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D’une chouette à l’autre, le pont entre les arts de la collection Ladreit de Lacharrière au Quai Branly

Jéremy Billault 22 février 2017

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Pour comprendre les enjeux multiples de l’exposition très intéressante du Quai Branly consacrée à la collection de Marc Ladreit de Lacharrière, exponaute analyse en détail ses différents mystères. Aujourd’hui, focus sur deux œuvres à la fois liées et très éloignées, merveilleusement présentées côte à côte dans l’exposition.  

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© Photographie Agathe Lautréamont

Éclectisme. Derrière ce concept souvent brandi mais rarement analysé se cachent plusieurs possibilités, notamment lorsqu’il concerne une exposition. Par un jeu de communication, il peut même devenir l’alibi d’une sélection sans trop de lien, concret ou scientifique : ne vous posez pas de question, c’est de l’éclectisme.  C’est donc avec un certain soulagement que nous avons pu découvrir que se cachait derrière l’éclectisme de Marc Ladreit de Lacharrière un véritable engagement, un parti pris esthétique, un amour de l’Art avec un grand A que le Musée du Quai Branly lui a permis de partager avec le grand public.

En philosophie, l’éclectisme (du grec eklegein : choisir) consiste à choisir parmi plusieurs philosophies les éléments qui paraissent intéressants pour constituer un système complet. Voilà comment le collectionneur appréhende-t-il les arts : sans hiérarchie, l’antique et le moderne, la peinture et la sculpture côte à côte. Et ça fonctionne. Pour comprendre concrètement le choix des œuvres, de la collection et de l’accrochage, prenons l’exemple de deux sculptures qui, une fois n’est pas coutume, sont intimement liées. Liée par leur motif : une chouette. L’une est vieille de plusieurs siècles, l’autre n’en compte pas encore un à son compteur. L’une est anonyme, l’autre est signée Pablo Picasso.

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La chouette de Picasso © Agathe Lautréamont, 2016

Difficile de dire si, comme Modigliani, Picasso s’est directement inspiré d’œuvres d’art premier pour créer ses propres œuvres.  Mais tout est dans le message. S’approcher de l’ancien pour créer du nouveau, retrouver l’impulsion originelle de l’artiste antique qui, malgré des siècles de techniques et de recherches, est encore aujourd’hui un artiste, son art étant toujours de l’art. Les deux chouettes installées côte à côte au Quai Branly sont l’incarnation matérielle de la théorie de l’exposition et de la collection, un clin d’œil, une clé. En observant les deux chouettes avec le même intérêt, en comparant leurs différences et leurs similitudes, le public est invité à reproduire sa réflexion avec un tableau de Hans Hartung et un masque africain qui n’ont apparemment rien de commun.

Voilà comment la collection de Marc Ladreit de Lacharrière nous prend la main, guide didactique sur le chemin de l’art moderne confronté à des arts premiers dont il s’inspire et qu’il admire. Les œuvres se rencontrent, se comprennent et se font comprendre les unes grâce aux autres car elles ont d’abord été comprises par le collectionneur. Des pièces uniques, un peu de théorie et de jolies découvertes, voilà une exposition que l’on peut taxer d’éclectisme sans avoir à rougir.

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