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Prison ferme et amende faramineuse dans l’affaire du cambriolage du Musée d’Art Moderne

Jéremy Billault 21 février 2017

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Ce lundi, trois hommes liés au cambriolage du MAM ont été condamnés à plusieurs années de prisons et une amende très importante. En 2010, un homme s’était introduit dans le musée et avait subtilisé cinq toiles de maître toujours introuvables aujourd’hui. Rappel des faits.

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Le Palais de Tokyo

Huit ans de prison pour « l’homme-araignée », sept ans pour l’antiquaire instigateur, six ans pour l’horloger receleur, le tout accompagné d’amendes personnelles et d’une condamnation à payer solidairement la modique somme de 104 millions d’euros à la ville de Paris. Voilà l’issue du procès des tableaux volés du MAM en 2010 : cinq chefs d’œuvres signés Picasso, Matisse, Modigliani, Braque et Léger estimés à environ 109 millions d’euros et qui, aujourd’hui encore, restent introuvables.

Histoire

Nous sommes dans la nuit du 20 mai 2010. Alors que le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris (MAM, XVIème arrondissement) a paisiblement fermé ses portes, un individu s’introduit sans encombre dans l’aile du Palais de Tokyo qui l’accueille. Cet individu, c’est Vjeran Tomic : un malandrin d’expérience, cambrioleur agile que le petit monde des bandits surnomme avec une originalité folle « l’homme-araignée ». Excès de zèle et amour du folklore plutôt que légende vivante. Car Tomic n’a pas vraiment eu besoin de mériter ce titre pour entrer par effraction dans le Musée d’Art Moderne : un montant de fenêtre et le cadenas d’un rideau de fer seront ses seuls obstacles. A l’intérieur, pas d’alarme, hors-service. Des cinq chefs-d’oeuvre visés, Tomic-l’araignée ne laissera sur place que les cadres vides. Les toiles, elles, sont toujours portées disparues.

Un an après LE casse de notre siècle, la Police Judiciaire parvient à mettre la main sur « l’homme-araignée », interpellé aux côtés de deux hommes mêlés à l’affaire. D’un côté, Jean-Michel Corvez, 61 ans, antiquaire, accusé d’avoir été un élément déterminant dans le cambriolage : instigateur, il aurait été mandaté par un commanditaire pour diriger et orienter Tomic dans son cambriolage et recevoir les toiles en échange de la somme de 40 000 euros. De l’autre, Yonathan Birn, 40 ans, horloger et receleur à ses heures perdues, l’homme qui aurait été le dernier à poser les yeux sur les cinq toiles de maîtres. Si l’on en croit ses paroles, évidemment.

Verdict

La jurisprudence Kerviel n’aura pas fonctionné. Pour la défense des trois hommes, le musée partage avec les accusés la responsabilité du préjudice à cause de l’absence d’alarme au moment des faits. Mais pour la justice, la comparaison n’est pas légitime : les accusés ont bénéficié, contrairement au musée et contrairement à Jérôme Kerviel dans son cas, du crime. Ce lundi, les trois hommes ont donc été condamnés à plusieurs années de prison, des dizaines de milliers d’euros d’amendes personnelles et 104 millions à payer solidairement à la ville de Paris, propriétaire du MAM et des tableaux. Tomic ( 8 ans de prison, 200 000 euros d’amende) n’a pas vraiment regretté son geste, avouant sa culpabilité non sans une certaine fierté et le sentiment du devoir accompli. Corvez, condamné à 7 ans de prison et 150 000 euros y laissera également sa demeure du Val d’Oise tandis que Yonathan Birn, sarcastique et en colère, s’en tire avec un an de moins.

Témoins clé dans la recherche des cinq tableaux, l’horloger persiste : s’il avait les toiles en sa possession, il les rendrait. Effrayé par la possibilité d’une interpellation et par la valeur des toiles, celui qui gagne sa vie en manipulant des mécanismes minutieux et fragiles (de montres) qui parfois valent des millions déclare avoir paniqué et jeté le butin à la poubelle. Le fait est que dans quelques années, à sa sortie de prison, les cinq chefs-d’oeuvre auront toujours une immense valeur et seront peut-être toujours là où il les a laissés. Mensonge, destruction véritable ou simple délai dans la transaction criminelle ? De cette question dépend l’avenir de véritable trésors d’un patrimoine culturel que partage toute l’humanité.

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