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Han Sungpil, délicate abstraction photographique

Agathe Lautréamont 17 février 2017

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Han Sungpil. Le nom de ce jeune artiste coréen ne vous dit peut-être encore rien mais croyez-nous, c’est le genre de créateur sur lequel il faudra garder un œil à l’avenir. Né à Séoul en 1972, le jeune artiste a déjà un CV admirablement rempli, affichant fièrement expositions, événements et solo show qui forcent le respect. Formé aux beaux-arts, il s’est très vite spécialisé dans la photographie, medium dans lequel il trouve un champ d’expression quasi-illimité. Ces œuvres, hésitant avec poésie entre la figuration et l’abstraction, valent le coup d’œil…

Illusionary Pagoda 2014

Illusionary Pagoda, 2014 © Han Sungpil

C’est à l’occasion d’une exposition à l’Abbaye royale de Saint Riquier que nous avons eu le plaisir de découvrir le travail du photographe coréen Han Sungpil. Ce jour-là, des tirages de grands formats venaient rehausser, par leurs mariages de couleurs froides océanes et de tons chauds de levers de soleil, les murs d’un blanc éclatant du centre culturel du Nord de la France.

L’exposition suivait comme fil rouge une célébration de la Baie de Somme, espace naturel fragile prisé par de nombreux artistes français pour ses étendues de sable gris à perte de vue et sa lumière douce, comme voilée, qui nimbe l’atmosphère d’une étrange délicatesse. Notre curiosité piquée, il aura fallu un simple tour sur son site internet personnel pour nous convaincre que nous avions affaire là à un créateur à suivre de près ; de très près.

ground cloud 2013

Ground Cloud, 2014 © Han Sungpil

Quelques thématiques récurrentes jalonnent le parcours artistique de Han Sungpil. Né en Corée du Sud, Sungpil est un voyageur effréné. Son travail de photographe l’a amené à visiter des contrées contrastées, bien loin des paysages de son pays natal ; un vagabondage correspondant à son caractère toujours en quête d’un ailleurs possible, d’une nouveauté qui viendrait innerver son travail artistique.

Alors il explore, il essaie, il cherche, toujours, longtemps, frénétiquement. S’il utilise majoritairement un boîtier numérique pour réaliser ses clichés, il leur applique souvent un traitement colorimétrique en post-production. Voilà qui rappellera aux plus nostalgiques le Kodachrome ou les pellicules qu’on aurait un peu trop longtemps oubliées dans un vieux boîtier argentique et dont les teintes auraient virée malgré l’obscurité totale.

kifésa

My sea, 2013 © Han Sungpil

Parcourez seulement ses différents projets photographiques, à chaque fois vous y retrouverez une atmosphère sensiblement différente. Certains diront que le créateur se cherche encore, nous préférons penser qu’il cherche, en effet, mais pour mieux nous surprendre à chaque nouvelle réalisation.

Prenons par exemple le projet « My Sea ». À l’aide d’un trépied et de filtres dégradés neutres, le photographe a réalisé des poses longues diurnes face à de vastes étendues marines. Grâce au long temps d’exposition, le ciel et la mer se sont retrouvés repensés, repeints comme dans une aquarelle. Le vent la houle, les vagues ont été lissées pour ne laisser au spectateur qu’un ensemble cotonneux, brumeux, avec flottant au-dessus de l’onde des nuages presque imperceptibles d’embruns et de gouttelettes d’eau.

Tandem Squence 2014

Tandem Squence, 2014 © Han Sungpil

L’ensemble invite bien sûr au rêve, à l’évasion, puisque les figures humaines sont quasiment toujours absentes de ses clichés de paysage. Ce qui intéresse Sungpil, c’est le dépouillement à l’extrême, accompagné d’un questionnement très actuel au sujet du réchauffement climatique et de la protection de l’environnement.

Que peut-on faire ? Que doit-on faire ? Quel est notre pouvoir pour éviter l’inévitable ? Ces questions n’ont pas de réponse, mais elles fascinent le photographe coréen. Ses photographies, ses projections, ses installations, sont parcourues d’interrogations. Par là-même, Sungpil explore très régulièrement les thématiques de la vérité, du mensonge, de la représentation. Que peut-on considérer comme véritable, à une époque où notre monde quotidien est imprégné d’images truquées, de représentations faussées et d’idéal inatteignable vanté ? Poser des questions tout en n’oubliant, jamais, la beauté : voilà la force du travail du photographe.

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