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En prenant un selfie, un visiteur détruit une citrouille de Yayoi Kusama à Washington

Jéremy Billault 28 février 2017

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Quelques jours seulement après son ouverture, l’exposition « Infinity rooms » de Yayoi Kusama à Washington a été la victime d’un incident insolite : alors qu’il prenait un selfie, un visiteur maladroit a glissé au beau milieu d’une installation, détruisant dans sa chute une pièce de verre unique évaluée à plusieurs centaines de milliers de dollars. 

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 All the Eternal Love I Have for the Pumpkins © Hirshhorn Museum

Clairement, on s’y attendait. Mais pas aussi vite. On vous annonçait l’été dernier, souvenez-vous, que l’éternelle Yayoi Kusama serait célébrée à travers l’Amérique du Nord via une exposition de ses « Infinity rooms » en 2017 et 2018. Alors que ce grand voyage artistique vient tout juste de débuter (le 23 février dernier au Hirshhorn Museum de Washington), un visiteur empoté a déjà causé des dégâts irréversibles sur l’une des installations de l’artiste japonaise.

Blockbuster

 

La plus récente des installations de Yayoi Kusama rassemble deux aspects emblématiques de ses précédents travaux : les chambres aux miroirs et les citrouilles mouchetées, habillées de pois. Cette installation est présentée pour la première fois dans l’exposition « Infinity Rooms » de Washington (qui voyagera dans quatre autres villes d’Amérique du Nord jusqu’à la fin 2018) aux côtés d’autres pièces du même genre qui ont appuyé la célébrité de l’artiste au fil des années. Stars des réseaux sociaux (notamment d’Instagram), les Infinity Rooms de Yayoi Kusama jouent sur la lumière et les miroirs pour provoquer une sensation unique, un état de grâce et d’émerveillement, une expérience a priori intime et très personnelle. Personnelle car il faut nécessairement être seul pour visiter la pièce (30 secondes de bonheur et de contemplation, généralement après plusieurs heures de file d’attente). A priori car depuis quelques années, le monde entier tient dans notre poche.

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Infinity Mirrored Room – The Souls of Millions of Light Years Away, 2013, Courtesy of David Zwirner, N.Y, © Yayoi Kusama

Ainsi Kusama est-elle devenue la meilleure amie de l’ère du temps : plus qu’une expérience sensorielle unique, son installation devient le décor rarissime et spectaculaire au cœur duquel il faut être vu. Adèle, émerveillée, y a tourné un clip, le visuel nous attire autant qu’un paysage de rêve, la rareté en plus. Trente secondes pas une de plus pour jeter un rapide coup d’œil à l’installation, choisir l’angle idéal, prendre la photo, réussir ladite photo, pendre une deuxième photo (au cas où), le tout dans une pièce obscure dont on a du mal à évaluer les limites (et pour cause). Ajoutez à cela des citrouilles de verre disposées sur le sol et des barrières transparentes (idée n’a pas tardé à faire ses preuves) et vous obtiendrez l’incident du jour.

Purée de citrouille

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Yayoi Kusama, All the Eternal Love I Have for the Pumpkins, 2016 © Getty Images

Si le musée a tenu a rester discret, les visiteurs choqués ont rapidement ébruité l’affaire sur les réseaux sociaux et dans la presse locale. Selon des témoins présents au moment des faits, une personne maladroite aurait perdu l’équilibre en tentant de prendre un selfie au cœur de la cadette des Infinity Rooms et aurait éclaté dans sa chute l’une des citrouilles jaunes tachetées de noir disposées sur le sol et dont l’un des exemplaire a récemment été vendu pour un peu moins de 800 000 dollars sur le marché. L’installation restera fermée temporairement mais devrait rouvrir d’ici peu. Quelques jours seulement après l’ouverture de l’exposition, l’incident ne présage rien de bon pour l’avenir de l’exposition : après Washington, Seattle, Los Angeles, Toronto et Cleveland accueilleront à leur tour l’ensemble des installations réunies exceptionnellement. Malgré les indications très précises, le public devra se tenir à carreau pour ne pas en casser.

L’avènement quasi-universel du selfie apporte avec lui la multiplication de ce genre d’incidents. Il y a encore quelques semaines, un touriste brésilien s’étalait de tout son long sur une statue d’un musée portugais visiblement plus proche de lui qu’elle en avait l’air, l’envoyant tout droit dans les mains des restaurateurs les plus habiles qui devraient miraculeusement pouvoir réparer les dégâts. A Washington, les instructions du musée étaient pourtant très strictes. Dans un communiqué, la porte-parole du musée annonce que des mesures supplémentaires seront appliquées dès la réouverture de l’installation : « Nous prenons soins de nos œuvres d’art et nous offrons une confiance absolue à nos visiteurs en leur fournissant des instructions précises à l’entrée de chaque salle. Quand celle-ci rouvrira, nous ajouterons du personnel au service des visiteurs et nous augmenteront la sécurité ». Espérons que cela serve de leçon aux futurs hôtes des installations de l’artiste…

 

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