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Disparition de Jannis Kounellis, chef de file du mouvement de l’Arte Povera

Laura Bourdon 17 février 2017

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Il était l’un des chefs de file du mouvement de l’Arte Povera. Jannis Kounellis, artiste gréco-italien au langage plastique radical, disparaît le 16 février 2017 à Rome à l’âge de 80 ans. 

600px_web-2Portrait de Jannis Kounellis

Né en Grèce dans la ville portuaire du Pirée en 1936, Jannis Kounellis largue les amarres pour la ville de Rome à l’âge de vingt ans pour y étudier les Beaux-Arts. Très vite il peint ses premières œuvres, des tableaux couverts de symboles : de grandes lettres noires, des chiffres ou des flèches, employant un langage et des formes simples et connues de tous.

Dès ses premières œuvres, Kounellis cherche à dépasser les valeurs traditionnelles de la représentation. Il délaisse rapidement la toile et la remplace par de larges plaques d’acier tandis que les pigments sont remplacés par des objets, prémisses du mouvement de l’Arte Povera dont il deviendra l’un des plus fervents représentants.

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Vue de l’exposition de Jannis Kounellis à la Monnaie de Paris, mars 2016 © Monnaie de Paris

C’est en 1967 lors d’une exposition collective présentée à Gênes que le critique d’art Germano Celant utilise le terme d’Arte Povera pour la première fois, en référence aux formes et matériaux dits « pauvres » que présentent les artistes réunis. L’exposition rassemble une douzaine d’artistes tels que Michelangelo Pistoletto, Jannis Kounellis et Giuseppe Penone.

Chez ces artistes, la tôle, la laine, le bois, l’usage de matériaux humbles ou d’éléments naturels est privilégié et intervient comme une revendication face au côté ostentatoire et clinquant de l’art contemporain. Etre un artiste de l’Arte Povera, c’est défier l’industrie culturelle et plus largement la société de consommation ; un art nomade et insaisissable, participant pleinement de l’utopie contestataire de la fin des années 60 en réponse à la suprématie du marché de l’art américain.

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Vue de l’exposition de Jannis Kounellis à la Monnaie de Paris, mars 2016 © Manolis Baboussis, Monnaie de Paris

Privilégiant le geste créateur à l’objet fini, il n’est pas question pour Jannis Kounellis de bronze ou de marbre, mais de charbon en tas, de sacs de cafés, de vieux morceaux de bois, de grains, de pierres brutes et de bombonnes de gaz projetant du feu. L’une de ses principales volonté est de donner un sens et rendre leurs lettres de noblesses aux objets qui nous entourent et qui sont chargés d’histoire.

En mettant en scène ces objets, Kounellis cherche à faire ressurgir leur aspect historique, symbolique et idéologique. De ses œuvres se dégage une force organique sans précédent ; avec comme thèmes récurrents le passage du temps et les grands mystères de l’existence. Un côté presque dramaturgique, dont l’interprétation se veut libre, Kounellis ne titrant quasiment jamais ses travaux.

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Vue de l’exposition à Rome en 1969

Pour Jannis Kounellis, l’espace d’exposition revêt une importance majeure. Il pense ses installations en fonction du lieu occupé, s’attachant à faire éclater les frontières entre l’espace d’exposition, l’art et le spectateur qui en devient le protagoniste. Pour lui chacun des éléments disposés concourt à créer une sorte tension quasi-tragique ; comme ce fut le cas en 1969 alors que l’artiste transformait la galerie de l’Attico à Rome en une véritable écurie, occupée par douze chevaux vivants.

En mars dernier, Kounellis investissait les mille m² des salons XVIIIe de la Monnaie de Paris pour une exposition intitulée « Brut(e) » orientée autour du feu et du métal. Les morceaux de charbon rassemblés sur un lit en fer, traces de suie et couvertures militaires tranchaient radicalement avec les décors raffinés de l’institution, « démontrant la capacité de l’artiste à transcender les limites de la peinture et de la sculpture, pour sortir du cadre » selon les propos de Chiara Parisi, commissaire de l’exposition.

Malgré l’usage de matériaux bruts et l’absence de recherche d’une quelconque beauté de l’objet fini, Kounellis a su créer un langage visuel unique, à la fois simple, radical et fort, d’une poésie intense ; loin des préoccupations matérielles et des lois de l’argent.

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Portrait de Jannis Kounellis

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