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Couleurs et modernité : la peinture de Pissarro à Marmottan-Monet

Agathe Lautréamont 24 février 2017

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En cette fin de mois de février, le Musée Marmottan-Monet nous offre les beaux jours avec un peu d’avance. Camille Pissarro (1830-1903), grâce à ses représentations bucoliques de la campagne française, ses peintures sur le motif, ses expérimentations sur la lumière, est-il comme l’indique le sous-titre de l’événement, le « premier des Impressionnistes ? ». Essayons ensemble de répondre à cette question, en avançant parmi les compositions du maître du XIXe siècle, toutes en couleurs, en mouvement et en beauté sincère.

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Camille Pissarro, Louveciennes, 1871 © Collection particulière

Dans un format exceptionnellement grand pour son sujet, une huile sur toile figure une rue de terre battue à Louveciennes, ruelle nichée dans ce qui était à l’époque une modeste bourgade de la campagne d’Île-de-France. Le sol est humide, peut-être a-t-il plu quelques heures plus tôt ?

Toujours est-il que l’on peut presque sentir l’odeur de la terre mouillée tandis qu’au loin, presque caché dans un petit coin supérieur de la toile, la silhouette massive et blanche de l’aqueduc de Marly, voulu par Louis XIV, se dresse, éclatante. Le contraste entre le brun dominant de la petite rue calme, seulement troublée par le passage d’une promeneuse tenant par la main un enfant, et le bleu éclatant du ciel, provoque une séparation brillante dans ce tableau de 1871, intitulé simplement Louveciennes, où le peintre habita un temps.

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Camille Pissarro, Gelée blanche à Ennery, 1873 © Musée d’Orsay

Quelques pas plus loin, c’est une toile étonnante de couleurs mais aussi de mystères qui attend les visiteurs du parcours. Dans un subtil camaïeu de beige, de rose, de jaune et de brun, l’artiste a représenté un champ labouré, par un clair et frais matin d’hiver.

La clarté des teintes choisies pour le sol renvoie au léger givre qui s’est déposé à la surface de la terre remuée tandis que des touches épaisses, apposées point après point, recréent le volume, les trous, les bosses qui constellent le champ sur lequel rien ne pousse encore par cette saison trop froide. Mais un détail retient vite notre attention : quels sont ces longues stries noirs qui, partant du coin inférieur droit de la toile, zèbrent cette dernière de leurs silhouettes sombres et rectilignes ? Pourquoi ces longues, interminables balafres sur la terre froide de la campagne française ?

L’explication est bien simple : ce sont là les ombres portées d’une haie d’arbres qui se trouvaient derrière Pissarro. Le soleil rasant du petit matin allongeait leurs troncs noirs tels des bras tendus vers l’étendu du champ. Par cette originalité, l’artiste fut voué aux gémonies par la critique, qui ne comprit pas ce parti-pris esthétique. Pissarro, aux yeux des tenants du bon goût, avait péché par excès d’originalité. La beauté stupéfiante des teintes, les couleurs laiteuses du ciel matinal, la silhouette habilement esquissée d’un paysan marchant vers son fardeau.

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Camille Pissarro, L’anses des Pilotes, Le Havre, 1903 © MuMa Le Havre

Cette exposition consacrée à Camille Pissarro est donc un ravissement, de bout en bout. Le parcours, à la fois chronologique que thématique, suit en fait les errances du peintre à travers les diverses régions de France où il posa ses bagages. à chaque période de sa vie correspond donc une constante artistique, un thème qui va insuffler l’inspiration à son pinceau.

D’abord, ce seront les plaines bucoliques de Louveciennes et Osny. Puis succèdent à ces élans de couleurs douces des incursions dans le pointillisme, inspiré comme Camille Pissarro le fut par l’œuvre de Georges Seurat. Mais le divisionnisme, demandant bien trop de temps à passer sur une seule et unique œuvre, ne convenait pas à Pissarro qui à l’image d’un Monet, peignait selon l’inspiration du moment, selon la lueur qui éclaire pendant une heure, pas plus, un bras calme de la Seine.

Alors il retourna aux paysages, aux scènes de la nature, tout en y ajoutant des défis supplémentaires : les animaux de ferme et de basse-cour font progressivement leur apparition dans ses compositions, à l’instar de silhouettes gracieuses et féminines.

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Camille Pissarro, Avenue de l’opéra, effet de pluie, 1898 © Minneapolis Institute of Art

Et le parcours de se clore sur un cheminement plutôt surprenant pour celui qui est considéré comme un Impressionniste : là où les autres membres éminents de cette vague artistique quittèrent la ville enfumée et étriquée au profit de grands espaces verts de la campagne, Pissarro lui fit précisément l’inverse : il partit de la région parisienne pour ensuite s’établir dans les villes animées.

Rouen d’abord, puis enfin Paris, qu’il appréciait représenter sous un ciel chargé, derrière le rideau d’une fine pluie, ou sous le mystère d’une brume épaisse. On ne peut donc que vous conseiller chaleureusement cette visite, dont on sort la mine réjouie et le cœur bercé de superbes toiles…

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