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Au Mucem, Anne-Marie Filaire explore les zones de sécurité temporaires

Laura Bourdon 3 mars 2017

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Depuis plus de vingt-cinq ans, la photographe Anne-Marie Filaire parcourt le monde et essentiellement les zones de frontières, comme la Palestine et l’Israël où elle s’est rendue à maintes reprises entre 1999 et 2007. Elle s’intéresse aux paysages et leurs représentations dans ces zones traumatiques, ces espaces figés, marqués par les conflits. A l’occasion de la sortie de son livre aux éditions Textuel, le Mucem (Marseille) dédie une exposition à un fragment de son travail photographique réalisé dans la région Proche-Orient.

1-Anne-Marie Filaire_Colonie israelienne de Maale Adumim_Palestine_juillet 1999

Anne-Marie FILAIRE, Colonie israélienne de Maale Adumim, Palestine – juillet 1999 © Anne-Marie Filaire

Anne-Marie Filaire est originaire d’Auvergne, où elle commence à photographier les paysages avant de s’intéresser plus avant aux frontières marquées par les traces de la guerre. Pendant plusieurs années, elle est missionnée par le ministère de l’environnement pour « l’Observatoire photographique du paysage ». Le but de cette mission est de créer un fonds photographique de paysages, dont les prises de vues réalisées successivement à des époques différentes témoignent de leur transformation dans le temps.

Cette mouvance du territoire dans l’espace et dans le temps est au cœur de la démarche photographique d’Anne-Marie Filaire. Si l’objet de ses recherches l’amène à rencontrer de nombreux journalistes et photoreporters, son approche est néanmoins bien différente, tel qu’elle le précise dans un entretien : « Je n’allais pas chercher des situations de pays en guerre, j’allais voir des paysages, des pays désertiques qui me parlaient, qui semblaient répondre à des questions que je me posais sur le sens que j’avais donné à ma vie. »

2-Anne-Marie Filaire_Gaza_Palestine_juillet 1999

Anne-Marie FILAIRE, Gaza, Palestine – juillet 1999 © Anne-Marie Filaire

A la rapidité de l’information et aux images volontiers choquantes dont regorgent nos écrans de télévision à l’annonce de conflits, Anne-Marie Filaire préfère les temporalités longues, la recherche documentaire menée au cœur de ces lieux chargés d’histoire ; afin d’en conserver la mémoire, d’en observer les métamorphoses.

C’est en 1999 qu’elle commence à photographier les paysages de Palestine ; un travail qui s’étendra finalement jusqu’en 2007, dans un moment de tension extrême puisqu’en 2004 était construit le mur à Jérusalem. Pendant plusieurs années, la photographe s’est rendue sur place s’attachant à observer l’espace, l’arpentant et le documentant à la manière d’une géographe. Cette première série ouvre l’exposition du Mucem à Marseille.

3-Anne-Marie Filaire_Hizma crossroad_arrivee sur Jerusalem depuis le nord de la Cisjordanie_22 janvier 2007

Anne-Marie FILAIRE, Hizma crossroad, arrivée sur Jérusalem depuis le nord de la Cisjordanie – 22 janvier 2007 © Anne-Marie Filaire

L’exposition déroule quatre grands voyages de la photographe aux frontières de pays du Proche-Orient, celles d’Israël-Palestine, du Yémen-Erythrée, de Beyrouth-Sud-Liban et à la frontière Jordano-Syrienne, des photographies toutes réalisées entre 1999 et 2014. La photographe raconte « Lors de mon premier passage à Assab pour traverser la Zone de Sécurité Temporaire, cette zone frontière de 25 kilomètres de large entièrement minée et encore sous tension, je n’ai pas pu y pénétrer et j’ai été refoulée au km 44 (…). La situation politique était à ce moment difficile et la semaine précédente, 10 journalistes de la presse indépendante s’étaient fait arrêter et emprisonner. Je suis revenue les 12 et 13 novembre munie d’une carte de presse prêtée par les Nations Unies. J’ai pu à ce miment pénétrer dans cet espace où j’ai réalisé une centaine d’images ».

C’est dire si la tension qui émane de ses photographies est palpable ; un sentiment d’entre-deux, une écriture du monde et du réel tel qu’il est en terrain de sécurité, où la guerre et le chaos ont laissé place à un grand vide, au silence. Il y est aussi question d’exil et de refuge ; un sentiment conforté par l’utilisation quasi-systématique du noir et blanc, et l’attention particulière que la photographe porte à la lumière. Pour autant malgré la violence contenue dans ses séries d’images, Anne-Marie Filaire parvient à en extraire la beauté et la poésie, car la beauté « exorcise la violence », confie l’artiste.

7-Anne-Marie Filaire_Sanaa_Yemen_novembre 2001

Anne-Marie FILAIRE, Sanaa, Yémen – novembre 2001 © Anne-Marie Filaire

Dans une scénographie volontairement libre et aérée, les œuvres aux formats divers (blocs d’images, moyens formats et larges panoramas morcellés) se rencontrent pour entamer un dialogue puissant ; tel un fragment de vie rassemblé, portant en lui le bruit d’une sourde violence.

ZONE DE SÉCURITÉ TEMPORAIRE

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Depuis ses premières séries initiées en 1993 dans sa région natale en Auvergne, jusqu’aux poudrières du Moyen-Orient, Anne-Marie Fila...

Exposition terminée
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