l’intention du Grand Palais s’impose clairement et ne se démentira pas au cours du (très) long cheminement muséal que l’institution parisienne proposera jusqu’au 24 juillet prochain.

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Karl Blossfeldt, Cucurbita, Allemagne © Berlin University of the Arts

De Pompéi au Japon contemporain

Le parcours de l’exposition « Jardins » est essentiellement thématique (il aurait été difficile d’envisager un parcours chronologique). Ce choix a permis au Grand Palais de subdiviser son parcours en étapes touchant au monde du jardin, de la botanique mais aussi sur la pratique du jardinage en elle-même.

Parfois, les étapes se recoupent du fait de leurs subdivisions très proches, c’est ainsi qu’il n’est pas rare de croiser des herbiers et autres recueils entomologistes dans des étapes parfois très éloignées l’une de l’autre. Mais toutes ont en commun cette ligne conductrice : le foisonnement. Des œuvres, partout, en très grand nombre.

Le visiteur croise une huile sur toile signée Jean-Honoré Fragonard, admire les petits carrés de sables colorés de Koichi Kurita, parcours les pages d’un herbier allemand du XVIIIe siècle tenu par une main malheureusement anonyme, admire des photographies réalisées via la technique du gélatino-bromure d’argent, croise des panneaux décoratifs symbolistes d’Odilon Redon, apprécie le Nu dans un jardin de Pablo Picasso.

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Albrecht Dürer, Ancolie, vers 1490 © Albertina, Vienne

Des découvertes

Nous apprenons qu’au début du XXe siècle, le fier parc du Domaine de Sceaux était totalement laissé à l’abandon grâce aux clichés sépia d’Eugène Atget. Nous découvrons que dans son jardin de Giverny, Claude Monet s’amusait à prendre des « selfie », en vérité, son ombre se reflétant sur la surface des étangs aux nymphéas. Nous restons de longues minutes à admirer les dessins de Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) qui, d’une main exquise, réalise des vues des jardins d’Arcueil à la pierre noire et craie blanche sur papier bleu.

Certains feuillages semblent avoir été réalisés à l’aide d’une précision microscopique… Enfin on (re)découvre avec un plaisir évident le peintre wallon Pierre-Joseph Redouté qui, en son temps, était surnomme « Le Raphaël des fleurs ». À la vue de trois de ses œuvres présentées en début de parcours, on s’approche, curieux, désireux d’en apprendre un peu plus sur ces jolies gravures… Et immédiatement, on réalise que ce sont en vérité des aquarelles ; exécutées par une touche méticuleuse, virtuose.

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Eugène Atget, Parc de Sceaux, 1925 © BNF, Paris

En sortant le nouveau parcours du Grand Palais, c’est l’imagination encore pleine des belles découvertes esthétiques que l’on se met tout de même à douter un peu. Si c’est évidemment un bonheur d’avoir pu admirer des gouaches méconnues d’Albrecht Dürer, des photographies émouvantes d’Auguste Sander, ou des aquarelles étonnante de douceur par l’artiste contemporain Patrick Neu, il n’en demeure pas moins qu’un étrange sentiment de désordre s’empare peu à peu de nous.

L’exposition du Grand Palais se voulait très (trop ?) complète, exhaustive, probablement électrisée par son choix de thématique. Aussi les commissaires se sont-ils peut-être laissé emporter par leur enthousiasme, confondant foisonnement et confusion. Peut-être aurait-il fallu mieux ordonner cette profusion afin d’éclaircir le discours de l’exposition. Une note négative donc, mais qui ne gâche pour autant pas le plaisir d’une visite qui reste, malgré tout, très plaisante.

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Jean-Honoré Fragonard, La fête à Saint-Cloud, vers 1775-1780 © Collection Banque de France

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Exposition terminée
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