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Une édition originale de La Tauromachie de Goya découverte dans un château en France

Agathe Lautréamont 13 mars 2017

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Une première édition complète d’un ensemble de gravures de Francisco de Goya intitulé La Tauromachie a été découverte dans la bibliothèque du Château de Montigny, en Eure-et-Loir. La découverte, rarissime, sera bientôt vendue aux enchères sous le marteau de la maison Sotheby’s. Estimation de la trouvaille ? Pas moins de 500 000 euros…

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Francisco de Goya, La Tauromachie, 1815-1816 © Sotheby’s

La vieille bibliothèque familiale est parfois comme une boîte de chocolat : on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Et l’adage s’est encore vérifié en fin de semaine dernière : si la bibliothèque du château de Montigny, dans le département de l’Eure-et-Loir se révèle exceptionnellement fournie, c’est pourtant un petit volume, au fond d’une étagère, qui a attiré l’attention de son propriétaire.

À l’intérieur de ses pages, dormaient en effet des feuillets d’une rare importance : une première édition complète de La tauromachie de Goya, un ensemble de gravures que l’on pensait perdu depuis au moins cent cinquante ans. Et si l’on en croit Séverine Nackers, la directrice du département des manuscrits et des imprimés de la maison Sotheby’s, cette découverte est en tout point unique, alors qu’elle se réjouit déjà de voir cette magnifique pièce vendue aux enchères par la célèbre maison le 4 avril prochain.

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Francisco de Goya, La Tauromachie, 1815-1816 © Sotheby’s

Cachées dans un livre relié

Mais comment réalise-t-on une découverte aussi surprenante ? Tout simplement en se livrant à un grand ménage de printemps ! C’est l’actuel propriétaire du château de Montigny qui a mis la main sur les gravures en passant en revue tous les volumes contenus dans sa riche bibliothèque. En effet, la trentaine de feuillets était glissée à l’intérieur-même de l’un de ses livres.

Aux alentours de 1830, son ancêtre, le Marquis de Laval (qui fut réfugié politique en Angleterre après la Révolution Française), décida de bâtir une fabuleuse pièce dans son domaine afin d’accueillir la collection d’ouvrages, manuscrits et gravures qu’il avait accumulée au cours de sa prolifique carrière en tant que diplomate et politicien.

Malheureusement, l’actuel châtelain a décidé de se séparer des gravures de Goya, expliquant son choix par le fait que, comme tout propriétaire d’un château, celui-ci a constamment besoin de fonds pour entretenir sa grande bâtisse. Francisco de Goya a activement pratiqué la gravure tout au long de sa carrière artistique.

La série La Tauromachie, qui compte trente-trois eaux fortes, fut exécutée entre 1815 et 1816, alors qu’il travaillait déjà à une autre série destinée à marquer l’Histoire de l’art : Les Désastres de la Guerre. Toujours à la recherche d’argent, Goya savait que la gravure plaisait au grand public du fait de sa facilité de diffusion, son prix accessible et surtout ses thématiques populaires. La Tauromachie, il n’en doutait pas, ne pouvait que rencontrer le succès.

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Francisco de Goya, La Tauromachie, 1815-1816 © Sotheby’s

Une édition rare

Déjà au temps de l’influent artiste espagnol, les éditions complètes de ses gravures étaient rares, puisque les amateurs préféraient la plupart du temps se porter acquéreur d’une ou deux gravures, plus rarement de la série dans son entièreté. Aujourd’hui, les éditions complètes dorment le plus souvent dans les rayonnages des musées et des bibliothèques nationales. Et même si en 1816, La Tauromachie n’apporta pas à Goya la fortune espérée, elle est aujourd’hui très recherchée par les amateurs d’art. En témoigne cette vente d’une édition complète de cette série de gravure vendue à New York il y a quatre ans : la pièce s’était envolée à 1.9 millions de dollars.

Quant au riche Marquis de Laval, il devint l’heureux propriétaire de cette première édition peu de temps après leur publication, probablement dans le cadre d’un cadeau diplomatique. La richesse du Marquis (Anne-Adrien-Pierre de Montmorency-Laval, pour les intimes) a pris à la chute de Napoléon Bonaparte, qui fut suivie par la Restauration : Louis XVIII pour la France et Ferdinand VII pour l’Espagne firent à nouveau basculer leurs pays dans un régime monarchique.

Laval devint alors ambassadeur à Madrid de 1814 à 1823, puis occupa différents postes à Rome, Vienne et Londres avant de se retirer de toute vie politique pour couler des jours heureux dans son superbe château non loin de Paris. Le riche Marquis rendit son dernier soupire en 1837, léguant sa fortune et ses collections à ses descendants.

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