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Des peintures rupestres vieilles de 34 000 ans découvertes en France

Agathe Lautréamont 3 mars 2017

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Des découvertes archéologiques sont toujours un événement. Que l’élément retrouvé soit un fer de lance ou les restes d’un village ancien, les historiens se penchent systématiquement avec attention sur ces reliques du passé qui nous parlent d’anciennes civilisations : Égypte antique, monde Celte, Grèce Antique… Mais cette fois, la découverte récemment faite en France remonte à beaucoup plus loin : au Paléolithique. Des peintures rupestres vieilles de 34 000 ans pourraient bouleverser l’Histoire de l’art…

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Un mammouth réalisé sur un éclat de calcaire © Randall White, 2017

Le long de la rivière Vézère, entre la Corrèze et la Dordogne, une équipe internationale composée d’anthropologues et d’archéologues a fait une fascinante découverte. Dans deux anciens abris, les chercheurs ont mis la main sur des dessins gravés d’aurochs et de mammouths qui auraient été réalisés entre 32 000 et 34 000 ans avant notre ère.

Cette datation exceptionnelle leur vaut donc une place sur le podium des plus vieilles représentations connues à ce jour ! Si on regarde leur style avec attention, on se rend compte qu’ils se rapprochent des peintures rupestres retrouvées dans la grotte Chauvet, en Ardèche. Il n’y a qu’un pas pour dire que la culture aurignacienne, la plus ancienne d’Europe, se serait diffusée. Mais ce qui a le plus fasciné l’équipe de chercheurs, dirigée par le Dr. Randall White de l’Université de New York, ce sont bien ces motifs « pointillistes » présents sur plusieurs éclats de roche…

Car avec cette découverte, les archéologues ont en vérité fait d’une pierre deux coups ! En réalisant des fouilles sur deux abris préhistoriques connus, l’abri Blanchard et l’abri Cellier, l’équipe a en effet retrouvé ces fameuses roches gravées de surprenants traits et points figurant des formes animales. Puis, une datation a permis d’estimer leur ancienneté entre 32 000 et 34 000 ans.

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Un auroch réalisé sur un éclat de calcaire © Randall White, 2017

Dans le premier abri (Blanchard) se trouvant dans le vallon des Roches, à Sergeac (à proximité d’un ruisseau se jetant dans la rivière Vézère), les anthropologues ont mené trois campagnes de fouilles entre 2009 et 2014, et trouvèrent à cette occasion les fameuses œuvres « pointillistes » représentant, entre autre, des aurochs. Il ne reste plus grand-chose de l’abri, dont le plafond de pierre s’est écroulé depuis bien longtemps. Mais c’est justement cet éboulement qui a probablement permis la préservation du dessin d’auroch, au milieu d’autres vestiges comme des outils, des rejets de taille, des restes de repas…

Les archéologues purent dans le même temps constater que cet abri avait servi sur une longue période, à plusieurs générations d’hommes préhistoriques. Mais il est pour le moment impossible de dire combien d’années séparent les diverses périodes d’occupation de l’abri idéalement situé à proximité de cours d’eau. Pour cet âge, la datation au carbone 14 ne permet qu’une estimation à 1000 ans près. En plus de l’auroch constitué de points et de traits, les chercheurs ont également exhumé un mammouth réalisé dans ce même style artistique, vieux d’environ 32 000 ans.

L’artiste qui a dessiné ce mammouth était nécessairement aurignacien, à en juger par les détails artistiques de la trompe de l’animal, ainsi que des traits caractéristiques autour de l’œil de la bête. Sans compter que le calcaire (qui a servi de support à l’œuvre) a été abrasé au niveau du dos, de sorte à donner à la roche la forme du fier animal. Le style « pointilliste » se retrouvant sur des peintures de la grotte Chauvet – Pont d’arc, cela signifie-t-il que les hommes qui ont réalisé ces œuvres pariétales ont été en contact à un moment de leur histoire ? Il ne reste guère de place au doute…

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Une vue de la grotte Chauvet © Unesco

Du côté de l’abri Cellier, l’équipe d’anthropologues franco-américaine dirigée par Randall White a pu retrouver, suite à une campagne de fouilles commencée en 2014, pas moins de seize blocs de pierre (l’un d’entre eux est cassé en deux) qui peuvent être datés à l’aide du carbone 14 et représentant la faune préhistorique. Là aussi, comme dans le premier abri, les dates concordent : entre 32 000 et 34 000 ans. Les découvertes peuvent donc concourir au titre de plus anciens dessins retrouvés dans le monde.

D’autant que la précision des aurochs et des mammouths est d’une grande finesse pour des œuvres parmi les premières dans la longue Histoire de l’humanité. Marqueur d’identité ? Symboles religieux ? Pur plaisir créatif ? Difficile de dire ce qui motiva ces premiers hommes à représenter la faune qui les entourait dans un style aussi original, mais ce qui est sûr, c’est que ces éclats de roche peuvent désormais entrer dans la longue, très longue Histoire de l’art.

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