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L’estampe à Paris en 1900 : art, fêtes et spectacles

Agathe Lautréamont 2 mars 2017

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Pour ce début d’année 2017, le van Gogh Museum d’Amsterdam a décidé de sortir de ses réserves quelques-uns de ses plus beaux trésors. Cette fois, il ne sera pas question du célèbre peintre néerlandais, mais d’un tout autre sujet : les estampes publicitaires qui ornaient les murs de Paris entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Ces affiches, fragiles et sensibles aux longues expositions à la lumière, sont très rarement montrées au public. C’est ce qui rend cette nouvelle exposition :  « Estampes à paris, 1900 » d’autant plus exceptionnelle. Nous avons eu la chance de la visiter et nous allons vous en dire plus…

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Théophile A. Steinlen, Affiche pour la tournée du Chat Noir, 1896 © Van Gogh Museum, Amsterdam

Du 3 mars au 11 juin prochain, le van Gogh Museum d’Amsterdam propose à ses visiteurs une immersion des plus réussies dans une époque faite de fêtes et de progrès techniques, dont la seule évocation nous parle de rêve, de fêtes et de plaisirs : le Paris de la Belle Époque. C’est-à-dire un temps situé entre la fin du XIXe siècle et le début de la Première Guerre Mondiale.

Durant ces années de réjouissances, Paris est devenue la capitale des distractions, de la liesse, du bonheur sans limite où la nuit s’anime encore davantage que le jour, à la couleur jaunâtre des ampoules électriques, des lampions et du foyer rougeoyant des cigares vissés aux lèvres des badauds qui venaient s’encanailler dans un quartier parisien en particulier : Montmartre. Sa butte, ses ruelles sinueuses, son atmosphère de mystère et de plaisirs et surtout ses défilés de cabarets, de bistrots et de café-concert où l’on peut venir boire un verre tout en admirant les pirouettes des danseuses aux mœurs légères.

Ce monde nocturne en complète ébullition, qui brillait par l’éclat de ses couleurs jaunes, oranges, rouges, cramoisi comme les lèvres des prostituées et des pommettes des visiteurs qui s’amusaient dans des atmosphères confinées et surchauffées, les artistes de ce temps l’a capturé pour notre plus grand plaisir. Mais pas de n’importe quelle façon : via l’estampe publicitaire.

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Théophile A. Steinlen, La rue, 1896 © Van Gogh Museum, Amsterdam

Un autre monde

Alors, c’est un défilé, à la musique du french-cancan et dans l’ambiance enfumée des cabarets. Toulouse-Lautrec, Pierre Bonnard, Odilon Redon, Félix Vallotton, Théophile Steinlen, Paul Gauguin, Eugène Carrière, Edgar Degas, Paul Signac, Albert Besnard… Ils sont tous là, ces contemporains qui ont connu les bouleversements sociaux de la Belle Époque, la révélation de la fée-électricité, l’assouplissement des mœurs et le sommeil progressif de la morale.

Ils ont assisté à l’éclosion d’un nouveau Paris, qui avait foi dans l’avenir mais rêvait aussi de célébrer un instant délicieux comme s’ils avaient la prescience qu’il ne pourrait pas durer indéfiniment (les obus de la guerre de 14-18 viendront pulvériser cet optimisme qui paraissait infaillible). Comment ne pas détailler, avec un plaisir certain bien que nous la connaissions toutes et tous, l’inénarrable affiche pour la Tournée du Chat Noir de Steinlen ?

Le matou efflanqué, aux grands yeux du même jaune que le fond de l’affiche, est devenu une image d’Épinal pour représenter Paris au tournant des XIXe et XXe siècle. Le lettrage noir reprend la courbe de la queue enjôleuse du chat, tandis que les couleurs chaudes invitent à la découverte de réjouissances que la bonne vertu s’empresserait de condamner…

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Henri de Toulouse-Lautrec, Affiche pour Le Divan Japonais, 1893 © van Gogh Museum, Amsterdam

Vendre le plaisir

Comment ne pas parler aussi des affiches dessinées par Henri de Toulouse-Lautrec, qui connaissait parfaitement cet univers de la nuit, du tabac, de la danse et de l’absinthe consommée sans modération ?

L’artiste aux jambes torses n’aimait rien de moins que fréquenter les prostituées du quartier de Montmartre, à un tel point qu’il parvint à établir une relation de confiance avec plusieurs d’entre elles. On peut constater ce lien indéfectible sur plusieurs œuvres réalisées par le peintre, où l’on voit les filles de joie dans l’intimité de leur maison close, à la toilette ou simplement au réveil, tandis que la matinée est déjà bien avancée.

Ces postures, ces moments de secret ne sont jamais visibles des clients de passage, qui prennent leur plaisir puis s’en vont par la porte qui donne sur la nuit. Toulouse-Lautrec nous livre l’invisible, ce qui rend cette série de croquis et de peintures à la hâte particulièrement touchante.

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Henri de Toulouse-Lautrec, Affiche pour le Moulin Rouge, 1893 © van Gogh Museum, Amsterdam

Une exposition très riche

Mais il serait difficile de décrire l’entièreté du parcours, tant celui-ci est riche, complexe, émouvant, angoissant, en un mot : réussi. Que ce soit au niveau de la scénographie, qui recrée aussi bien des rues parisiennes couvertes d’affiches comme les intérieurs feutrés de collectionneurs fortunées qui surent voir, avant tout le monde, la valeur esthétique de ces estampes bon marché, tout a été pensé dans le parcours du van Gogh Museum pour plonger le visiteur dans un temps définitivement révolu.

Au rez-de-chaussée, nous visitons les débuts de la gravure comme art à part entière, et non plus comme seul moyen de reproduire en grande quantité des œuvres célèbres à destination du grand public. Les univers contrastés de Paul Gauguin et d’Odilon Redon frappent l’œil du visiteur, tandis que les croquis de Toulouse-Lautrec et d’Eugène Carrière apportent des touches aussi bien mystiques que légères.

Au premier étage, c’est le monde extérieur : les passants, les badauds qui regardent les affiches, les crieurs de rue qui annoncent les dernières nouvelles, les bancs de bois vert, les lampions des guinguettes et des cabarets. C’est là une exposition d’une richesse étonnante, au discours parfaitement mené et dont on ressort ravis.

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Tenté par cette exposition ? Pour organiser votre virée du côté d’Amsterdam, rendez-vous sur l’office de tourisme des Pays-Bas, Holland.com où vous trouverez toutes les informations nécessaires !

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