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Mossoul : découverte de trésors archéologiques dans des tunnels creusés par l’EI

Agathe Lautréamont 10 mars 2017

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Au Moyen-Orient, Mossoul fait malheureusement partie de la longue liste des villes martyrs, situées sur un lieu stratégique et possédant un fort pouvoir symbolique; au point que les antagonistes se disputent la cité jusqu’à la détruire en grande partie. Mais en ce début de semaine, alors que les troupes irakiennes sont parvenues à remettre la main sur Mossoul, une équipe d’archéologues a pu faire une étonnante trouvaille : des ruines archéologiques ont été découvertes dans des tunnels que l’organisation État Islamique a creusés sous la ville ravagée…

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Des bas-reliefs qui ont survécu à l’EI © Aris Messinis – Getty Images

Au coeur de longs tunnels creusés par les terroristes sous un monument de la ville ravagée de Mossoul, des archéologues irakiens ont découvert des sculptures et des inscriptions qui, selon les premières estimations, seraient vieilles de presque deux mille ans. Ces pièces archéologiques, nombreuses et inconnues jusqu’alors, parsèment de touches de beauté antique un réseau labyrinthique qui a été patiemment creusé par l’EI, dans l’optique de futurs combats à mener pour la domination de la cité.

Pour le moment, peu d’informations ont été révélées sur les oeuvres découvertes; même les photographies prises rapidement dans le complexe de tunnels ne permet pas de se faire une idée précise de ce à quoi l’on a à faire. Pour le moment, les sculptures réalisées à même la roche des tunnels semblent représenter des prêtres et des déroulés de cérémonies religieuses.

Tout ce que l’on sait avec précision est que ces pièces ont été découvertes sous un tumulus de grande taille, qui fut grandement endommagé par les exactions de l’organisation terroriste en 2014. Cette année-là, les fous d’Allah avaient dynamité une magnifique mosquée datant du XIIe siècle, parce qu’ils pensaient que le lieu de culte abritait la tombe du prophète Jonas.

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Des bas-reliefs qui ont survécu à l’EI © Aris Messinis – Getty Images

Un vaste complexe souterrain

Ces découvertes feraient en vérité partie d’un vaste complexe, probablement un temple ou l’entrée d’un ancien palais jusqu’alors inconnu des historiens, remontant à la période Assyrienne et probablement construit autour des Ve et VIe siècles avant J-C. Cette découverte inespérée est une excellente nouvelle, dans un contexte de destruction folle et de pertes irremplaçables pour le patrimoine et l’Histoire de l’art. Du fait de la situation souterraine des oeuvres, les terroristes n’ont pas eu la possibilité (ou le temps ?) de les détruire ou de les extraire des parois des tunnels afin de les vendre; le trafic d’oeuvres d’art représentant une manne financière non-négligeable pour l’EI.

L’équipe d’archéologues est dirigée par le chercheur Saleh Noman, qui travaille en étroite collaboration avec le British Museum.Pour le scientifique, les tunnels de l’État Islamique ont été si profondément creusés dans le sol, et donc les siècles, qu’ils sont parvenus à tomber sur des vestiges de temples qui ont été bâtis en ces lieux bien avant notre ère.

Mais pour le moment, seules de photographies d’une piètre qualité ont été transmises aux équipes du British Museum qui pilotent à distance des opérations de préservation de la ville de Mossoul. Mais ces clichés pris dans l’empressement montrent tout de même une trouvaille vraiment excitante et d’une grande importance historique.

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Des soldats irakiens posent devant de la propagande de l’État Islamique © Wikimedia Commons

Les reliefs, sculptés à même la pierre des tunnels, sont uniques en leur genre; puisqu’ils présentent des ornementations que les archéologues n’ont encore jamais vues sur aucune autre site Assyrien. Des témoignages (mais sans photographies à l’appui) évoquent également la présence de « lamassu », cette créature légendaire au corps de taureau mais pourvue d’une paire d’ailes.

Ces sculptures laissent penser aux archéologues que l’EI aurait involontairement découvert l’entrée d’un palais princier ou d’un ancien temple. L’équipe se montre particulièrement enthousiasmée par la découverte d’inscriptions sur la pierre; ce qui n’est pas surprenant, les anciens chefs assyriens appréciant beaucoup l’écrit pour assoir leur pouvoir et affirmer leur autorité tout en vantant leurs prestigieuses lignées.

Des vestiges inestimables

Mais cette découverte exceptionnelle ne saurait éclipser le courage sans faille des chercheurs. Les archéologues irakiens travaillent dans des conditions de danger réel, du fait du conflit qui s’enlise depuis de nombreuses années mais aussi de la fragilité du terrain, qui a été rendu instable par les bombardements à répétition. Pour le moment, il est impossible de mettre sur pied une mission archéologique de grande ampleur, tant la situation se révèle encore instable dans le pays.

Mais les chercheurs irakiens ont bon espoir d’organiser une expédition internationale une fois la guerre terminée. Ces recherches leur permettront de confirmer ou infirmer ce qu’ils suspectent déjà : ces oeuvres archéologiques dateraient de la fin du vaste empire Assyrien, qui finit par s’effondrer suite aux incessantes attaques extérieures et aux luttes internes pour le pouvoir.

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