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Le 1er mars 1445 naissait Sandro Boticelli

Agathe Lautréamont 28 février 2017

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Le premier mars, naissait le grand peintre de la Renaissance italienne Sandro Botticelli. Mais attendez ! Quelle année ? Voilà une bonne question… Encore aujourd’hui, si le jour et le mois sont certains, les historiens hésitent encore entre l’année 1444 et 1445. Mais laissons ces questionnements de côté, pour nous concentrer sur le plus important : l’œuvre de ce génial artiste de la Première Renaissance italienne, également connue sous le nom de Quattrocento. Aujourd’hui, attardons-nous sur une œuvre très célèbre du maître : Pallas et le Centaure.

pallas 1

Sandro Botticelli, Pallas et le Centaure, vers 1482

Si aujourd’hui, Sandro Botticelli est passé à la postérité pour ses œuvres éminemment célèbres comme Le Printemps ou La Naissance de Vénus, le peintre qui nous occupe aujourd’hui (1445-1510) n’avait pas un pinceau libre pour autant et comme tout artiste, il répondait régulièrement à des commandes bien précises de riches mécènes, qui avaient en tête une œuvre précise et pas une autre.

Pallas et le Centaure, peinture réalisée en 1482 et émanant d’une commande de Laurent de Médicis, dit le Magnifique, est de de celles-là. L’œuvre fut en effet exécutée à l’occasion du mariage du cousin de l’homme d’État florentin, Lorenzo di Pierfrancesco. Cette tempera sur toile est cependant une des dernières réalisations profanes de Botticelli, puisque l’artiste se tourna ensuite, pour le reste de sa carrière, vers des sujets religieux faisant l’éloge de la foi chrétienne.

Pallas et le Centaure doit donc être appréciée comme cela : une œuvre encore inspirée d’un goût antique mêlant éléments de poésie galante et passages célèbres de la mythologique latine. L’ensemble représente une scène bucolique et martiale à la fois, où la douceur des teintes choisies contraste avec la force qui émane des personnages principaux.

Une œuvre morale

Probable self-portrait of Botticelli, in his Adoration of the Magi (1475)

Autoportrait supposé de Sandro Botticelli, détail de L’adoration des mages, vers 1475

Attardons-nous un instant sur les personnages principaux de cette peinture. Pallas, déesse latine correspondant à l’Athéna grecque, représente la morale, la sagesse, la tempérance dans l’adversité et les moments difficiles. Elle fait face à une créature qui semble son exact opposé : un centaure. Ces créatures mi-homme mi-cheval figurent la fougue de la nature, la violence, l’élan de vivre et la brutalité sexuelle. L’animalité qui se cache en chaque homme contre la mesure qui devrait gouverner aux passions : voilà une rencontre au sommet, mais qui sortira vainqueur de l’affrontement ?

Mais au-delà de la parabole mythologique, certains historiens de l’art ont préféré voir dans Pallas et le Centaure une mise en garde de Sandro Botticelli à l’attention du couple de jeunes mariés. L’épousée, calme et mesurée, serait Pallas tandis que le Centaure représenterait Pierfrancesco, qui était connu à Florence pour son caractère colérique, voire brutal. La déesse, qui est placée par le peintre au centre de la composition, attire naturellement le regard du spectateur, qui admire sa beauté, sa tenue complexe, son visage impassible.

Son bras tient une hallebarde, mais l’arme n’est pas menaçante, elle incarne la capacité de la divinité à discerner le vrai du faux. Elle se dresse au milieu d’un pré clos, dans lequel le Centaure est entré par effraction, semant le trouble et le désordre (le monstre s’appuie sur une ruine) dans l’espace jusqu’alors serein de la femme. Est-ce là un message à peine dissimulé adressé par le peintre à la jeune épouse ? « Prends garde, il te faudra composer avec un caractère difficile, mais avec l’aide de la fermeté et du calme, tu triompheras » semble murmurer Botticelli.

pallas 2

Sandro Botticelli, Le Printemps, entre 1478 et 1482

Passion et vertu

Pallas-Athéna est un personnage complexe de la mythologie grecque comme latine. Femme guerrière, elle mêle dans son apparence comme dans son caractère force et douceur, délicatesse et fermeté. Elle est le strict opposé du dieu Arès-Mars, qui se jette dans la foule de soldat tout casqué et prêt à en découdre et advienne que pourra. Son pendant féminin au contraire, est capable de passer de longues heures à réfléchir stratégie, plan et ruse avant de se précipiter dans la mêlée.

D’où le choix d’un visage parfaitement apaisé pour la composition, qui devient presque masque de cire sous la plume de Sandro Botticelli. La fille de Zeus, en repoussant le Centaure vers la gauche du tableau, le côté sombre et mauvais (en latin, gauche se dit sinistra), rejette le mauvais pour laisser place au bien et à la paix. Pallas domine donc clairement la composition du peintre du Quattrocento, tout en procurant à l’œuvre un dynamisme certain : notre œil de spectateur suit logiquement le geste de la déesse, qui nous entraîne de la droite vers la gauche.

Elle paraît presque donne un ordre au mauvais Centaure : « Sors de la composition ! Efface-toi pour que le désordre ne règne plus en ces lieux. » Une impression qui se trouve renforcée par la posture de la créature, traduisant son impuissance tandis que la déesse le tient fermement par les cheveux. Et voilà pour la domination masculine !

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